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Alors on change !

Salon Auto 2016: rencontre avec un automobiliste électrisé

Salon Auto 2016: rencontre avec un automobiliste électrisé

Grand sourire, franche poignée de main, François Bary avait accepté que nous dressions son portrait en 2014 dans le cadre de notre numéro consacré à la sobriété énergétique. Sensibilisé depuis longtemps à la problématique de la transition énergétique, à l’époque François avait déjà franchi plusieurs pas dans son engagement citoyen : rénovation de sa maison pour la rendre plus performante, remplacement de sa chaudière par un modèle à pellets, acquisition de parts dans plusieurs coopératives éoliennes… et cerise sur le gâteau, au moment du tournage, il venait d’acheter une voiture électrique ! Il partage aujourd’hui avec nous le premier bilan intermédiaire de son expérience après 2 ans de conduite sans carburants fossiles.

 

" Avec ma famille, on a évoqué l’option 100% électrique au moment où on a décidé de remplacer la deuxième voiture de notre ménage. Avec deux ados à trimballer, mon bureau situé à 45km de la maison, les courses à faire presque quotidiennement, il nous fallait un véhicule qui puisse avoir une autonomie d’au moins 100km. Sans oublier qu’on vit en milieu rural dans la province du Luxembourg, et qu’on ne peut donc malheureusement pas se passer de voiture. "

 

Mais de toute évidence, le choix d’une voiture électrique fait partie d’une réflexion plus globale chez François et sa famille. " Notre motivation principale, c’est de participer activement à la transition énergétique. De mon point de vue, la seule condition pour être en phase avec cette philosophie tout en roulant en voiture électrique, c’est de la recharger avec ses propres panneaux solaires par exemple. Quand il y a du soleil, mon compteur d’électricité tourne à l’envers même quand ma voiture est en charge !" Pour François, c’est aussi l’idée, l’espoir presque utopique de réussir à s’affranchir des grands groupes non seulement pétroliers mais aussi énergétiques au sens large. " Je suis membre de la société COCITER, un nouveau fournisseur d’électricité qui regroupe un certain nombre de coopératives éoliennes citoyennes dont je suis membre, donc en quelque sorte j’achète de l’énergie produite localement à des sociétés qui m’appartiennent. J’adore ! ".

 

Le choix de François s’est finalement porté sur une Renault Zoé, en l’occurrence un modèle " de direction " avec très peu de kilomètres au compteur, ce qui lui a déjà permis de gagner quelques milliers d’euros à l’achat. Car il faut quand-même admettre qu’une voiture électrique moderne, cela reste un investissement de départ encore assez lourd. " Si on la compare à une voiture à essence ou diesel de taille équivalente, il n’est pas vraisemblable de pouvoir rentabiliser le surcoût lié à l’achat et à la location des batteries avec nos 20.000km par an ". Car chez Renault, les batteries sont proposées à la location pour 79 euros par mois, ce qui permet certes de réduire le prix d’achat mais qui a quand-même un impact sur le portefeuille sur le long terme. En plus, le concessionnaire ne livre pas la voiture tant que l’acheteur n’a pas installé de borne de recharge spécifique chez lui… Heureusement, une voiture électrique ne demande presque voire pas d’entretien (François nous avoue qu’en deux ans il n’a jamais amené sa voiture à l’entretien…) et il faut compter environ 3 euros d’électricité pour faire 100km, contre 9 à 10 euros pour l’équivalent à essence ou diesel.

 

Oui mais quid de l’autonomie ? That is the question que tout le monde lui pose… " Les gens ont vraiment peur de tomber en panne de batterie ! Alors que 95% des personnes avec qui j’en parle pourraient très bien se satisfaire des 130km d’autonomie moyenne dont ma Zoé dispose. C’est vrai qu’au début, je calculais les distances et je faisais super attention, mais très vite je me suis habitué et maintenant je n’y pense plus. Mais c’est décidément un cliché qu’on a du mal à démystifier… et l’autonomie dépend beaucoup du style de conduite : quand c’est mon fils de 21 ans qui prend la voiture, je vois la différence ! "

 

François en parle beaucoup atour de lui, de sa voiture. Et son expérience 100% électrique ne s’est donc pas arrêtée à la simple conduite d’une Renault Zoé : avec d’autres automobilistes convertis à la mobilité électrique, il a décidé de créer l’asbl Ampères, dont la mission tourne autour de trois objectifs principaux.

 

" Tout d’abord, on met la pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils développement les infrastructures. Par exemple, actuellement on pousse pour l’installation de trois bornes de recharge entre le Luxembourg et Bruxelles le long de l’autoroute E411. De quoi rejoindre la capitale sans problème ! Notre deuxième axe, c’est le lobbying pour la mise en place d’incitants financiers et fiscaux en Wallonie. Il y en a en Flandre, mais plus chez nous, alors que les citoyens sont prêts et que les politiciens se doivent de les aider. Enfin, notre troisième pilier c’est la sensibilisation du public : c’est fou comme les gens sont mal informés ! Et en plus, on ne peut malheureusement pas compter sur les concessionnaires pour nous aider : ils ne soient pas très enclins à vendre leurs voitures électriques car après la vente, fini les entretiens ! "

 

Finalement, François a-t-il une idée de combien de kilomètres il va faire avec sa Zoé ? " Déjà, je l’ai achetée en tant que particulier et je n’ai donc aucune pression fiscale qui me pousserait à la changer. Mais surtout, j’aime être pionnier et j’adore tester les nouvelles solutions de transition. Je vais la pousser jusqu’au bout ! "

 

Retrouvez le portrait de François que nous avions réalisé en 2014 ainsi que le podcast de notre participation à l’émission " Questions clé " de Véronique Thyberghien en direct du Salon de l’Automobile 2016.

 

 

 

François: Citoyen attentif

Alors, on change - Black out, même pas peur! (2014/9)

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