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Schaerbeek : l’échevin Michel De Herde porte plainte suite à une campagne d’affichage demandant sa démission

Michel De Herde dépose plainte contre X pour harcèlement.

© RTBF

À Schaerbeek, Michel De Herde contre-attaque. La RTBF a appris que l’échevin DéFi de l’Enseignement et du Budget a décidé de porter plainte contre X pour harcèlement suite à une campagne d’affichage qui le cible… Des affiches qui demandent sa démission et qui ont fleuri dans la nuit de lundi à mardi autour de l’hôtel communal. "De Herde hors de notre commune", peut-on lire sur l’une d’elles, rédigées en lettres noires sur fond blanc et visibles place Colignon.

Michel De Herde, on le rappelle, est visé par deux plaintes. La première, déposée en mai dernier auprès des autorités judiciaires, émane de sa collègue échevine Sihame Haddioui (Ecolo) en charge de l’Égalité des genres et des chances. Celle-ci l’accuse de lui avoir adressé des paroles sexistes et posé la main au niveau de l’entrejambe lors du conseil communal d’octobre 2021. La deuxième plainte, rendue publique fin septembre, accuse Michel De Herde de viol sur une mineure d’âge. Plainte que le parquet de Bruxelles n’a ni confirmée, ni infirmée à ce stade.

Cependant, depuis cette nouvelle affaire, la pression s’intensifie pour que Michel De Herde fasse un pas de côté. S’il est actuellement en congé maladie, il ne s’est pas mis en retrait de ses activités politiques. Son parti DéFI n’a pas encore tranché son cas.

De Herde soupçonne une ASBL et Sihame Haddioui

"Il y a une campagne massive d’affichage sauvage sur Schaerbeek disant "De Herde dehors", "Soutien à Sihame Haddioui"… C’est la deuxième fois que cela se produit", indique Michel De Herde, sollicité par la RTBF. "Avec mon avocate, je confirme que nous avons décidé de déposer plainte pour harcèlement contre X."

Le 1er juin dernier, quelques jours après l’annonce de la plainte de Sihame Haddioui contre Michel De Herde, une manifestation était organisée sur les marches de l’hôtel communal demandant la démission de Michel De Herde, manifestation accompagnée d’affiches du même ordre.

L'une des affiches apparues dans la nuit de lundi à mardi.
L'une des affiches apparues dans la nuit de lundi à mardi. D. R.

Michel De Herde dit avoir des soupçons "très très forts" quant aux auteurs ou autrices de ces différentes campagnes. "Cette dernière campagne d’affichage comme celle du mois de juin ont été relayées sur divers pages Instagram notamment celle de l’ASBL Les Sous-entendues. Dans le contenu de la plainte, j’indique que mes soupçons se portent contre cette asbl et contre une série de personnes qui sont proches de cette association."

Personnes proches, comme l’échevine Sihame Haddioui, avance Michel De Herde. "Nous savons que Sihame Haddioui et l’ASBL Les Sous-entendues ont des liens très étroits. Et donc, c’est une hypothèse qu’il appartiendra au parquet de creuser. Je veux qu’il y ait une enquête. Heureusement, il existe des caméras de surveillance dans ces divers endroits. Et j’espère que les images pourront parler."

Humainement, c’est difficile à vivre

Celui-ci poursuit : "Moi je suis un démocrate. Que Madame Haddioui ait envie d’organiser une manifestation, c’est un droit démocratique. Qu’il y ait eu dans l’émotion du moment, au mois de juin, des affiches à gauche et à droite, je peux le tolérer. Mais qu’on répète cette opération, maintenant, au début du mois d’octobre, ça devient vraiment du harcèlement. Maintenant, il faut poser des limites. Humainement, c’est difficile à vivre pour moi, ma compagne, mes enfants, mes frères, mes sœurs, pour une série de collaborateurs communaux… C’est jeter le discrédit sur quelqu’un alors que mon avocate et moi, constatons que je n’ai toujours pas été auditionné, ni pour la première plainte, ni pour la deuxième plainte. D’autant plus que si les faits sont graves, comme le dit la deuxième plainte, j’aurais déjà certainement été interpellé et interrogé. Ce qui donne une idée du sérieux du contenu de ces plaintes…"

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Laura Baiwir, de l’ASBL Les Sous-entendues rejette les soupçons de Michel De Herde. "Notre collectif n’est pas à l’origine de cet affichage. Je ne suis pas du tout inquiète. Laissons la justice enquêter pour savoir si nous sommes derrière cette campagne ou pas", déclare Laura Baiwir à la RTBF.

"Ceci étant, il y a une part de liberté d’expression. Si des personnes ont eu le besoin d’écrire ces messages et de les clamer, c’est leur liberté et leur responsabilité. Par ailleurs, je tiens à rappeler que quand on parle de démission, il ne s’agit pas de faire justice à la place de la justice. Ce que le collectif clame, c’est d’avoir des prises de position politique. La justice fait son travail. Mais il est également temps que nos représentants politiques fassent leur travail de conscientisation par rapport aux faits de violence contre les femmes et les faits de violence liés au genre. Si M. De Herde ne souhaite pas le faire lui-même, que les autres responsables politiques prennent, eux, leur responsabilité. Il suffit de regarder ce qui se passe en France autour du #metoopolitique. Il y a des personnes qui démissionnent. Et démission ne veut pas dire prison."

Laura Baiwir ironise par ailleurs au sujet des images de vidéosurveillance qui pourraient avoir filmé les colleurs ou colleuses d’affiches. "Nous serons ravis d’apprendre que la police a le temps de regarder ce genre de vidéos, alors qu’il y a des graves agressions pour lesquelles elle n’a pas le temps de regarder des vidéos."

Haddioui condamne "fermement" toutes les formes de harcèlement

Pour Sihame Haddioui, "Michel De Herde a le droit de porter plainte. Mais j’apprends aussi l’existence de ces affiches. Je ne les ai pas vues. Ce que moi j’ai vu et que j’ai partagé sur Instagram, ce sont les affiches 'Nos culs sont politiques' et 'La dignité ou rien', qui sont des slogans que je défends personnellement. Ceci étant, tout cela est la conséquence d’un positionnement qui n’est pas clair. DéFi a une responsabilité, celle de mettre un terme à tout cela. Arrêtons le flou ! On laisse une situation s’envenimer."

Sihame Haddioui dit condamner "fermement" toutes les formes de harcèlement, même celles visant Michel De Herde. "Ces situations de harcèlement ne sont souhaitables pour personne. Ce n’est pas tenable. Mais questionnons aussi ce qui se cache derrière cela. Je demande à DéFI de réagir. Michel De Herde doit faire un pas de côté le temps que les différentes enquêtes, au sein de son parti et au niveau de la justice, soient menées. Ce n’est plus tenable."

Michel De Herde, 58 ans, est en congé maladie depuis mercredi dernier. À l’issue d’un bilan de santé avec son médecin cette semaine, celui-ci décidera s’il y a lieu de prolonger son arrêt. Michel De Herde indique qu’il continuera cependant à siéger dans les différentes assemblées dans lesquelles il a été élu (conseil communal, conseil de police, collège).

L’échevin amarante fait également l’objet d’une enquête menée par Cohezio, service externe de protection et prévention au travail. Celle-ci porte sur les risques psychosociaux dans les départements de budget et de l’instruction publique, gérés par l’échevin.

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Michel De Herde continue de contester fermement les faits qui lui sont reprochés dans les deux plaintes qui le visent. Concernant la plainte déposée par Sihame Haddioui, Michel De Herde dit attendre d'être auditionné par la police. "Nous attendons aussi que le parquet se prononce. Lorsqu'il se prononcera, mon avocate et moi examinerons toutes les possibilités pour que je recouvre mon honneur."

Ce lundi soir, l'avocate de Michel De Herde, Mélanie Bosmans, adressait un communiqué à la presse indiquant que son client "est un homme mais aussi un père, un compagnon, un frère, un oncle, un ami de personnes qui doivent aussi actuellement subir une pression totalement inhumaine. Ces pressions se font via une certaine presse, d'autres via les réseaux sociaux et d'autres encore par des canaux et des méthodes que nous ne détaillerons pas maintenant, attentatoires notamment à la vie privée de cette famille."

Elle rappelle aussi que "suite aux récentes publications, il y a lieu de rappeler que ce n’est pas le nombre de plaintes qui pourraient être déposées qui importe, mais le sérieux de celles-ci, ce que seules les instances judiciaires pourront déterminer une fois en possession de l’ensemble des éléments, en ce compris ceux que nous aurons à apporter."

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