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Safranloy : première safranière bio de Belgique

28 juil. 2022 à 10:07 - mise à jour 28 juil. 2022 à 10:07Temps de lecture3 min
Par Cynthia Neuprez

A 45 ans, Laurence Mahin s’est lancée dans la culture de Safran. Elle quitte son travail de secrétaire médicale et revient à la terre de son enfance. Un pari fou, pour retrouver le bonheur.

La culture de l’or rouge était bien loin de l’ancien mode de vie de Laurence Mahin. " J’ai découvert la culture de safran dans une émission TV des années 2000. Et j’ai laissé ça dans un coin de ma tête ", explique Laurence Mahin. Cette petite-fille d’agriculteur a baigné toute son enfance dans une manière de vivre très rurale. Elle choisit pourtant une carrière dans le médical. Loin de la terre. A 40 ans, et suite à un divorce, Laurence Mahin remet sa vie en question. " J’ai eu une grande réflexion sur ma vie, sur mon travail. J’avais envie d’une vie plus simple et naturelle ", explique la safranière. Laurence Mahin veut retrouver la culture de la terre de son enfance. Et sans crier gare, l’idée du Safran est revenue.

@Safranloy

1er bulbe commandé sur internet

Son compagnon, Alain, lui offre ses 20 premiers bulbes de safran en 2014. " Ça a fleuri, je trouvai ça très chouette ", dit Laurence Mahin. S’ensuit une formation de jeune safranière à Wasseige. Deux fois deux jours pour appréhender un peu mieux son nouveau loisir. " On est revenu avec 1250 bulbes et on a récolté 8 grammes de safran. Je trouvais ça toujours aussi sympa ", se souvient Laurence. Leur récolte permettait de parfumer leurs plats au safran pendant plus d’une année. C’était trop. Naturellement, Laurence crée un produit dérivé qui pourra conserver le safran : la confiture potiron-safran. Elle en parle autour d’elle, et tout s’enchaîne très vite.

@Safranloy

Pause carrière

En 2015, Laurence Mahin prend une pause carrière à mi-temps et se lance comme safranière en indépendante complémentaire en créant Safranloy. En 2016, avec Alain, ils plantent 5000 bulbes supplémentaires. Elle vend alors ses produits au safran sur les marchés et essaye de faire découvrir le safran. " On a fait beaucoup déguster et découvrir. J’étais moi-même étonnée de l’intérêt des gens de la région. Ça a pris plus vite que ce qu’on aurait pensé ", explique-t-elle. L’or rouge trouve son public. En 2018, Laurence Mahin prend un statut d’indépendante à titre principal pour s’adonner pleinement à sa passion.

@Safranloy

Changement de vie et renaissance

C’était un pari fou et très critiqué. " J’avais une sécurité et un boulot à temps plein. Les gens ne comprenaient pas que je n’étais pas heureuse ", explique-t-elle.

" On ne quitte pas un CDI de plus de 15 ans dans le médical pour aller cultiver dans les champs. C’est ce que pensaient les gens ", dit Alain qui a encouragé Laurence à sortir de sa zone de confort et se lancer. Safranloy devient la première, et encore unique, safranière bio de Belgique. " On a complètement changé notre manière de vivre ", dit Laurence Mahin. Les produits au safran sont faits avec les légumes cultivés sur place. " On cultive nos légumes, on fait nos conserves. La vie est plus simple ", dit Laurence Mahin. En parallèle avec le safran, elle produit et déshydrate des épices pour en faire des mélanges. " Je m’étais complètement éteinte au niveau de la réalisation de moi-même dans mon ancien travail. Depuis, je revis. J’ai vraiment l’impression d’être quelqu’un et d’exister. Et maintenant, je profite aussi de ma vie de famille ", explique Laurence Mahin.

@Safranloy

Autodidacte

Comme une apprentie sorcière, Laurence Mahin essaye des nouvelles recettes, des nouveaux mélanges d’épices et des nouveaux produits dérivés du safran régulièrement. Tout ce qu’elle fait, c’est d’abord pour elle, puis c’est commercialisé. Aujourd’hui, après 5 ans, elle n’a aucun regret. Laurence Mahin partage son temps entre le safran, son jardin et ses herbes aromatiques. " Le côté financier n’est pas toujours facile, mais je veux que ça reste du fait maison. Je ne veux pas produire plus que ce que je peux faire moi-même. Ma meilleure rémunération, c’est mon bonheur et ma qualité de vie ", souligne Laurence Mahin. Sa culture s’étend aujourd’hui sur 60 ares.

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