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Roland Garros - Tennis

Roland-Garros : Gilles Arnaud Bailly, le junior belge qui rêve de conquérir Paris

Gilles Arnaud Bailly, junior belge à Roland-Garros

Gilles Arnaud Bailly est l’un des cinq juniors belges présents à Roland-Garros cette année, garçons et filles confondus. Et il est le seul à s’être qualifié pour les huitièmes de finale du tournoi de simple. Au troisième tour, le jeune homme de seize ans va affronter le numéro un mondial chez les juniors, l’Américain Bruno Kuzuhara, vainqueur de l’Australian Open en janvier.

Entretien et découverte, avec Gilles Arnaud Bailly…

Quelles sont vos impressions, sur Roland-Garros, que vous découvrez de l’intérieur cette année ?

J’étais venu ici quand j’étais petit. Et j’étais là l’année dernière, pour voir mon frère, Pierre Yves, dans le tournoi junior. Mais maintenant que je joue, je constate que c’est super, et que c’est un tournoi extraordinaire. L’organisation, les courts, tout est bien. Tout est réglé comme chez les pros, et je découvre un nouveau monde. En plus, j’ai joué deux bons matches, donc je suis très content.

Quel âge aviez-vous, quand vous êtes venu la première fois ?

Je devais avoir douze ans. Et c’était un rêve, de venir. Et c’est un autre rêve qui se réalise, maintenant que j’y joue. J’ai déjà croisé Djokovic et Ruud. En Australie, j’avais réussi à avoir une photo de moi avec Nadal. Donc je vais essayer d’en avoir une avec Djoko. Dommage que David Goffin ne soit plus là.

Quel est votre joueur préféré ?

C’est Roger Federer, mais il ne joue plus beaucoup. Après, c’est Djokovic. J’aime son attitude, son mental. Et maintenant, je commence à aimer Alcaraz. Je trouve que son attitude est extraordinaire aussi.

Vous avez seize ans. Alcaraz est à peine plus âgé, puisqu’il a dix-neuf ans…

J’ai gagné un tournoi en Espagne, et je sais qu’il l’a gagné aussi, il y a trois ans. Mais je suis conscient que j’ai un long chemin à parcourir, avant d’arriver à son niveau. Je dois encore beaucoup m’améliorer, et sur tout. On verra où je serai dans quelques années.

Quand on vous écoute, on perçoit un léger accent. Racontez-nous votre histoire…

Ma mère est flamande et mon père est francophone. Il vient de Seraing. Je parle les deux langues, et je suis à l’école en flamand. J’habite à Bilzen, et je m’entraîne à Hasselt. Mais je suis affilié au club de Visé, et je suis soutenu par l’Association Francophone de Tennis.

Et vous avez donc un frère qui joue aussi au tennis…

Il habite aux Etats-Unis, lui. Partir aussi aux Etats-Unis est une option. On verra où j’en serai l’année prochaine, au classement. Je vais jouer des 15.000 dollars. Si j’ai le niveau et un classement satisfaisants, je resterai en Belgique. Sinon, je tenterai l’expérience d’aller un an ou deux aux Etats-Unis, avant de passer professionnel. Je suis encore à l’école, en cinquième. Dans un an, soit je ne me consacre qu’au tennis, soit je pars aux Etats-Unis, pour combiner études et tennis.

Ce seront bientôt les examens…

J’essaye de ne pas trop y penser, parce que cela me stresse. Je tente de d’abord profiter de ce tournoi, et ensuite je penserai à mes examens. Je suis dans une école normale, à Genk, mais j’ai des facilités pour aller jouer mes tournois. Les professeurs sont géniaux, et ils m’aident beaucoup. Sans cela, j’aurais dû faire le jury central. Mais je n’aime pas trop cela, parce que les liens sociaux sont très importants pour moi.

Vous avez déjà gagné deux rencontres, à Roland-Garros. Vous êtes maintenant en huitième de finale. Vous êtes venu avec quelles ambitions ?

Je suis venu ici parce que je me sentais bien, et que je venais de gagner deux tournois sur terre battue. Je me suis dit que j’avais une chance. Je n’ai pas participé à l’Astrid Bowl, la semaine dernière, pour arriver à Paris avec plus d’énergie. J’espère aller loin. Mon tournoi est déjà réussi, et tout ce qui arrivera sera du bonus. Je vais essayer d’arriver en finale, ou de gagner. On verra.

Et quel est votre rêve, pour votre carrière ?

Le rêve, ce serait de devenir numéro un mondial. D’être la meilleure version de moi-même. Et si c’est top 100 ou top 50 mais que j’ai donné le maximum, ce sera bien. Sinon, j’espère gagner un Roland-Garros chez les grands.

Comment pourrait-on décrire votre jeu ?

Mon coup fort a toujours été mon revers. Je n’ai pas la technique de Djokovic, mais j’essaye de le regarder et de faire un peu comme lui. Je trouve qu’il a un revers magique. Je travaille sur mon coup droit, parce que tout le monde a un super coup droit, et je dois donc m’améliorer. Sinon, ça ne va pas marcher. Je dois encore beaucoup améliorer mon service. Je sais que cela demande énormément de travail.

Et mentalement, cela va ?

J’ai un coach mental, qui m’aide beaucoup. Après le coronavirus, j’avais du mal, mentalement. Je n’étais pas au fond du trou, mais je n’étais pas très bien. J’essaye d’avoir des routines, et de rester très calme sur le court. Avoir des pensées très claires m’aide beaucoup. Pour moi, le mental est très important.

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