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Robert Vertenueil (FGTB): une pension à 1500 euros, "c'est un choix politique"

Robert Vertenueil (FGTB):
30 janv. 2018 à 07:36 - mise à jour 30 janv. 2018 à 07:36Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge

Le patron de la FGTB, invité de Matin Première ce mardi, est revenu sur sa volonté d'avoir une pension à 1500 euros minimum, "première étape des choses qu'il faut faire en matière de pension".

"Les pensions aujourd'hui sont beaucoup trop basses. On est en moyenne à un peu plus de 1100 euros pour les hommes, à 800 euros pour les femmes", explique Robert Vertenueil, "en-dessous du seuil de pauvreté qui est de 1157 euros. Comment peut-on considérer que les gens peuvent vivre avec ça ?".

Et s'il reconnaît que c'est un héritage du passé, il déclare que "si le gouvernement s'inquiète de l'avenir, il doit se mettre autour de la table et négocier sereinement". "Passer en force" n'est pas une bonne idée selon lui.

Comment trouver les fonds pour financer cette pension ?

Pour le Secrétaire général de la FGTB, une telle mesure coûterait "1,6 milliard pour le secteur privé, ça coûte 600 millions pour les indépendants", soit un total de 2,2 milliards d'euros.   

"Alors, un moment donné, il faut faire des choix politiques. Le gouvernement en fait, il en fait de mauvais, moi je lui demande s'il est capable d'en faire des bons. Je demande quels sont les partis politiques qui vont être capables de dire je reprends le projet, la proposition de la FGTB et effectivement, je la défends. 2,2 milliards, ce n'est pas difficile à trouver dans un budget. Et c'est évidemment loin des 50 milliards qu'un apprenti sorcier, apprenti comptable, a lâché il n'y a pas longtemps dans une interview, en disant que cela allait coûter plus de 50 milliards !".   

La FGTB veut aussi un retour de la pension à 65 ans

Reste que les autres propositions faites par la FGTB (revalorisation de la pension légale, revalorisation salariale, etc.), coûtent aussi de l'argent. 

"On est aux alentours de 6,5 milliards ou 7 milliards", répond Robert Vertenueil. "Mais ce n'est pas un projet que l'on demande de faire du jour au lendemain, il y a des étapes. Première étape : on met les pensions minimum à 1500 euros, c'est payable facilement, c'est pas difficile à trouver ; deuxième étape : on tend vers les 75% de couverture, et ça on le fait de manière graduelle. Par exemple, en commençant par remonter le taux des isolés vers le taux des ménages (...) Et surtout, on prend la mesure de ramener les pensions à 65 ans parce que l'espérance de vie en bonne santé, c'est 64 ans, pas 67 ans".

"Mr Bacquelaine lit mal les rapports"

Au ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine, qui accuse les syndicats de faire du "fake news", le patron de la FGTB rétorque que le ministre libéral "lit mal les rapports". "Il prétend que les pensions ont été augmentées (il a cité le chiffre de 900 millions), mais il n'a rien fait du tout. Il a simplement appliqué la loi sur le bien être, qui lie les pensions au bien être, et c'est l'application d'un accord entre les partenaires sociaux que les choses se font. Un loi qui a été votée bien avant le gouvernement Michel."

"Pour le reste", ajoute-t-il, "les dispositions qu'il s'apprête à mettre en mesures, c'est moins. Dans son système aujourd'hui de pénibilité pour les services publics, si on applique ce qu'il veut mettre en place, il y a un certain nombre de personnes qui, aujourd'hui, dans les services publics auront moins de pensions que ce qu'ils auraient dans le système actuel".

Ses pistes pour trouver les 7 milliards d'euros   

La tax shift est une piste pour Robert Vertenueil puisqu'en 2016, les patrons en ont profité pour un montant d' 1,17 milliard, "le rapport du Conseil Central de l'Économie vient de le dire. Et si on prend le coût de la tax shift pour la part qui revient aux employeurs entre 2016, 2017 et 2018, on est à 5,78 milliards". 

Donc pour lui, c'est simple, il y a un choix politique à faire : "Est-ce qu'on va au moins dans ce pays, une fois pour toute, faire une vraie réforme fiscale ? C'est à dire une réforme fiscale qui va faire en sorte que l'on lutte d'abord contre la fraude fiscale. Entre 25 et 32 milliards échappent à la fiscalité dans ce pays. On prendrait 10% du chiffre le plus bas, il n'y a plus de problème budgétaire !".

Et de rappeler que la taxation sur les plus-value dans la moyenne des pays de l'OCDE est "beaucoup plus supérieure à la Belgique. Elle ne pourrait d'ailleurs pas être moins que supérieure puisqu'en Belgique, c'est zéro".

Mais il faut du "courage politique", selon lui, "soit on préfère appauvrir les gens, prendre l'argent dans la poche de ceux qui n'en ont pas beaucoup pour le donner aux riches ; ou bien, on demande aux riches d'en donner un peu plus"