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La Touche belge

Serge Schoonbroodt, l'artiste HipOrgue

Serge Schoonbroodt, l'artiste HipOrgue
06 févr. 2019 à 13:19 - mise à jour 06 févr. 2019 à 13:192 min
Par Brigitte Mahaux

Serge Schoonbroodt est un organiste et chanteur belge. Dans le cadre du festival Bach Heritage qui se déroule à Bozar, il proposera un concert musical et dansé intitulé "HipHop meets Bach". Brigitte Mahaux l'a rencontré pour vous et nous parle de cette personnalité atypique mais ô combien passionnante. 

Serge Schoonbroodt, un organiste en crise d'église et d'orgue

J'aime la grandiloquence et la tendresse de l'orgue. 

C'est ainsi que Serge Schoonbroodt parle de cet instrument qui fait partie de sa vie depuis des années, mais qui, au départ, lui a été imposé par son père. Fils de Hubert Schoonbroodt, hautboïste et organiste de renom, professeur aux conservatoires de Liège et Bruxelles, Serge Schoonbroodt a été fortement poussé par ce dernier sur la voie de l'orgue et du chant.

Et face à une telle autorité, pour tracer sa propre voie, Serge Schoonbroodt part à Paris et entre à la Maîtrise des Chœurs de Notre-Dame. Ensuite, retour à Bruxelles pour enregistrer le premier de ses 20 albums. 

Une histoire digne d'un roman

Un jour, il oublie son premier disque dans un sex shop. Un événement anodin qui va pourtant changer le court des choses, puisque ce disque dans ce sex shop est retrouvé par LE journaliste musical du Monde, Renaud Machart, qui le classe parmi les meilleurs disques de l’année. C'est alors que Jacques Merlet, LE "repéreur" de France Musique le prend sous son aile, de quoi rencontrer tout ce qui compte de gens intéressants dans la vie musicale française.

Tout se passe bien pour Serge Schoonbroodt, jusqu'au jour où, victime d'un escroc, il perd tout et retourne en Belgique. 

Il part ensuite au Pérou, à Arequipa. Il aime tellement l’endroit qu’il y fonde un festival musical international, qui rencontre très rapidement un vif succès. Durant trois ans, ce festival vit sans encombre sous l'impulsion de l’organiste belge, jusqu'à ce qu'il se voit forcé d’arrêter la direction, suite à des actes d’homophobie exprimés à son égard. L’Eglise d’Aqueripa l’a rejeté pour ses choix personnels :  un moment pour Serge Schoonbroodt d’une rare violence. 

De retour en Belgique, sa volonté de désenclaver l’orgue n’en sera que plus grande : il est boulimique de projets pour décloisonner l’orgue, le sortir des églises, le forcer à rencontrer d’autres disciplines.  Il a commencé avec l’orgue raconté aux enfants et pour cela, il s'en associé à Bruno Coppens. L’humoriste était sceptique, il croyait que ça n’amuserait pas du tout les plus jeunes et en fait, pas du tout, ils ont adoré : on en joue avec les pieds, les mains, il y a plein de boutons.

Le projet Hiporgue

Au départ d’une vidéo, vue sur Youtube, de Yo-Yo Ma au violoncelle dans le lac des cygnes de Tchaïkovski et un danseur Hip Hop, l’idée germe et Serge Schoonbroodt contacte les gens de la scène hip hop à Liège. 

Sur des musiques de Bach, Buxtehude, Vierne, Mozart et Pärt, ils seront 25 danseurs à la 1ère représentation en 2013, à l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, puis il adaptera le spectacle avec 4 danseurs, pour qu’il soit jouable n’importe où, tant qu’il y a l’orgue. En tournée, le spectacle rencontre un très grand succès.

HipOrgue

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Les maîtres-mots de Serge Schoonbroodt : décloisonner, casser les codes, aller au-delà des apparences

Et, à sa façon, Serge Schoonbroodt rejoint l'objectif du festival Bach Héritage qui commence ce mercredi soir à BOZAR : nous faire porter un regard nouveau sur l’œuvre de Bach, en la faisant dialoguer avec différentes formes d’art actuel. Serge Schoonbroodt a choisi Passacaille, Choral et Toccata, qu'il jouera à l’orgue entouré de 4 danseurs de Hip hop. Leur apport dansé sera plus dans la progression et une très grande écoute de l’orgue que dans une chorégraphie prédéfinie  

Ce sera ce samedi 9 à 21h00, à Bozar, dans la salle Henry Leboeuf

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