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Saint-Gilles : "Pour ne pas mourir d’ennui chez moi, j’ai commencé à photographier les passants"

Barham Achak devant ses portraits.

© B. Schmitz – RTBF

16 sept. 2022 à 15:50 - mise à jour 28 sept. 2022 à 05:47Temps de lecture2 min
Par Lisa Guillaume

Plus de 2000 petits personnages. Certains sourient, d’autres portent leurs courses, une veste de pluie ou sont masqués mais sourient tout de même dans leur regard. Tous ces visages, ils ont été capturés par Bahram Achak. Ce Saint-Gillois, d’origine iranienne, a passé une bonne partie du confinement planté devant chez lui, sur le trottoir, avec son appareil photo, pour tirer le portrait de celles et ceux qui passaient devant lui.

Pour ne pas mourir d’ennui chez moi, je suis sorti devant ma maison et j’ai commencé à photographier les passants.

En avril 2020, au moment du premier confinement, il se retrouve bloqué dans son appartement, comme presque tous les Belges. "Pour ne pas mourir d’ennui chez moi, je suis sorti devant ma maison et j’ai commencé à photographier les passants".

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Un sourire pour interpeller les gens, quelques mots, une blague et le clic d’une photo prise en quelques secondes. En quelques semaines, la magie opère et le projet prend une ampleur spectaculaire. Au total, ce sont plus de deux mille portraits que Bahram compte aujourd’hui. Plus que des portraits, ce sont des instantanés de sincérité partagés par le photographe et les passants.

Chaque personne que je voyais stressée ou triste, j’ai tout fait pour lui redonner le sourire.

Son appareil entre les mains, l’homme nous confie qu’il a souvent saisi l’occasion de la photo pour apporter un peu de réconfort dans le quotidien des passants : "Chaque personne que je voyais stressée ou triste, j’ai tout fait pour lui redonner le sourire".

Une partie des portraits réalisés par Bahram Achak
Une partie des portraits réalisés par Bahram Achak B. Schmitz – RTBF

Des moments précieux dans une période compliquée qui lui ont aussi apporté beaucoup à lui. "Ce ne sont pas des portraits, ce sont mes médecins, mes guérisseurs. J’ai partagé avec eux des choses que je n’ai pas dites à mon médecin ou à mon psy". C’est aussi la raison pour laquelle il poursuit ce projet, alors que la vie a repris son cours presque normal, après la pandémie. Bahram Achak s’est fixé comme objectif d’atteindre les cinq mille portraits et, si possible, "de pouvoir aller les offrir au roi". Histoire aussi de pouvoir leur confier un souvenir de ce qu’ont été la Belgique et une partie de Bruxelles pendant l’épidémie de Covid.

Le photographe a commencé à exposer tous ces clichés, d’abord à l’hôtel de Ville de Saint-Gilles lors des Journées du patrimoine, "puis dans quelques semaines à d’autres endroits de la commune. C’est en cours de réalisation". En attendant, vous pouvez découvrir son travail sur son compte Instagram.

Photographe de rue de Saint-Gilles qui a fait sourire les passants pendant confinement

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