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Sciences : des chercheurs de l’ULB font un grand pas dans la lutte contre les maladies neurologiques

Image d’illustration

Le champ des neurosciences est en pleine effervescence à l’heure actuelle. Mieux comprendre et trouver des manières pour combattre les maladies du cerveau comme l’accident vasculaire cérébral, le cancer cérébral et les maladies neurodégénératives est dans le collimateur de nombreux scientifiques. Et un pas important a peut-être été franchi ce jeudi par les chercheurs du département de biologie moléculaire de la Faculté des Sciences de l’ULB.

Ces derniers, dirigés par le professeur et investigateur WELBIO (Walloon Excellence in Life Sciences) Benoit Vanhollebeke, ont découvert des molécules qui pourraient être porteuses d’espoir. Sur les souris, elles ont montré qu’elles peuvent agir pour ralentir certaines de ces pathologies en agissant sur les vaisseaux sanguins cérébraux. Des conduits qui pourraient affecter en profondeur la santé de notre cerveau…

Leur découverte, fruit d'une collaboration internationale, a été publiée dans le prestigieux journal scientifique Science.

Explications...

Des pathologies ralenties

" Notre laboratoire étudie depuis longtemps les molécules qui interviennent dans la formation des vaisseaux sanguins cérébraux " explique Benoît Vanhollebeke. Des dysfonctionnements dans ces vaisseaux peuvent entraîner des séquelles importantes, notamment dans le cadre des maladies dégénératives ou des AVC (accidents vasculaires cérébraux).

Un système vasculaire cérébral qui fonctionne correctement, c’est un système qui est " protégé " par ce qu’on appelle un régulateur, un complexe moléculaire dont le petit nom est Gpr124/Reck. Dans les maladies dégénératives, les chercheurs ont observé que Gpr124/Reck n’était plus suffisamment stimulé.

Les scientifiques de l’ULB ont donc travaillé d’arrache-pied sur ce complexe membranaire. " Le premier volet de nos recherches a consisté à développer des molécules pouvant servir à activer ce complexe (et de là, le système vasculaire-cérébral, donc). Le deuxième axe a cherché à nous indiquer comment, grâce à l’activation de cette molécule, nous pourrions soigner la progression de diverses maladies… " affirme le chercheur.

Pour le moment, le traitement a été réalisé sur des souris, et les résultats sont probants. Lorsque les protéines découvertes par la Faculté des Sciences de l’ULB ont pu activer le fameux " régulateur " Gpr124/Reck, les vaisseaux sanguins du cerveau qui dysfonctionnaient se sont rétablis. Le cerveau des rongeurs s’est alors trouvé à nouveau protégé des composants toxiques qui circulaient dans le sang. Et de fait, voilà la progression des maladies ralentie…

A voir aussi, ce reportage du JT sur les accidents vasculaires cérébraux (septembre 2021) :

AVC : 22 000 victimes par an en Belgique

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Molécules spécialisées

La chercheuse Maud Martin et ses collègues ont réussi, chez des rongeurs, à ralentir la progression du glioblastome (le cancer cérébral adulte primaire le plus commun) et à réduire les lésions consécutives à l’accident vasculaire cérébral.

Un aspect fascinant de l’étude, selon Benoit Vanhollebeke, de l’ULB Neuroscience Institute, est la spécificité avec laquelle les vaisseaux sanguins malades se comportent face au traitement expérimental. " Nous inspirant du processus développemental naturel, nous avons conçu une nouvelle classe de molécules capables d’atteindre leur cible thérapeutique efficacement, tout en étant totalement inertes pour les vaisseaux sains et les autres tissus de l’organisme. Sur une base fondamentale, ce niveau de spécificité semblait a priori hors de portée " détaille l’universitaire.

Explorations prometteuses

Pour le moment, ce principe thérapeutique est encore à l’état de prototype. Nuançons donc l’espoir de trouver rapidement des solutions miracles pour les différentes maladies neurodégénératives qui concernent l’être humain. Mais une étape importante dans la compréhension de ces pathologies pourrait bien avoir été franchie haut la main, et le monde de la biologie moléculaire d’entrevoir de prometteuses heures à venir.

" Nous avons encore plusieurs phases importantes de développement devant nous mais avons identifié un principe thérapeutique, et c’est une étape importante " affirme Benoit Vanhollebeke. Grâce au soutien du WELBIO, de l'ERC (le conseil européen de la recherche) , du FNRS et de la Fondation ULB, l’exploration de nouveaux modèles expérimentaux de pathologies cérébrales va donc continuer, avec pour objectif, de trouver des traitements pour l’humain, bien entendu.

Pour cela, le professeur et l’ULB ont créé une spin-off. Celle-ci, appelée NeuVasQ Biotechnologies, est implantée à Gosselies. Avec le soutien d’un consortium d’investisseurs publics et privés, 20 millions d’euros y ont déjà été investis (" un montant important pour une série A en Biotechnologie ", selon le professeur Vanhollebeke) afin d’espérer voir émerger, à terme, des traitements neurovasculaires salvateurs pour bon nombre de personnes souffrant de maladies liées au cerveau.

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