Belgique

Selon la Banque Nationale, la Belgique peut absorber l'afflux de réfugiés syriens

La Banque Nationale de Belgique publiera en juin l'étude sur les conséquences économiques de l'afflux des réfugiés. Elle en a donné les premières pages au Parlement wallon
14 mars 2016 à 16:16 - mise à jour 14 mars 2016 à 16:33Temps de lecture1 min
Par Carl Defoy

La Banque Nationale de Belgique est attentive à l’impact du flot de réfugiés que la Belgique accueille. Elle s'est inquiétée plus spécialement de l’arrivée importante de Syriens, Irakiens et Afghans qui réclament l'asile. Sont-ils un fardeau pour leur pays d’accueil ? Les économistes qui produisent une étude fouillée sur la question en ont révélé les premières pages devant les députés wallons.

Ils coûtent ce qu’ils rapportent

Premier constat : cet afflux de réfugiés n’est pas le plus important auquel la Belgique ait dû faire face. En 2000, la crise du Kosovo en avait conduit d’avantage chez nous. Les auteurs de l’étude font aussi remarquer que les déplacés du Proche et du Moyen-Orient ne constituent d’ailleurs que 4% du total des immigrés.

Céline Piton, une des économistes qui a creusé la question, ne nie toutefois pas que leur présence entraînera des dépenses. Elle les évalue à d’un peu moins de 2 milliards entre 2015 et 2020. Mais dans le même temps, cette présence générera aussi des revenus. "On a, dit-elle, des revenus provenant des personnes en emploi et des différentes taxes que nous allons percevoir qui vont compenser les dépenses nécessaires pour accueillir ces réfugiés."

Ne pas perdre en route des travailleurs qualifiés

Les exilés, même qualifiés, ont plus souvent que d’autres des difficultés à obtenir un job en rapport avec leurs compétences. Ce qui est une perte pour tout le monde. Or, ceux qui viennent de Syrie ou d’Irak sont jeunes, mieux formés que la moyenne des demandeurs d’asile. Les économistes auteurs de l’étude plaident donc pour que se mette en place un mécanisme de reconnaissance des diplômes, que des formations complémentaires linguistiques et professionnelles soient dispensées et des politiques anti-discrimination activées. Pour Philippe Delhez, c’est à la portée de la Belgique. "Par rapport à ce qu’on a connu, notre économie – et il insiste – même si elle n’est pas florissante, est en mesure d’intégrer ces personnes sans crise sociale."

Et c’est un calcul de loin préférable, dit-il, si l’on souhaite une intégration qui ne traîne pas en chemin et qui évite notamment les risques et les coûts de la dépendance sociale ou du travail au noir.

L'impact économique des migrants

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