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Sexisme à l’UCLouvain : Jean-Pascal van Ypersele appelle à "remplacer ou muter une série de personnes qui ne sont pas à leur place"

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13 oct. 2022 à 15:25 - mise à jour 14 oct. 2022 à 08:20Temps de lecture3 min
Par Ambroise Carton avec Gregory Fobe

Une centaine d’étudiantes et d’étudiants ont manifesté ce jeudi midi à Louvain-la-Neuve pour soutenir les victimes de violences sexistes et sexuelles à l’UCLouvain. Une action qui intervient après le jugement du tribunal du travail qui donne raison à une professeure de biologie victime de violences psychiques sur son lieu de travail.

Suite à sa condamnation, l’université a fait appel ce qui a fait bondir les manifestants. Ils et elles demandent des mesures concrètes pour mettre fin aux situations de harcèlements.

L'AGL, le mouvement étudiant du PTB Comac, Balance ton folklore et les Jeunes socialistes appelaient donc à un rassemblement des étudiants, du corps académique et du personnel de l'UCLouvain, ainsi que de la population de Louvain-la-Neuve devant les Halles universitaires, de 13h à 14h.

Justine Havelange la présidente de l’Assemblée générale des étudiants (AGL), a plaidé pour la mise en place d'"un organe indépendant qui gère les plaintes. Pour le moment c’est renvoyé au vice-recteur aux Affaires étudiantes qui doit donner une décision seul. Il n’y a aucun espace consultatif pour rendre cet avis. Souvent la réponse qu’on nous donne c’est : 'Il faut aller voir la police, il faut aller en justice directement'."

Et d'ajouter : "Il y a aussi la volonté d’avoir quelque chose en amont. De la prévention, de la sensibilisation, de la formation qui seraient obligatoires pour toute la communauté universitaire."

Un appel en justice "insolent" et la nécessité de remplacer ceux "qui ne sont pas à leur place"

Présent sur place, le professeur à l’UCLouvain Jean-Pascal Van Ypersele, qui dénonce des abus depuis plusieurs mois, s’est lui aussi exprimé. Après avoir cité quelques témoignages de victimes dont le dossier n’a pas encore été traité par la justice, il s’est adressé directement aux autorités académiques.

"Les autorités de l’UCLouvain, à commencer par le Recteur et chaque membre du Conseil rectoral, devraient comprendre que faire appel contre la décision du Président du Tribunal du travail de Wavre serait un acte insolent, qui nuira encore plus à la réputation de l’université que les situations condamnées par le Tribunal", a-t-il déclaré.

Selon Jean-Pascal Van Ypersele, "c’est seulement en reconnaissant clairement les erreurs du passé, en faisant table rase des procédures inadéquates, en établissant un plan ambitieux de transition vers une université à l’avant-garde du respect de tous les membres de sa communauté, que l’université progressera".

Le professeur estime que, pour y parvenir, il faudra "remplacer ou muter une série de personnes qui ne sont pas à leur place au Conseil rectoral ou dans l’administration, et nommer des personnes compétentes et dotées de l’empathie nécessaire".

Une manifestation s’est tenue ce jeudi 13 octobre sur la Place de l’Université de Louvain-la-Neuve. Elle a réuni une soixantaine de personnes à l’initiative de plusieurs collectifs étudiants. Celles-ci entendaient mettre en lumière la problématique des violences de genre, et en particulier protester contre l’annonce de la décision de l’université d’aller en appel d’une ordonnance rendue par le tribunal du travail de Nivelles. L’ordonnance du tribunal concerne un conflit complexe entre membres du personnel au sein d’un institut de recherche de l’université.

L'UCLouvain réagit

L'université a réagi dans la soirée de jeudi. "Le jugement rendu clarifie un certain nombre de responsabilités des parties. Il ne retient toutefois pas les qualifications de harcèlement ou de sexisme. L’université mettra en œuvre les mesures prévues par la décision de justice. L’université a annoncé sa volonté d’introduire un appel parce que plusieurs éléments de l’ordonnance paraissent fondés sur des constats qu’elle estime factuellement erronés", peut-on lire dans un communiqué.

Par ailleurs, l’université affirme qu'elle "encourage les victimes et les témoins de faits de harcèlement à porter ces faits devant les organes compétents et les dispositifs existants, qu’ils soient internes ou externes à l’université". Et de rappeler "l’existence de la cellule Together, spécialisée dans la prise en charge des situations liées aux violences de genre. [...] L’université met en œuvre des formations de sensibilisation à destination des membres du personnel comme des étudiantes et étudiants".

Sur le même sujet : JT du 08/10/2022

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