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Sexualité chez les + de 50 ans : il n'y a pas d'âge pour les MST !

Sexualité chez les + de 50 ans : il n'y a pas d'âge pour les MST !
03 déc. 2021 à 13:514 min
Par Nicolas Evrard et Sophie Businaro

Il n'y a pas que les jeunes qui souffrent de maladies sexuellement transmissibles. Chez les plus de 50 ans, on retrouve aussi parfois des cas d’herpès, chlamydia, voire de syphilis ou de VIH. Éléments d'information avec Nicolas Evrard, journaliste pour "Plus Magazine" et chroniqueurs "seniors" dans "La Grande Forme".

Les MST - Maladies sexuellement transmissibles - ne touchent pas que les jeunes adultes. Les personnes âgées peuvent aussi en être atteintes explique Nicolas Evrard, journaliste pour "Plus Magazine" : "Alors j’imagine que quand je vous ai proposé ce sujet, vous avez dû faire des yeux ronds. Quand on parle de gens qui ont soixante, septante ans, voire davantage, c’est rarement pour parler des conséquences malheureuses d’une partie de jambes en l’air. Quelque part, je ne peux vous jeter la pierre, car aujourd’hui les campagnes de sensibilisation sur les MST ciblent presque uniquement les jeunes adultes. A juste titre, car il s’agit de la principale population à risque. Néanmoins, il serait faux de croire que tous les virus, toutes les bactéries sexuellement transmissibles ne touchent pas un public plus âgé."

Passé 50 ans, quand on papillonne - parce que oui, il n’y a pas d’âge pour papillonner -, il y a souvent un faux sentiment de sécurité. On croit qu’il n’y a pas de réelle prise de risque en cas de rapport non protégé.

Ce n’est évidemment pas le cas, des infectiologues m’ont confirmé avoir régulièrement des seniors en consultation, pour des maladies sexuellement transmissibles. À titre d’exemple, par an et en Belgique, on en est à plus ou moins 600 nouveaux cas de chlamydia, de gonorrhée ou de syphilis chez les plus de 50 ans. Mais ce danger, il passe complètement sous les radars…

Getty images

Un sujet méconnu

Souvent, à ces âges, ceux qui ont un comportement à risque sont un peu noyés dans la masse. On a quand même une majorité de gens qui vivent en couple, et donc n’ont qu’un seul partenaire, et dans une moindre mesure ceux qui ne sont plus sexuellement actifs. Qui sont moins nombreux qu’on ne le croit.

Mais ce serait un peu oublier qu’il y a aussi pas mal de monde qui se retrouve célibataire, et comme on dit, sur le marché. Ces personnes vont faire des rencontres et ne pas toujours tomber sur la bonne du premier coup. Il y a aussi ceux qui ont des aventures extra-conjugales ou qui cherchent des relations sans lendemain. Problème : parmi eux, on dénombre un certain nombre de réfractaires au préservatif, qui reste la barrière n°1 contre la majorité des MST.

"Pour être tout à fait honnête avec vous, j’ignorais cette réalité, ce sont des lectrices du magazine où je travaille qui nous ont alerté sur ce problème. Célibataires, elles dialoguent avec des hommes de leur âge via petites annonces ou applications. Et assez souvent, ces hommes expliquent tout de go qu’il n’est pas envisageable pour eux d’utiliser une protection.  On a donc essayé d’en savoir plus : pourquoi la capote n’a pas la cote chez les plus de 50 ans…" explique notre chroniqueur.

Les raisons

Tout d’abord, il y a des facteurs biologiques. Le préservatif, aujourd’hui, il est surtout vu comme un moyen contraceptif. Passé un certain âge, le risque d’avoir un enfant, c’est évidemment plus un problème, puisque la ménopause passe par là.

L’âge avançant, il y a aussi davantage de ce qu’on appelle de façon politiquement correcte des fluctuations érectiles, et le préservatif peut s’avérer stressant, angoissant, diminuer les sensations et donc être source de panne pour ces messieurs.

Sexualité chez les seniors : il n'y a pas d'âge pour les MST !

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Le facteur générationnel joue également un rôle

Il y a aussi un facteur générationnel souligne Nicolas Evrard : "On l’a déjà dit, les campagnes de sensibilisation actuelles visent les jeunes adultes, avec des codes et un langage adapté à cette génération. Les 50+ ne se sentent donc pas concerné, la campagne de sensibilisation passe au-dessus de leur tête."

Il ne faut pas oublier non plus que ceux qui ont soixante ans aujourd’hui ont généralement débuté leur vie sexuelle avant les années 80, à une époque où la sexualité était beaucoup plus insouciante. Je rappelle quand même que les septuagénaires d’aujourd’hui – donc ceux qui ont plus de septante ans et en moyenne il y en a un sur trois est encore sexuellement actif -  c’est grosso modo la génération de mai 68. Tous ces gens ont une vision beaucoup plus " spontanée " de la sexualité. C’est quelque part l’émergence du  VIH dans les années 80 qui amené un vent de peur et une conscientisation des dangers d’une relation non protégée.

Conclusion : il n'y a pas d'âge pour les MST

Il n’y a pas d’âge pour les MST. Quel que soit son âge, il faut donc songer à se protéger en cas de relation éphémère ou lorsqu’on débute une nouvelle relation. Il ne faut pas hésiter non plus à se faire dépister si on a un doute.

"Je rappelle par ailleurs qu’on est tout à fait en droit de refuser une relation si l’autre ne veut pas de protection. Et qu’une panne, c’est pas si grave, ça peut arriver à tout le monde. Au pire, si ça présente un peu trop souvent il y a des médicaments et des traitements" conclut notre chroniqueur.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast telles que : Pocket Casts, Podcast addict, Google Podcast ou encore Apple Podcast.

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