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Carnets d'opéra

Sensationnels débuts pour le Turc rossinien à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège

Carnets d'opéra

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Dans ses Carnets d’opéra, Nicolas Blanmont nous parle de la nouvelle production de l’Opéra Royal de Wallonie, Il Turco in Italia de Rossini, présenté pour la première fois à Liège et mis en scène par Fabrice Murgia.

L’Opéra de Liège n’avait jamais donné Il Turco in Italia, opéra créé par Rossini à la Scala de Milan en 1814, mais cet oubli est réparé, et plutôt bien réparé. Grâce en soit rendue d’abord à Fabrice Murgia, homme de théâtre expérimenté qui montre qu’il sait aussi y faire à l’opéra : le Verviétois sait construire ses personnages sans manichéisme ni caricature et leur conférer une véritable épaisseur, il sait diriger ses acteurs et il sait même diriger des chœurs, qui semblent ici tout droit sortis de Mad Max mais qu’on n’avait plus vus aussi mobiles depuis longtemps. Mais ce que Murgia réussit également très bien, c’est de donner un véritable rôle à Prosdocimo, ce personnage un peu curieux de poète/observateur qui semble inventer les protagonistes et commenter leurs échanges : ici, on en fait le réalisateur d’un film en tournage, l’action se déroulant sur un plateau de Cinecittà.

Coup de chapeau aussi à Giuseppe Finzi, chef italien qui dirige de main de maître la soirée tout en assurant au pianoforte un continuo inventif, et à l’excellent plateau vocal : Elena Galitskaya en éblouissante et charmante Fiorilla, Bruno de Simone en Don Geronio plus vrai que nature, Guido Loconsolo en Turc patriarcal à souhait, Mert Süngü (qui, lui, est vraiment Turc pour le coup !) en Don Narciso émouvant et Julie Bailly, remarquable dans le rôle de Zaida, la belle délaissée par Selim.

A voir encore les 27 et 29 octobre au Théâtre Royal de Liège, www.operaliege.be

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