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Shim Sung-Bo, réalisateur de "Haemoo" : "La tendance réaliste dans le cinéma coréen séduit à l'étranger"

Shim Sung-Bo, réalisateur de "Haemoo" : "La tendance réaliste dans le cinéma coréen séduit à l'étranger"
30 oct. 2014 à 08:383 min
Par ved

Après avoir signé le scénario de "Memories of a Murder", réalisé par Bong John-hoo, Grand prix, Prix spécial police, Prix Première et Pris médiathèques au Festival du film policier de Cognac en 2004, Shim Sung-Bo passe derrière la caméra. "Haemoo" est sa première réalisation, dont il cosigne le scénario avec John hoo-Bong ("Le Transperceneige"). Inspiré d'une histoire vraie, il suit un équipage de pêcheurs qui va voir sa traversée tourner au drame après avoir accepté de transporter des immigrés chinois souhaitant rentrer vers la Corée.

Kim Yoon-Seok est un acteur très connu en Corée du Sud et a notamment joué dans les films sombres "The Chaser" et "The Murderer".

Pourquoi avoir accepté l'invitation du FFCP ?

Shim Sung-Bo : Paris est un peu comme ma deuxième ville. J'y ai vécu plusieurs mois quand je faisais mes études de cinéma. Je passais énormément de temps dans les salles du quartier Saint-Michel et d'Odéon. Je souhaite rencontrer le public français car j'ai été surpris de découvrir que le cinéma coréen y rencontrait un véritable écho.

Kim Yoon-Seok : Je connais un peu la France pour l'avoir traversée quand j'étais étudiant grâce à un concours de théâtre que j'avais gagné en Corée. Ça m'avait permis de découvrir plusieurs villes, dont Avignon et son festival. J'étais également très curieux de revenir en France car "The Chaser" et "The Murderer", qui avaient été présentés à Cannes en 2008 et en 2011, y avaient reçu un accueil chaleureux.

Comme vous l'indiquez, le cinéma coréen suscite depuis les années 2000 un véritable intérêt international avec la reconnaissance de réalisateurs tels que Park Chan-Hook (Grand prix du festival de Cannes pour "Old Boy" en 2004) ou Kim Ki-Duk (Lion d'argent pour le meilleur réalisateur à la Mostra de Venise en 2004 pour "Locataires", entre autres récompenses). Comment l'expliquez-vous ?

S.S.-B. : Il y a une vraie tendance réaliste dans le cinéma coréen qui séduit au-delà de nos frontières. C'est d'ailleurs une question qui revient énormément dans l'industrie du cinéma. Que ce soit au moment d'aller voir les investisseurs pour financer un film ou de consulter son équipe pendant un tournage, on nous demande à chaque fois : "Est-ce que c'est réaliste ?".

Le cinéma coréen est aussi célèbre pour ses films noirs et sombres...

S.S.-B. : Oui, cette noirceur et ce réalisme qui vont de pair reflètent la société actuelle et c'est une des raisons pour lesquelles nos films intéressent de plus en plus de monde à l'étranger. Un thriller ou un film noir subira moins les barrières de la langue et de la culture qu'un autre genre.

K.Y.-S : C'est beaucoup plus compliqué pour une comédie, par exemple, qui dépend de codes propres à un pays, voire une région...

Est-ce pour ces raisons que vous avez choisi de réaliser "Haemoo", un film inspiré d'un fait divers ?

S.S.-B. : J'ai choisi ce sujet non pas pour sa noirceur mais parce que je souhaitais retranscrire les émotions qui traversent les protagonistes dans cette histoire. Il s'agit d'un fait divers mais il n'est pas traité sous l'angle de l'enquête policière : il s'agit de montrer des gens normaux qui "subissent" un fait divers et d'observer leurs réactions face à la mort. En Espagne, j'avais rencontré des gens qui ont vu le film et qui m'ont dit que le drame qui avait eu lieu sur ce bateau leur parlait car le trafic de clandestins était universel.

K.Y.-S. : Pour ma part, je ne choisis pas mes films en fonction du genre mais en fonction du scénario. J'aime les histoires avec des relations fortes entre les humains et il s'avère que ce film s'y prête beaucoup. Les relations humaines et sociales peuvent également être abordées dans d'autres genres tels que la comédie mais c'est plus difficile à exporter à l'étranger... Mais attention, l'export d'un film n'est pas le but principal ! Pour moi, l'objectif premier est de parler au public, avec qui je suis en contact direct, le public coréen. Mais si un film me permet de m'adresser à d'autres personnes, c'est encore mieux.

On a pu voir des réalisateurs tels que Park Chan-Wook ou Bong Joon-ho percer à l'étranger avec les films "Stoker" (2013) et "Le Transperceneige" ("Snowpiercer", 2013). Est-ce qu'un carrière internationale est un objectif pour vous ?

S.S.-B. : Je pense que travailler pour l'international est le rêve de tous les réalisateurs. Pour ma part, ce rêve se situe particulièrement du côté du cinéma français. Mais je ne me vois pas encore travailler sur des projets internationaux, je voudrais attendre de réaliser encore quelques films pour acquérir assez d'expérience.

K.Y.-S. : C'est en effet intéressant pour les réalisateurs mais en tant qu'acteur, la barrière de la langue est un vrai problème. Très peu d'acteurs coréens ont percé à l'étranger, à l'exception peut-être de Lee Byung-hun ("G.I. Joe"), mais ils restent souvent cantonnés à des films d'action et ce n'est pas mon objectif. Et vu mon âge, je pense pouvoir dire que je ferais le restant de ma carrière en Corée (rires).

 

AFP Relax News

 

 

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