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Séquence Spéciale : Hugh Coltman

Séquence Spéciale : Hugh Coltman
24 mai 2018 à 07:51 - mise à jour 24 mai 2018 à 07:513 min
Par Patrick Bivort

L’espace lounge de Classic 21 recevra ce samedi 26 mai le chanteur anglais Hugh Coltman, à l’occasion de la sortie de son dernier album " Who’s Happy ? "

Des drums qui dansent comme lors d’un enterrement de la Nouvelle-Orléans, des cuivres gorgés de soul, des guitares mêlant tous les blues et tous les folk… Hugh Coltman s’est offert un bel écrin pour onze chansons dans lesquelles il fait entendre sa voix chaleureuse. Toujours indulgent pour l’amoureux du soir, le paumé de l’aube ou le mélancolique du plein soleil… " Who’s Happy ? " demande son nouvel album. Personne et chacun, semble-t-il répondre…

Hugh Coltman a toujours été parfaitement lui-même sans jamais être là où l’on l’attend. Britannique vivant en France, ancien leader du groupe blues-rock The Hoax avant de se muer en songwriter folk-pop puis en quadragénaire explorateur du plus beau patrimoine du jazz. Avec ce nouveau projet, il nous présente une nouvelle facette de l’aventure d’un artiste qui a décidé de s’affranchir des frontières, des formats et des habitudes.

Au commencement, il y avait eu en 2012 un remplacement au pied levé de la chanteuse Krystle Warren pour un concert du pianiste belge Éric Legnini. Hugh Coltman découvre " la désinvolture des musiciens de jazz, qui sont plus rock que beaucoup de musiciens de rock’n’roll, qui ne jouent jamais le jeudi une chanson comme ils l’ont jouée le mardi, qui maîtrisent tellement leur sujet qu’ils peuvent tout se permettre. "

Le remplacement devient une aventure au long cours et un hommage à Nat King Cole – un album, cent vingt concerts. Hugh Coltman s’attend à " être lapidé par la presse, dans le genre " pour qui se prend-il, de faire un disque de jazz ? " Or " Shadows, Songs of Nat King Cole " est un succès éclatant et lui apporte la Victoire du jazz 2017 de la voix de l’année. Il serait logique qu’il embraye sur un autre album de reprises, et d’autant plus qu’il a entretemps retrouvé son groupe originel, The Hoax, et a enregistré avec lui " Recession Blues, A Tribute to BB King ".

Le déclic vient de la série Treme qui se déroule à La Nouvelle Orléans et de ses trésors musicaux. Hugh se remémore des plaisirs d’enfance autour de Kid Ory, Sidney Bechet, Fats Domino, puis Dr John ou les Meters qu’il a aimés sans savoir qu’eux aussi plongeaient leurs racines dans la Nouvelle-Orléans et des cuivres flamboyants. Il réécoute passionnément les grands maîtres fondamentaux, plonge dans CW Stoneking, bluesman revivaliste australien, ou Charles Sheffields, chanteur de rhythm'n'blues typiquement louisianais des années 60.

Il ira donc là où il veut, dans une Nouvelle-Orléans sur laquelle souffle l’esprit des Cubanos Postizos de Marc Ribot, le jeu de piano de Rubén González sur le titre Buena Vista Social Club ou les climats de Swordfishtrombones de Tom Waits – des sentiments forts, des gestes francs, des saveurs musquées, des réalités drues habillées des félicités heureuses de la musique…

Il veut beaucoup de musiciens, il veut retrouver les évidences apprises jadis chez Kid Ory, Muddy Waters ou Howlin’ Wolf – l’instinct, les cuivres qui déboulent en procession, l’impression par l’auditeur d’être dans la pièce et de voir tous les instruments… Il veut aussi, à la batterie, Raphaël Chassin, fidèle complice qui a aussi œuvré chez Miossec, Vanessa Paradis, Bernard Lavilliers… Et puis le guitariste Freddy Koella, le plus prestigieux et le plus discrets des Français d’Amérique (il a joué avec Bob Dylan, Willy DeVille, Odetta, KD Lang, Carla Bruni, Francis Cabrel …)

Une première semaine en Louisiane pour rencontrer les musiciens et se charger des histoires attrapées au vol de l’Amérique de Trump, qui feront la chanson 'Sugar Coated Pill'. Puis six jours de studio avec des pointures de la Nouvelle-Orléans pour dix chansons originales et la reprise de 'It’s Your Voodoo Working' de Charles Sheffield.

De chanson en chanson, l’album passe de la pure autobiographie à l’humanité, de la déploration à l’espoir têtu, du blues européen à une lumière universelle… 'Civvy Street' ouvre l’album comme un standard vénérable et implacable, 'All Sleeps Away' évoque la maladie d’Alzheimer du père de Hugh Coltman, 'Little Big Man' est pour son fils, 'Hand Me Down' aborde les questions de transmission (avec l’incursion, en langue française canado-haïtienne, de Mélissa Laveaux)… Un voyage musical et existentiel entre confidences et grand spectacle, entre exploration d’un patrimoine phénoménal et inspiration féconde d’un artiste au sommet de sa créativité.

A découvrir ou re-découvrir ce samedi dans Classic 21 Lounge.

Hugh Coltman - Who's Happy ? - Teaser

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