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Séance VIP

Séance VIP : "Rebelles" avec Yolande Moreau, Cécile de France et Audrey Lamy

06 juin 2022 à 05:19 - mise à jour 06 juin 2022 à 06:41Temps de lecture2 min
Par Sara Dumont

Pour tout le monde, c’est un film inclassable. Cécile de France parle d’un film rock n’roll au féminin. Audrey Lamy estime qu’il est difficile de définir ce film tellement il mélange les genres. Pour Yolande Moreau, le film est amoral.

Quant à Allan Maudit, il a été bercé à la littérature anglo-saxonne, aux romans noirs américains, à des univers très populaires et la littérature et le cinéma français, par nature plus bourgeois, le " gonflent " de temps en temps.

Par conséquent, pour " Rebelles ", il rêvait d’autre chose : une zone portuaire, des personnages qui se bagarrent pour survivre et qui sont loin des centres-villes proprets et de leurs grands appartements lumineux. Le réalisateur ne s’est pas cantonné à une catégorie de film bien précise.

Il a mélangé les genres et s’est amusé à apporter quelque chose de nouveau. Cécile de France est dans le même état d’esprit. Elle raconte dans une interview pour OCS qu’elle en a marre de jouer des personnages lisses qui vivent dans de magnifiques appartements parisiens.

Elle ajoute qu’elle a fait le tour des personnages de filles sympas : " Plus c’est éloigné de moi,  plus c’est une chance incroyable de pouvoir créer et plus ça m’amuse. Je reçois beaucoup de scénarios qui se passent dans de grands appartements parisiens bobos, avec les problèmes des enfants, les problèmes d’amour, on s’en fout ! Alors que là, on est à Boulogne-sur-Mer et ça n’est pas du tout dépressif. "

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D’où vient l’idée du film ?

Le réalisateur explique que c’est tout bêtement en regardant une boîte de thon que l’idée lui en est venue. Il s’est alors posé la question de savoir combien il faudrait de boîtes pour contenir le corps d’un homme. Ce " raisonnement " a tout de suite plu à Audrey Lamy.

La place de la femme dans son film

Tant mieux si ça remet en cause les schémas traditionnels de paternalisme et de patriarcat qui m'emmerdent fortement 

Pour le réalisateur, c’est important de montrer qu’aujourd’hui, l’homme et la femme sont sur un même pied d’égalité quels que soient les domaines, y compris en fiction. Allan raconte qu’il aime justement mettre en scène des femmes qui défient les conventions. Dans son film, il a bousculé les codes du genre en plongeant trois femmes ouvrières qui travaillent dans une conserverie de thon et sont propulsées dans un univers de mafieux.

Et ça, pour lui, c’est réinventer les points de vue. Pour Cécile de France, dans " Rebelles ", c’est au tour des femmes de se salir les mains (au sens propre comme au figuré), de se battre dans la boue, d’avoir du sang sur les mains et d’afficher leurs cicatrices. " Au cinéma, les réalisateurs oublient souvent que les acteurs ont un corps et qu'ils peuvent s'en servir ! J'ai adoré donner des coups de pelle (rires) (…) C'est rare pour une actrice d'avoir un flingue entre les mains, de filer des tartes et des coups de boule, d'avoir du sang sur le visage !"

Et pour Yolande Moreau, le film est jouissif car le réalisateur a pris des femmes qui s’y collent et qui ont bien l’intention d’avoir le fin mot de l’histoire, là où, habituellement, dans les polars noirs, ce sont plutôt des hommes qui sont au cœur " de l’action, des magouilles de fric. "

Il tient quand même à dire que même si ce film est arrivé juste avant le  mouvement #MeToo, il aura été, en quelque sorte, un précurseur. Mais il précise que " Rebelles " est un film féminin et non féministe.

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