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Sans salon et sans stock, les promotions sur les voitures sont-elles toujours intéressantes ?

Comme chaque année, les conditions salon fleurissent chez les concessionnaires
15 janv. 2022 à 16:173 min
Par Jean-Christophe Willems

"La prime de reprise est augmentée, on offre le serenity pack de 2 000 euros permettant de choisir entre une remise directe, des options et même une borne de recharge, et il y a en plus un chèque de 250 € et des taux d'intérêts intéressants. Mais sur cet autre modèle, la prime de reprise est encore plus importante si vous prenez la version hybride." Jean-François Dubois, responsable des ventes chez Marvelle, une concession familiale, n'a eu que quelques jours pour étudier le catalogue d'offres et promotions décidées par l'importateur.

Elles sont identiques pour tous les garages de la marque et, surtout, différentes d'un modèle à l'autre, voire d'une motorisation à l'autre. En fonction des technologies ou nouveautés que le constructeur veut mettre en avant, les actions peuvent être plus ou moins importantes.

Unique au monde

Dans l'automobile, le mois des bonnes affaires est celui de janvier, comme pour les soldes d'hiver. Mais ce phénomène est propre à la Belgique et serait même unique au monde ! Longtemps, le salon de Bruxelles était un lieu de vente, une sorte de concession géante où toutes les marques étaient représentées et où le visiteur pouvait signer un bon d'achat directement sur place. Si les informants ont remplacé les vendeurs, l'impact au niveau des ventes est resté conséquent  (on parle de 25 à 30 % du chiffre de l'année) et aucun importateur ne prendrait le risque d'abandonner ses offres promotionnelles en cette période. 

Si de manière générale, on peut affirmer que les conditions sont effectivement meilleures que le reste de l'année, il faut relativiser. Le changement d'année entraine souvent une indexation des prix des véhicules. Certains modèles, souvent en fin de vie, ne profitent pas nécessairement de ristournes plus conséquentes en janvier que quelques semaines plus tôt. "Cette année, on prévoit deux franchissements de l'indice-pivot", explique Emmanuel Percy, propriétaire de sept concessions automobiles. "Si vous signez maintenant, vous êtes assuré de garder ce prix malgré les futures augmentations qui auront immanquablement lieu dans les prochains mois." Et de plus, les taux de financement sont particulièrement attractifs, descendant souvent sous le pourcent quand il n'est pas égal à zéro, sous certaines conditions.

Quid du stock ?

Non seulement le salon n'aura pas lieu sur le plateau du Heysel, pour la deuxième fois de suite, mais les concessionnaires doivent également affronter un autre problème de taille : l'approvisionnement en véhicules. La pénurie de puces électroniques est loin d'être finie et elle impacte toujours fortement les usines d'assemblage. Un délai de quatre mois avant livraison est considéré comme une aubaine, six mois étant plutôt la norme. Mais il arrive que cela soit bien plus long et que des véhicules équipés de certaines options spécifiques soient disponibles dans un an, voire carrément retirés provisoirement du catalogue.

Bien sûr, il reste un peu de stock, mais le client n'aura quasi aucun choix d'options et de personnalisation, même si certains concessionnaires sont un plus gâtés que d'autres. Benoît Vinet, le directeur des ventes du Groupe Renault Motors (dix concessions) explique avoir reçu 1 200 voitures en prévision du salon : "Ce sont des modèles demandés, dans les couleurs et avec les motorisations les plus recherchées. Mais cela ne nous permettra que de tenir un mois. Les premier arrivés seront les premiers servis. C'est aussi le cas d'un véhicule sur commande. En fin de salon, les délais seront inévitablement allongés."

Métier qui évolue

Avec des marges bénéficiaires de quelques pourcents à peine, des fonctionnements souvent imposés par les marques et une révolution technologique en cours, les concessionnaires ne sont pas à la fête. Nombreux sont les rachats de petites structures par des grands groupes, parfois étrangers. "On est devenu des conseillers en mobilité, en énergie et en fiscalité", constate Emmanuel Percy. "Le coût opérationnel de la voiture est différent en fonction de l'utilisation de chacun. Celui qui bénéficie de panneaux photovoltaïques et de place de parking effectuera un choix différent de celui qui n'en a pas. Et ses besoins de mobilité seront aussi différents de celui qui doit effectuer 400 km par jour. On a changé de façon de travailler : on accompagne le client par rapport à sa situation propre."

Evidemment, personne ne dira ouvertement que les conditions de cette année sont moins intéressantes que celles des années précédentes. Et à moins d'effectuer une étude fastidieuse par marque, modèle, motorisation et finition, bien malin qui pourra l'affirmer. Quant aux plus de 100 000 Belges qui signeront pendant ce mois particulier, il devrait s'en trouver bien peu qui avoueront avoir réalisé une mauvaise affaire. Exactement comme pour les soldes !

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