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Sécheresse à Rochefort : en manque d'eau, la carrière de la Boverie adapte son activité

La carrière de la Boverie, où on extrait la roche calcaire.

La Boverie, à Jemelle (Rochefort), c’est une carrière de 5 étages où l’on extrait la roche calcaire, et une usine où on la transforme en chaux. Un site imposant, sur lequel des milliers de litres d’eau son nécessaire chaque jour pour arroser les infrastructures et maintenir la poussière au sol. Particularité locale : l’approvisionnement en eau se fait principalement dans une petite rivière, la Wamme, dont le niveau n’a eu de cesse de baisser ces dernières semaines. "Le niveau est tellement bas qu’il est même sous le niveau de nos sondes de détection", constate Laurence Indri, porte-parole de la société Lhoist. "Nous avons donc totalement cessé les pompages depuis plusieurs semaines. Nous avons déjà dû cesser les pompages par le passé, mais il est très rare que cela s’inscrive autant dans la durée. "

La Wamme constitue la principale source d’approvisionnement en eau de la carrière. Si niveau est toutefois trop bas que pour continuer à pomper dedans.
La Wamme constitue la principale source d’approvisionnement en eau de la carrière. Si niveau est toutefois trop bas que pour continuer à pomper dedans. Louis Matagne

Les pistes ne sont plus arrosées

Face à cette pénurie, le site doit compter sur sa réserve stratégique – soit un vaste bassin qui stocke l’eau de la Wamme (lorsqu’elle est pompée) et l’eau de pluie (quand il pleut). Il faut donc rationner l’eau, et toute une série d’opérations d’arrosage ont été stoppées, comme pour les pistes internes, sur lesquelles circulent les camions. Une opération qui, en période habituelle, permet de maintenir les poussières collées au sol, et donc de préserver une bonne visibilité pour les chauffeurs (ainsi que le confort des riverains). "Face à cela, nous avons mis en place deux mesures. Premièrement, une balayeuse, qui aspire les poussières, passe plus régulièrement. Deuxièmement, nous avons ralenti drastiquement la vitesse des camions. Par exemple, dans la carrière, la limite est passée de 40km/h à 20 km/h, ce qui réduit l’envol de poussière." On comprend cependant qu’un tel ralentissement diminue l’activité du site, et donc la productivité.

Le va et viens des camions dégage inévitablement de la poussière.
Le va et viens des camions dégage inévitablement de la poussière. Louis Matagne

Impact sur la transformation

Et le rationnement ne s’arrête pas à la carrière. L’usine de transformation, où la roche est concassée puis cuite, est également concernée. "Jusqu’à présent, seules les chutes de pierre pour les produits très fins sont encore arrosées, car cela permet de ralentir l’envol des poussières tout au long de la manutention et du stockage le long des bandes transporteuses. Pareil au niveau du concassage primaire." Certaines opérations importantes nécessitant de l’eau, comme le lavage avant l’enfournage, sont toutefois à l’arrêt. "Cet arrêt génère des stocks, et concrètement il faudra retraiter ultérieurement cette production mise sur le côté par manque d’eau", précise-t-on du côté de chez Lhoist.

A Rochefort, les carriers attendent donc la pluie avec impatience. Dans un premier temps, cela permettrait de remplir le bassin stratégique et de relancer le circuit fermé (l’eau de lavage, par exemple, est réutilisée). Dans un second temps, cela permettrait de relancer les pompages dans la Wamme et de reprendre une activité normale.

Un peu partout sur le site les arroseurs sont à l’arrêt.
Un peu partout sur le site les arroseurs sont à l’arrêt. Louis Matagne

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