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Economie

Ses actionnaires autorisent Dexia à mener à bien son démantèlement

Les actionnaires de Dexia votent sur l'augmentation de capital
21 déc. 2012 à 10:56 - mise à jour 21 déc. 2012 à 14:152 min
Par Belga News

Au terme d'une assemblée générale plus morose que tendue, les actionnaires se sont prononcés à 99,40% en faveur de la recapitalisation, qui sera réservée aux Etats belge et français.

Cet apport d'argent frais avait été rendu nécessaire par les pertes importantes engendrées par les cessions d'actifs réalisées au cours de l'année par Dexia, qui ont largement entamé ses fonds propres.

Pour les actionnaires existants, notamment les petits porteurs, l'opération induit que la valeur de leurs titres sera réduite quasiment à néant, sans perspective réaliste de percevoir de nouveau un dividende.

La banque prévoit bien un retour à l'équilibre à l'horizon 2018, mais les bénéfices éventuellement dégagés après cette date devraient être intégralement versés aux Etats.

"Il faut choisir entre la guillotine ou la chaise électrique", a commenté un actionnaire, dépité.

Lors de son allocution liminaire, le président Robert de Metz a défendu le principe d'une poursuite d'activité de la banque, qui demeure, selon lui, un établissement systémique, c'est à dire susceptible de déstabiliser le système financier tout entier en cas de disparition brutale.

"Si Dexia devait être liquidé (...), le marché européen serait profondément perturbé", a fait valoir la banque dans une réponse à une question écrite d'un actionnaire.

Interrogé par un actionnaire quant au coût éventuel d'une liquidation immédiate, la banque a indiqué que l'exercice était "difficile", mais l'a chiffré à "plusieurs dizaines de milliards d'euros".

"Il suffit de penser à Lehman Brothers et à tout ce que ceci (le dépôt de bilan de la banque américaine) a engendré" a expliqué l'administrateur délégué, Karel De Boeck, à une salle qui comptait à peine une centaine de personnes.

Il a rappelé que l'encours actuel des dettes émises sur le marché par Dexia avec la garantie des Etats atteignait 73 milliards d'euros, montant que devraient honorer ces Etats en cas de liquidation immédiate, avec de lourdes conséquences budgétaires.

Outre l'augmentation de capital validée par les actionnaires, l'autre obstacle majeur à un démantèlement étalé dans le temps avait été levé jeudi.

Le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, a, en effet, annoncé qu'il proposerait, le 28 décembre, à la Commission d'approuver définitivement le plan de garanties publiques bénéficiant à l'établissement.

Dexia a déjà engagé la cession de la totalité des actifs qui pouvaient être vendus et n'assurera donc plus désormais quasiment que la gestion de portefeuilles d'actifs et de prêts, sans activité opérationnelle significative.

La Commission lui a seulement autorisé deux fenêtres, en 2013 et 2014, pour faire des prêts à des collectivités pour leur permettre de sortir de crédits dits "toxiques" (avec des formules déterminant le taux d'intérêt), précédemment accordés par Dexia.

Même si la banque ne présente désormais plus de risque majeur pour les Etats ou le système financier, elle est condamnée à survivre encore plusieurs décennies, le temps de laisser les engagements les plus longs arriver à échéance.

Seize ans après sa naissance, l'établissement dont ses créateurs voulaient faire la première vraie banque européenne n'est plus qu'une société de portefeuille.


AFP

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