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Tennis

Saga Djokovic : Le test positif au Covid-19 du Serbe a-t-il été antidaté ?

En cas de falsification avérée de son test Covid, le "Djoker" pourrait écoper de trois ans de suspension de la part de l’ATP. A 34 ans, Djokovic s’apprête donc à jouer le match de sa vie…
12 janv. 2022 à 07:08 - mise à jour 12 janv. 2022 à 11:472 min
Par Christophe Delstanches

Nouveau rebondissement dans la saga Djokovic. Selon une enquête menée par le magazine d’investigation allemand, Der Spiegel, le test positif au Covid-19 du joueur Serbe pourrait avoir été falsifié. Si les faits sont avérés, le joueur serbe risque jusqu’à 3 ans de suspension. Mais tous les experts ne s’accordent pas encore sur les conclusions à tirer de ces éléments.

Le test du 16 décembre pourrait être celui… Du 26 décembre…

Officiellement, Novak Djokovic a été positif au Covid-19 le 16 décembre dernier. Un test qui a permis au numéro 1 mondial, d’obtenir une exemption médicale, de la part de la Fédération australienne de tennis. Un sésame importantissime lui offrant la possibilité de participer à l’Australian Open, sans être vacciné.

Seulement voilà, tout ne semble pas avoir été fait dans les règles. Pour le magazine allemand, Der Spiegel, le calendrier avancé par l’entourage de Djokovic pose question. Le média allemand révèle que ce test positif daterait du 26 décembre et non pas du 16 décembre.

3 éléments sèment le trouble

Plusieurs éléments dans ce dossier sèment le trouble :

-L’horodatage du QR code du test positif correspond au 26 décembre et non pas au 16 décembre.

-Le numéro d’identification du test positif (7371999) est supérieur à celui du test négatif datant du 22 décembre (7320919).

-Le QR code du test positif affichait " résultat négatif " sur le site officiel de l’administration serbe, avant d’afficher " résultat positif " dans un second temps.

Côté belge, on appelle à la prudence

Du côté belge, Axel Legay, ce professeur en informatique de l’UC Louvain qui a participé à la mise en place de Coronalert, tempère.

"On va vite pour tirer des conclusions. On ne sait pas si les numéros des tests et les fameux timestamp sont générés de façon séquentielle ou autre. Donc, tant qu’on ne sait pas comment le système serbe a été mis en place, on ne peut rien conclure de façon définitive. On sait qu’en sécurité on utilise un certain nombre de gadgets afin de protéger la vie privée. Est-ce que ces gadgets ont été utilisés ici ou pas ? Je ne le sais pas. Mais il faut faire preuve de modération avant de tirer des conclusions. Il faudrait maintenant que les enquêteurs demandent les spécifications du système à la Serbie. Il existe un accord entre la Serbie et l’Europe pour l’authentification des tests, donc les spécifications ne sont pas cachées. Et une fois qu’ils auront la connaissance du système, ils pourront assez facilement et rapidement voir s’il y a eu tricherie. Si la collaboration est bonne, et que la Serbie ne se sent pas agressée par tout le bruit autour de cette histoire, ça pourrait se faire en quelques heures."

Il participe à des événements, sans masque, juste après son test positif

On se demande aussi pourquoi le joueur Serbe a continué ses activités normalement après le 16 décembre.

Le 17 décembre il assiste, sans masque à une cérémonie pour mettre en avant les jeunes joueurs serbes à Belgrade.

Le 18 décembre, il reçoit des journalistes du quotidien "l’Equipe", qui lui remettent le "trophée de champions des champions" pour l’année 2021.

Un champion des champions qui risque gros, très gros. En cas de falsification avérée, le "Djoker" pourrait écoper de trois ans de suspension de la part de l’ATP. A 34 ans, Djokovic s’apprête donc à jouer le match de sa vie…

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