Salah Abdeslam: les silences révélateurs de Sven Mary

Sven Mary a propos du transfert de Salah Abdeslam vers la France: "C’est la presse qui me l’a appris ce matin. Je n’étais pas au courant de sa remise en France."
27 avr. 2016 à 13:42 - mise à jour 27 avr. 2016 à 13:43Temps de lecture2 min
Par RTBF

Sven Mary, l’avocat belge de Salah Abdeslam vient de passer le témoin à son homologue français Franck Berton. Mais dans des circonstances qui auraient pu être meilleures: c’est par la presse que Sven Mary dit avoir appris le transfert de son client vers la France. Sa participation au procès parisien n’est pas assurée.

Salah Abdeslam a un nouvel avocat. Franck Berton, un pénaliste français réputé qui l'assistera dès ce mercredi après-midi, lors de son interrogatoire à Paris dans le cadre des attentats du 13 novembre.

Les circonstances du transfèrement d’Abdeslam vers la France ne doivent pas plaire à son avocat belge: "C’est la presse qui me l’a appris ce matin. Je n’étais pas au courant de sa remise en France. Il a encore été vu hier, donc voilà, on ne savait rien".

Maintenant que débute la procédure française, Sven Mary explique qu’il a cherché un successeur pour suivre le dossier depuis Paris: "On a cherché un avocat français qui est maître Berton. Un autre avocat sera connu dans quelques jours. Je pense que tout le monde doit s’organiser -Je peux parler d’expérience- quand on accepte un dossier de la sorte." Le nom du second avocat français sera bientôt transmis.

Trop tôt pour évoquer une participation au procès de Paris

Quant à savoir si Sven Mary sera partie prenante du procès des attentats du 13 novembre, la réponse est ambiguë: " Pour ma part, tout est question d’organisation avec maître Berton. C’est ce qu’il souhaite. C’est lui qui reprend les rênes. Le transfert a été fait. Je ne dis pas que ma tâche se termine. Maître Berton me demande de rester dans le dossier, mais il faut voir si c’est possible. J’ai un cabinet à Bruxelles, il y a des déplacements, il faut tenir compte de la détention préventive. Nous verrons bien pour le procès quand la cour d’Assise de Paris devra statuer sur le sort de Salah Abdeslam. On verra si l’on a encore besoin de mes services, mais il est encore trop tôt pour le dire."

Toujours avocat d’Abdeslam

Maître Mary reste en revanche l’avocat de Salah Abdeslam pour la partie belge du dossier terroriste. "Salah Abdeslam est inculpé dans les faits de la rue Dries à Forest. Il faudra voir s’il y a un renvoi devant le tribunal correctionnel. Il y a aussi le volet belge des attentats de Paris, mais tout cela sera sans doute jugé en France."

La relation avec son client

Interrogé sur les relations décrites comme difficiles avec son client, l’avocat répond  qu’il n’y a pas de souci de ce côté-là. Et lorsqu’on lui demande s’il a songé à laisser tomber le dossier au lendemain des attentats de Bruxelles, Sven Mary prend l’accent normand: "je ne le confirme pas et je ne l’infirme pas."

Sans la nommer, il ne cache en revanche pas son ressentiment à propos de la presse 

"C’est bien de critiquer les avocats, mais il faut qu’ils soient là. Le droit de la défense dans un état démocratique est nécessaire. L’Etat islamique, lui, n’a pas d’Etat de droit. Ici nous en avons un, et, pour le comprendre, il faudrait commencer par cesser d’associer les avocats à ceux qu’ils défendent." 

Pour la suite des événements, Sven Mary confirme que son client  a émis le souhait de parler avec les enquêteurs français, mais refuse d’évoquer la personnalité de Salah Abdeslam. Quant à l’article qui lui attribue la comparaison entre son client et un " cendrier vide ", il botte en touche: "je ne l’ai pas lu".