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Robert Stéphane, le premier visage du journal télévisé belge

Robert Stéphane, le premier visage du journal télévisé belge
28 oct. 2013 à 14:40 - mise à jour 28 oct. 2013 à 14:58Temps de lecture3 min
Par Wahoub Fayoumi

C'est l'époque des premiers postes de télé, et des premiers JT. Au début, ces derniers venaient de France: l'Institut National de radiodiffusion payait pour diffuser en Belgique le journal de la RTF, la Radio Télévision française.

Mais dès le 30 aout 1956. l'INR veut du belge, de l'info quotidienne. Elle décide d'acheter ses images d'agence en direct. L'actualité entraine aussi le changement. La France est entrée en conflit pour le canal de Suez. Relayer le JT de nos voisins devient difficile.

"Le patron me dit: écoutez, il se passe quelque chose de grave", raconte le journaliste Robert Stéphane. "Les ambassades arabes sont venues protester auprès du ministre belge des affaires étrangères en demandant : ‘Est-ce que vous êtes solidaires de nos agresseurs, est-ce que vous jouez avec les français contre nous en diffusant ce journal télévisé? Ou est-ce que vous allez arrêter ça?’. Et le ministre dit : ‘non nous allons arrêter ça’".u

Le premier visage du JT

La catastrophe du Bois du Cazier s'est aussi déroulée quelques jours plus tôt. l'INR a proposé des éditions spéciales, et se rend compte, à cette occasion, de l'importance de faire une place à l'actualité belge dans le JT.

Pour les premiers rendez-vous de ce journal, que des images commentées. Mais le 6 novembre 1956, un journaliste vient enfin en plateau. Pour lire des infos: Robert Stéphane devient alors le premier présentateur du journal télévisé en Belgique. "C’est la première fois, ce soir là, le 6 novembre 1953 que j’ai mis ma tpete devant une caméra de télévision", se rappelle-t-il.

Le 6 novembre, cela fera 60 ans que le JT rythme nos journées:

"Le journal radio du soir passait à 7h30, les nouvelles à la télévision à 8h00. Il fallait jongler, avoir fini le journal assez tôt ou ne pas être à la fin du journal parlé qui était très long à cette époque. Il fallait dévaler les escaliers pour arriver au studio 5", se rappelle René Thierry, un autre pionnier du JT.

La course folle débute entre les locaux de la petite rédaction, rue Dautzenberg à Ixelles, et le studio situé 350 mètres plus loin, place Flagey.

A l'époque, les caméras sont lourdes, les tournages sur le terrain se font en film, qui doit être développé avant le montage. Les images arrivent de l'étranger par avion, parfois cinq jours après le tournage. L'information n'est pas toujours immédiate.Mais les journalistes de l'époque vont pallier à cela en parlant de l'actu autrement: ils se montrent didactiques et optent volontiers pour la mise en scène. "On avait le sentiment qu’on faisait quelque chose de neuf, évidemment", raconte Robert Stéphane. "Et on le faisait avec des gens qui n ‘ont jamais fait de télé".

"Faire de la pédagogie des enjeux par le spectacle"

"Nous étions les seuls journalistes qui avions passé des examens très importants, tandis que du côté de la télé on avait engagé des saltimbanques pour divertir le peuple", sourit-il.

Depuis, le journaliste a gardé sa passion de la télévision. Il a contribué au lancement de  RTC liège et de TV5. "C’est un outil qui reste extraordinaire, mais q qui change de façon très importante. Dans le studio 5, c’était incroyable : nous étions tous  sur une surface de 15 mètres sur 15, dans laquelle il y avait une speakerine, Jeanine Lambotte, avec les gens qui faisaient de la musique, des variétés du théâtre, et puis le présentateur du JT qui était face caméra sans prompteur".

Robert Stéphane, le premier visage du journal télévisé belge

La télévision, un média qui change vite : "On a changé d’époque, en même temps, on, se bat du cote de la RTBF pour que ce ne soit pas un complet changement", ajoute Robert Stéphane.

"Les sujets sont plus courts, plus nombreux, et des éléments importants sont plus difficiles à transmettre".

 

"Le service public c’est le fait de faire de la pédagogie, des enjeux par le spectacle : très bel enjeu, mais très difficile".

Regardez l'entièreté d' l'interview de Robert Stéphane, dans le JT de 13heures, ci-dessous:

L'invité du JT : Robert Stéphane

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