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Grandeur nature

Romane Heinen, nous résume sa semaine dans la peau d'une reporter

 Romane Heinen, nous résume sa semaine dans la peau d'une reporter
29 nov. 2018 à 06:451 min
Par Grandeur Nature

Cette semaine, la Belgodyssée nous a emmenés derrière les barreaux de deux prisons belges. Une expérience marquante et humaine, du nord au sud de notre pays et loin de tous les préjugés.

C’est autour d’une bière dans un café bruxellois que Dries et moi avons trouvé le sujet de nos reportages : la culture en milieu carcéral. Que se passe-t-il quand on vous enlève votre liberté en toute légalité pour assurer celle des autres ? Quelques semaines avant le début de nos aventures, c’était plié. Nous avions la chance de très bien comprendre la langue de l’autre. Nous nous exprimions donc chacun dans sa langue maternelle, c’était rapide et facile. Ce qui devait être un peu perturbant pour les gens qui nous croisaient. Dries me posait sa question en néerlandais, je répondais en français et il enchaînait à nouveau dans sa langue.  

Grâce à la Belgodyssée, nous avons eu l’opportunité de visiter des endroits où peu de gens mettent les pieds, à moins d’y être obligés. À la prison de Hoogstraten, aux allures de Poudlard et au régime ouvert, j’ai été agréablement surprise. Les détenus sont détendus, participent à des activités de loisirs le soir et se forment ou travaillent la journée. Pour moi, c’est l’exemple idéal de ce que la Belgique peut offrir en matière d’incarcération.

Le lendemain, nous sommes allés à Mons, son parfait contre-exemple. La représentation de tout ce qui va mal dans ce système. Les détenus qui ne travaillent pas (80%) restent dans leur cellule de 9m carrés à 2, 3 ou 4 presque 22h sur 24 dans l’attente de la sortie au préau ou d’une visite. De plus, les lieux ne sont plus adaptés et trop vieux pour accueillir tout ce monde (400 personnes dont une aile psychiatrique et une section pour femmes). En ressortant, Dries et moi avions le coeur un peu lourd. Nous en avons discuté dans le train, tout le long du trajet retour. Nous nous sommes même dit que sur un sujet aussi important, il fallait faire les choses bien et que nos reportages devaient refléter cette réalité.

Cependant, nous avons été chaleureusement accueillis et ce, dans les deux prisons. Nos intervenants nous ont fait visiter les lieux de fond en comble et, ce, avec recul et criticisme quant à la difficulté de la vie en prison.
 

Romane Heinen

 

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