Musique

Sam Smith accusé de plagiat : une théorie intéressante veut rejeter ce concept

28 juil. 2022 à 13:29Temps de lecture2 min
Par Rémy Nakhla

Le chanteur Britannique Sam Smith est actuellement accusé de plagiat pour son titre "Dancing with a Stranger" avec Normani. Un trio d'auteurs nommé "Sound and Color LLC" a sorti une chanson portant le même titre et qui y ressemble assez fort.

Les avocats de Sam Smith se sont saisis du dossier et ont réclamé l'abandon des poursuites sur base d'un dossier établi par un musicologue. Ce rapport dit que les deux chansons sont bien différentes, il existe des ressemblances au niveau de la mélodie mais ils disent aussi qu'un contour mélodique est trop abstrait que pour être protégé par le droit d'auteur.

Récemment, Katy Perry pour"Dark Horse" et Ed Sheeran ont également été poursuivis pour plagiat mais ont finalement obtenu gain de cause. Les affaires de droits d'auteurs sont aussi vieilles que l'existence de l'industrie musicale et ce n'est pas vraiment un hasard.

Loading...

Un nombre fini de mélodies

Si tant d'auteurs de musique reconnaissent leurs sons dans d'autres tubes de la pop, ce n'est pas si étonnant que ça et ce n'est pas forcément pour autant que l'artiste en question à plagié délibérément un son (très difficile à prouver). Cette complexité pourrait être simplifiée par un tableau de données croisées entre combinaison de notes déjà faites et celles restant disponible. Ce sont les chiffres et les algorithmes qui donneraient une vue plus claire de l'étendue des mélodies déjà réalisées, c'est ce qu'explique Damien Riehl lors d'une conférence Ted.

Damien Riehl et son collègue Noah Rubin sont développeurs et spécialistes du droit d'auteur. Pour eux, la musique représente une suite logique de chiffres et ces suites ont un nombre fini de possibilité. C'est sur cette base qu'ils disent que les accusations de plagiat sur base de mélodies n'ont pas ou très peu souvent lieu d'être. Si ces mélodies sont des suites de chiffres, il ne fait pas sens de poursuivre un artiste pour l'utilisation d'une suite de chiffres. C'est en tout cas ce qu'ils essayent de faire passer en ayant inscrit toutes ces suites possibles dans une base de données qu'ils ont ensuite protégée sous une licence "creative commons zero" qui permet donc théoriquement l'utilisation de celles-ci sans droits particuliers.

Avec 68 milliards de mélodies encodées, ils espèrent faire diminuer le nombre de procès pour droits d'auteurs bien que la nuance de jugement entre l'artistique et le mathématique ne soit pas si évidente et les procès n'ont donc pas fini d'exister pour autant.

En tout cas, la théorie développée par Damien Riehl pousse à la réflexion et vaut la peine de s'y attarder.

Loading...

Articles recommandés pour vous