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Belgique

Salah Abdeslam s’explique sur son rôle dans la préparation des attentats de Paris

Salah Abdeslam
15 mars 2022 à 11:21Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle avec Fabrice Gérard

Salah Abdeslam répond devant la cour d'assises à une série de questions sur son rôle durant les trois mois qui ont précédé les attentats du 13 novembre 2015. Ces moments cruciaux qui ont permis aux auteurs des attaques de venir se cacher dans des planques en Belgique.

Salah Abdeslam a visiblement choisi d’esquiver les questions les plus délicates pour sa défense. Notamment le transfert de l’équipe des auteurs du "Bataclan" qu’il affirme n’avoir pas été cherché ajoutant comme pour convaincre : "si on me l’avait proposé, je l’aurais peut-être fait".​​​​​​​

Cinq déplacements pour ramener les équipes chargés des attentats

Lorsque le président l’interroge sur la raison de ses déplacements en Hongrie si ce n’est pas pour chercher les autres, il répond "pour faire des choses banales".

Les enquêteurs belges qui ont été interrogés au cours du procès ont indiqué que Salah Abdeslam était impliqué dans les déplacements qui ont été recensés dans la phase préparatoire des attentats.

Au total cinq déplacements lui sont imputés par l’accusation, au cours desquels les combattants de l’organisation Etat islamique ont été acheminés vers la Belgique à l’aide de véhicules loués sur le sol belge.

Il est notamment reproché à Salah Abdeslam d’avoir loué sous sa vraie identité plusieurs voitures, qui ont servi à trouver des planques en Belgique et aux différents déplacements d’une cache à une autre. Il est également soupçonné de deux déplacements en France pour rechercher des explosifs.

C’était pour faire péter des feux d’artifice

Lorsque le président le questionne sur ces achats de 12 boîtiers récepteurs chez un artificier en France, le principal accusé du procès répond : " C’était pour faire péter des feux d’artifice ". "Pourquoi les avoir achetés en France ", rétorque le président. C’était " à la demande de quelqu’un qui m’a dit que c’était l’endroit le plus proche " répond Salah Abdeslam, ajoutant " qu’il a remis ce matériel à la personne qui lui a commandé ".

A plusieurs reprises, la tension est palpable entre le président et l’accusé. Au " Changez de tonalité ! " adressé par le président, l’accusé rétorque " j’ai l’impression que vous êtes susceptible ". Au fil de l’audience les questions se succèdent avec des réponses qui varient en fonction de ce qui est irréfutable car déjà démontrés au cours de l’enquête et les éléments dont les contours permettent des interprétations.

Visiblement, Salah Abdeslam a choisi de ne pas révéler toute la vérité. Il l’a dit d’emblée de jeu en début d’audience : " je ne donnerai aucun nom ". A la question du président, " qui vous a demandé d’aller les chercher ", la réponse fuse " No comment ". " Comment les avez-vous reconnus si vous ne les connaissez pas ? " Pris dans ses contradictions, Salah Abdeslam esquive une nouvelle fois : " je ne vais pas entrer dans ces détails-là ".

Le parallèle avec ce qui se passe en Ukraine

Un peu plus tard, il fallait s’y attendre, le parallèle est fait avec l’Ukraine : " Ils étaient dans une zone de guerre. Je les ai aidés. C’est exactement ce qu’il se passe en Ukraine avec des gens qui vont chercher des gens là-bas ". Puis il ajoute " ils ne m’ont pas dit qu’ils venaient pour faire des attentats ".

Le président s’intéresse ensuite à l’argent : " Avec quel argent a-t-il loué les voitures ? " – "De l’argent qui vient de quelque part " rétorque l’accusé.

-"Qui vous a fourni votre fausse carte ? Ce n’est pas Karkache ?"

- "Je ne vous répondrai pas. Ce que je peux vous dire c’est que le premier voyage a permis de savoir comment ça se passait et que c’était mieux d’avoir une fausse carte en cas de contrôle".

Le président fait alors remarquer qu’il a utilisé deux lignes, l’une pour récupérer Belkaïd et Laachraoui, l’autre pour entrer en contact avec le coordinateur. "Pourquoi deux lignes ?"

-"Je ne sais pas"

Le président d’insister : "On vous a dit d’en acheter deux ?" ; – "Oui c’est ça. J’ai oublié. Avec le temps. Six ans !".

"Fallait parler plus tôt" répond le président.

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