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Sous couverture

Sébastien Rongier dresse le portrait d'une femme essentielle dans la vie de Marcel Duchamp

Sébastien Rongier, l'auteur de « Je ne déserterai pas ma vie» - Ed. Finitude en compagnie de Thierry Bellefroid

Dans ce nouvel épisode de Sous Couverture, Thierry Bellefroid vous propose une plongée dans le Paris des années 20 en compagnie de Marcel Duchamp, le père des ready-mades  et de Mary Reynolds. Sébastien Rongier vient en effet lui présenter son dernier roman Je ne déserterai pas ma vie chez Finitude.

"Je ne déserterai pas ma vie" de Sébastien Rongier aux éditions Finitude

Il y narre la rencontre entre cette figure majeure de l'art du XXe siècle qu'est Marcel Duchamp et Mary Reynolds, une veuve américaine débarquée à Paris. Leur liaison durera plus de vingt ans jusqu'à la mort de celle-ci sans que jamais ils ne se marient pour préserver leur indépendance.

L'artiste iconoclaste et la jeune américaine s'installent ensemble dans une petite maison dans le 14e arrondissement où très vite se côtoient tous les talents de l'époque : Cocteau, Beckett, Brancusi, Dali...

A l'arrivée de la guerre, Marcel Duchamp s'exilera à New-York par peur du danger alors que Mary Reynolds décidera de rester en France en affirmant que c'est à Paris qu'elle vit désormais. Elle entrera même dans la Résistance.

L'idée de ce livre est venue à Sébastien Rongier alors qu'il écrivait un essai intitulé Duchamp et le cinéma (Les Nouvelles éditions Place). L'écrivain et philosophe est avant tout un passionné de cinéma qu'il enseigne en région parisienne. Sur son site, on retrouve notamment sa fascination pour Alfred Hitchcock dont il décortique "Psychose" sous toutes les coutures. Mais aussi pour le réalisateur d'Au revoir les enfants, Louis Malle ou pour Rick Servais, le créateur de la série After life en passant par une réflexion autour du personnage d'Hagrid dans Harry Potter

Mais revenons à la rédaction de son essai sur Marcel Duchamp pour lequel Sébastien Rongier se plonge dans différentes biographies sur l'artiste aussi bien américaines que françaises car c'est là que peu à peu, il découvre en toile de fond l'existence de Mary Reynolds.

Soudain, je me suis retrouvé face à ce personnage que j'ai eu envie de rencontrer et ensuite que j'ai eu envie de faire exister dans ce livre.

Mary Reynolds photographiée par Man Ray en 1930

A l'époque où elle rencontre Marcel Duchamp, Mary Reynolds vient de perdre son mari, courtier en assurances à Minneapolis de la grippe espagnole. Elle décide alors de s'installer à Montmartre en France où elle côtoie Ernest Hemingway, Man Ray et y fait la connaissance de Peggy Guggenheim qui deviendra une amie.

En 1923, elle retrouve Marcel Duchamp croisé quelques années auparavant à New-York et entame une relation amoureuse avec lui. Pour parfaire cette relation, lui donner de la consistance, elle prend vite conscience de l'importance de partager avec Duchamp  une activité, une vie artistique. Et c'est vers la reliure qu'elle se tourne qui, très vite, va devenir un point de rencontre amoureux entre Duchamp et Reynolds.

Le fait d'être dans une activité qui n'est pas uniquement une activité de l'esprit est très important et Reynolds va véritablement s'épanouir dans cette vie de reliure, dans ce dialogue avec les œuvres et avec les artistes, les écrivains, que ce soit Cocteau, Joyce, Jarry.

Avec elle, la reliure c'est du grand art. Elle a notamment réalisé la très célèbre reliure d'un livre de Jean-Pierre Brisset, une sorte de linguiste un peu fou pour qui la naissance du langage vient du croisement des grenouilles en intégrant dans sa reliure une peau de grenouille. Cette prouesse rendra Duchamp vert de jalousie parce que c'est une idée absolument magnifique.

 

Envie d'en savoir plus ? Rendez-vous dans Sous Couverture en compagnie de Thierry Bellefroid et Sébastien Rongier ce dimanche 15 mai à 23h sur la Trois !

En attendant, n'hésitez pas à aller faire un tour sur le site de Sébastien Rongier et sur son profil Instagram.

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