Roland Garros - Tennis

Roland-Garros – Xavier Malisse fait partie des "Légendes" du tournoi 2022

Mats Wilander et son partenaire de double à Roland-Garros, Xavier Malisse

Xavier Malisse est l’un des joueurs belges qui participent au tournoi de Roland-Garros cette année. Mais il a intégré le tableau d’une épreuve à part, le Trophée des Légendes, moins "officielle" que les autres. Elle permet aux "anciens" de jouer en s’amusant, et aux fans nostalgiques de revoir leurs idoles d’antan, Martina Navratilova, Gabriela Sabatini, Goran Ivanisevic et tous les autres. Dont l’ancien numéro un belge, X-Man.

Entretien avec Xavier Malisse…

Xavier, comment allez-vous ?

Et bien, ça roule, tout va bien. Je pense que je me suis bien intégré dans le milieu du coaching, après avoir arrêté de jouer. J’aime entraîner, et j’adore jouer des tournois de légendes. Je suis vraiment content d’être invité ici.

Comme se passe votre collaboration avec le Sud-Africain Lloyd Harris, le joueur que vous entraînez ?

Il a plus de mal, cette année, que l’année dernière. Il n’est pas au top, physiquement. Il a eu le Covid, et des soucis personnels. Il faut apprendre à gérer cela aussi. Il a perdu au premier tour de Roland-Garros. Bon, il a fait un troisième tour à Indian Wells et un quatrième tour à Miami, et ce n’était pas si mal. Il faut encore apprendre à jouer avec la pression, à défendre ses points. Et c’est un peu difficile pour lui. Mais sinon, cela marche bien. On fait notre travail, et c’est cool, j’aime bien. Je ne travaille pas avec lui à temps plein. J’aime bien le mélange entre mes tournois sur le Champions Tour, et le fait de l’accompagner sur le circuit.

Vous jouez donc le Trophée des Légendes de Roland-Garros avec Mats Wilander…

Nous ne choisissons pas nos partenaires, mais pour moi c’est fabuleux d’être avec lui. J’ai joué contre lui quand j’avais six ans, à Waregem, là où j’ai commencé le tennis. Il était le parrain du club. C’était mon idole. J’ai déjà joué contre lui, au Champions Tour, mais je n’avais jamais joué avec lui. C’est ce que j’aime, dans le tennis des Légendes, tu joues avec des gens qui ont été tes idoles. Le plaisir, c’est cela qui compte, et pas les résultats. Il s’agit de faire un show, et de jouer avec lui, je trouve ça magnifique. Et c’est cool, d’être encore présent lors de la deuxième semaine du tournoi, et de voir des matches. Roland-Garros a beaucoup changé, depuis que j’y étais venu la dernière fois. C’est beaucoup mieux, c’est plus grand, c’est beau. Je suis content d’être là.

Xavier Malisse à Roland-Garros

Qu’allez-vous donner comme conseils à Mats Wilander, vous qui êtes plus jeune que lui ?

Ne pas trop courir, pour ne pas se blesser (rires), et me laisser faire. Mais non, on s’entend bien. Il est à fond dedans. Mais peu importe le résultat. Je ne pense pas que dans cinq ans, quelqu’un se souviendra du nom des vainqueurs du Tournoi des Légendes. On joue juste pour le plaisir.

Le public vous reconnaît-il encore ?

Oui, parfois. Les gens cherchent une queue-de-cheval (rires). Mais il y a aussi beaucoup de Belges présents. Je m’amuse, et c’est cool de rencontrer des fans. Ils sont sympathiques. C’est bizarre, parce que quand je jouais, les gens n’étaient pas toujours cool avec moi. Maintenant, ils me remercient pour ce que j’ai fait pour le tennis belge à l’époque. C’est pour cela aussi que l’on joue. Et pas que pour nous. Nous, on retient nos propres résultats. Mais les amateurs de tennis retiennent de bons moments. Et cela fait plaisir.

Vous êtes encore super-fit…

Ca, c’est un grand mot. J’essaie de tenir un certain poids, mais je suis un peu plus gros l’hiver. A cette période-ci, je joue plus, je fais du physique, parce que je sais que j’ai quelques tournois à jouer. Et je joue beaucoup au golf. Le padel, j’adore aussi, mais je n’ai pas trop le temps, parce que je voyage beaucoup avec Lloyd Harris. Si je suis à la maison, je passe du temps avec mon frère et sa famille.

Maintenant que vous êtes coach, que diriez-vous au joueur que vous étiez ?

Je lui dirais beaucoup de choses (rires). Si on est à côté du court, on voit beaucoup plus de choses. Quand on joue, on est dans notre bulle. C’est dommage. Je changerais quelques petits trucs, si c’était à refaire. Mais je n’ai pas trop de regrets. Ok, on fait des bêtises, mais c’est normal. Si j’avais su, j’aurais été un peu plus calme. C’est facile à dire maintenant, mais c’est plus compliqué de le faire.

Les jeunes ne sont jamais fatigués, j’ai l’impression que les crampes n’existent plus

Il y a deux fameux joueurs qui arrivent dans le top mondial : Carlos Alcaraz et Holger Rune, qui ont atteint les quarts de finale de ce tournoi.   Quel est votre avis, à leur propos ?

Ces jeunes frappent avec une force incroyable. Et ils jouent super-bien les points importants. Il n’y a plus de stress. J’ai l’impression qu’avant, les jeunes rataient des points cruciaux, ce que l’on ne voit pas avec ces deux joueurs. Alcaraz est encore d’un autre niveau, et c’est énorme d’être déjà top 10 à son âge. C’est impressionnant de voir à quel point ils sont déjà au point physiquement, aussi. Ils ne sont pas fatigués, ils jouent des matches en cinq sets sans problème. J’ai l’impression que les crampes n’existent plus. Quand je jouais, il y avait des crampes partout. Et ils tapent tellement vite. Ils sont forts tactiquement, physiquement, mentalement. C’est un peu comme s’ils jouaient déjà depuis quinze ans.

Et que pensez-vous du coup droit d’Alcaraz ? Il est déjà à la hauteur du vôtre ?

Non, pas encore (rires). Il a une vitesse et une précision impressionnantes, à dix-neuf ans. Mais je le disais encore à Mats Wilander, les jeunes veulent taper, et encore taper. Il n’y a plus de slice. Alors que nous, on en faisait, c’est une bonne manière de défendre, un bon truc pour ralentir le jeu. Maintenant, tout le monde est fort physiquement, et cela tape à fond. Rune a un bon toucher, et il fait beaucoup d’amorties. Alcaraz aussi. Ca change un peu le jeu. Si je devais rencontrer de tels joueurs, je ferais des slices. Si on veut taper aussi fort qu’eux, on a perdu d’avance.

David Goffin peut faire un bon Wimbledon

Avez-vous vu jouer David Goffin dernièrement ? Il est régulièrement blessé. Est-ce un hasard ?

Il a toujours été un peu sensible aux blessures. Mais je dois dire que le niveau qu’il a montré ces deux derniers mois avait beaucoup augmenté. Il a fait trois, quatre, cinq ans de très haut niveau. Et quand cela a été moins bien, tout le monde a commencé à dire que c’était fini pour lui. Non, ce n’est pas fini, c’était juste un moment difficile. Cela peut toujours repartir après un ou deux bons matches. Il jouait bien, à Rome et à Madrid. Notamment contre Nadal, où la différence s’est faite sur un point. J’ai vu quelques-uns de ses récents entraînements, et on constatait que son mental allait mieux, et qu’il retrouvait la confiance. Il a bien joué, à Roland-Garros. Et il est allé jusqu’au troisième tour, ce qui est plutôt bien. C’est dommage que parfois, il a des blessures. Quand cela arrive, on n’a pas grand-chose à faire. Le tennis est devenu très physique, et il faut être à 100% tout le temps. Mais je pense qu’il est sur le bon chemin. Il a le moral, et je pense qu’il peut faire un bon Wimbledon.

Le tennis semble toujours être votre passion…

Oui, et sinon je ne serais plus là. J’ai beaucoup de chance de jouer sur le circuit des Légendes, et de pouvoir combiner avec le coaching. J’ai trouvé ma voie. J’adore, de plus en plus. J’entraîne un bon mec, avec qui je m’entends bien. Quand on est joueur, c’est difficile d’autant apprécier le tennis. Une carrière passe très vite. On peut toujours avoir des regrets, mais je n’en ai pas trop, il ne faut pas vivre dans le passé. Ma carrière a été réussie. Je changerais peut-être deux ou trois décisions que j’ai prises, mais c’est comme cela. J’ai aussi appris de mes erreurs, et je peux utiliser cela dans mon travail de coach.

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