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Selman Faris : de l’ombre à la lumière d’Istanbul avec Neva

03 juin 2022 à 08:00Temps de lecture3 min
Par Rémy Nakhla

Si vous n’écumez pas les crédits derrière les productions d’Alpha Wann, Nekfeu, Jade ou encore Laylow ou si vous n’avez pas saigné la liste des participants à l’album "Multitude" de Stromae (surtout sur le morceau "Pas Vraiment"), le nom de Selman Faris ne vous dit peut-être rien. Pourtant, le producteur Franco-Turc pourrait bien rythmer votre été, notamment avec le titre "Macera" que l’on vous fait découvrir sur Jam depuis quelques semaines. Il débarque ce 03 juin avec, "Neva" un premier mini-album à son nom, à visage découvert et pour l’occasion on a été à sa rencontre.

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Salut Selman, pour mettre un contexte peux-tu te présenter, d’où tu viens, ta musique ?

Selman Faris : Je suis né à Paris et mes deux parents sont d’origine Turque. Mon père est un musicien traditionnel assez connu en Turquie et à travers la culture musicale traditionnelle du coup j’ai beaucoup grandi dans cette musique. Je joue d’ailleurs moi-même du ney, une flûte traditionnelle. Je fais de la musique sur le côté avec mes potes et j’ai fait le conservatoire en alto donc j’ai baigné dans tout ça. Mais de la funk à l’afro beat en passant par les prods de rap et d’électro, j’aime surtout toucher à tout. Je pensais à mon projet perso depuis longtemps mais je n’arrivais pas à trouver un son, le truc qu’il fallait, l’univers sonore qui me plaisait. Du coup, je me suis lancé là-dedans concrètement (ndlr : sur le projet "Neva") il n’y a pas si longtemps, pendant la crise covid. Là je sors donc un EP avec plein de directions, du vocal, de l’instrumental, quelque chose d’assez complet. Une idée commune mais des morceaux différents.

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À l’image du titre "Yeni Gun" très groovy, comment tu fais pour mélanger les univers ?

S : J’essaye que ce soit le plus naturel possible, de ne pas faire de calculs d’épicier. Généralement, je mélange l’univers de prod ordinateur et les instruments joués où là l’univers traditionnel ressort. Pour moi ça se fait naturellement en fait.

Justement, tu peux me parler de ces instruments qu’on ne connaît pas forcément par ici ?

S : Alors, le ney, c’est une flûte qu’on retrouve du Maghreb jusqu’en Iran. C’est une flûte en roseaux que j’ai appris de mon père qui lui-même l’avait appris de son père. C’est une histoire familiale. J’ai fait de la guitare aussi qui se retrouve dans mes morceaux.

Dans toutes ces influences traditionnelles, je pense qu’il y en a une un peu plus insolite que les autres, celle autour du titre "Tofas", quelle est-elle ?

S : "Tofas" en fait c’est une voiture hyper populaire en Turquie un peu comme l’équivalant de la 4L par ici. C’est une voiture produite là-bas. Pour moi j’ai l’image de cette voiture avec des grandes familles chargées qui partent vers le sud sans rouler très vite. Avec ce morceau j’ai essayé d’avoir un peu cette image, cette ambiance-là qui ressort.

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Tu parles de ces influences, est-ce que tu as des échos sur l’accueil de ta musique sur place ? Un retentissement dans le paysage musical en Turquie ?

S : Très bonne question, je ne sais pas trop mais là récemment avec "Tofas" justement j’ai eu des retours d’attachés de presse sur place qui m’ont contacté. Ils veulent organiser des concerts avec moi là-bas, les retours sont plutôt bons du coup. Je chante en Turc, les sonorités sont méditerranéennes donc il n’y a pas de raison que ça ne plaise pas. Par contre, ce qui est marrant, de ce que j’ai pu faire écouter, ce ne sont pas les mêmes sons qui attirent ici et en Turquie.

Plus globalement sur ta carrière, tu produis beaucoup dans le rap, comment tu es arrivé là-dedans avec ta formation plus classique ?

S : Je n’ai jamais vraiment eu de frontière, pour moi, faire de la musique c’est faire de la musique et il n’y a que cette volonté malgré les cultures différentes. J’ai toujours écouté du rap et j’ai rencontré Hologram Lo, Louis de chez Don Dada (ndlr : le label d’Alpha Wann et Hologram Lo) avec qui j’ai démarré. On a fait du son et j’ai rencontré pas mal d’artistes comme ça avec qui on bosse toujours. Ils m’ont aussi appris énormément pour ma musique, d’ailleurs ça se ressent je pense, ces influences des gars de Don Dada. Ils m’ont aussi fait des retours sans avoir les codes de ma musique. Je voyais si les sons marchaient. Il y a beaucoup de sons que je n’ai pas gardés parce que je voyais que ça ne leur plaisait pas. Là je sais qu’il n’y a que des titres validés là.

Il y a la musique mais aussi le côté visuel très soigné sur ce projet "Neva", là aussi il est lié à ton entourage dans le rap ?

S : Oui, c’est Raegular qui a fait des visuels pour Nekfeu qui s’est occupé de ceux pour le projet "Neva". C’est un aspect que je découvre, j’ai toujours été plus axé sur la musique que sur les visuels. Du coup on a exploré ensemble et on est parti des grenades que l’on retrouvait déjà sur les singles. Ça demande du temps mais je suis très content du résultat.

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"Neva" est à découvrir d’urgence et on espère, tout comme lui, pouvoir retrouver Selman Faris pour d’autres projets solo et d’autres voyages musicaux.

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