Tour de France

Richard Virenque: "Je suis devenu populaire à mon insu!"

Richard Virenque

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08 juil. 2018 à 06:57 - mise à jour 08 juil. 2018 à 06:57Temps de lecture2 min
Par Kevin Paepen avec Samuel Grulois

Il y a 20 ans, la célèbre " Affaire Festina " éclatait à 3 jours du grand départ du Tour de France. Une Grande Boucle qui devait s’élancer depuis Dublin, en Irlande. Le 8 juillet 1998, le soigneur belge de l'équipe Festina, Willy Voet est arrêté au petit matin à la frontière franco-belge. Dans le coffre de son véhicule, les douaniers vont faire une découverte stupéfiante : 235 ampoules d'EPO, des hormones de croissance, des doses de testostérone, mais aussi des amphétamines et des corticoïdes. Un cocktail explosif qui sera à l’origine de l’un des plus grands scandales de dopage de l’histoire.

Willy Voet est placé en garde à vue et finit par tout déballer ! 10 jours plus tard, tous les coureurs de l'équipe dirigée par Bruno Roussel quittent le Tour de France. A l’époque, Richard Virenque est le leader de cette formation. C’est le chouchou du public français. Le grimpeur est l’un des favoris de la course. Aujourd’hui, son nom reste étroitement lié à cette affaire de dopage, mais Virenque est toujours présent sur le Tour de France. Depuis plus de 10 ans, il est consultant auprès de nos confrères d’Eurosport.

"Je savais de quoi était fait le peloton. On m’a demandé de parler, mais j’ai longtemps adopté l’attitude de l’époque. J’ai nié, mais à un moment donné, la pression était telle que j’ai dû passer aux aveux. J’ai été condamné à un an de suspension. J’ai payé ! J’ai payé médiatiquement, financièrement et après j’ai pu rebondir. Mais aujourd’hui, je dois être l’un des seuls à pouvoir en parler. Si vous posiez ces questions à d’autres anciens coureurs, ils fileraient. Ils fuiraient les questions que vous posez."

Richard Virenque conserve une certaine amertume par rapport à toute cette affaire, mais il a aussi réussi à s’en servir pour rebondir.

"Je suis devenu populaire à mon insu. J’ai eu une notoriété que certains n’avaient pas et aujourd’hui, je travaille encore sur le Tour de France ou d’autres courses. Je suis toujours applaudi et aimé par le public. Pour moi, le public a bien compris la supercherie. J’ai porté le bonnet d’âne pour tout le monde. J’aurais peut être dû capituler tout de suite. Rentrer dans un moule. Dire les choses. Mais ce n’était pas dans mon caractère. A l’époque, on était bien content de nous mettre dehors. Il ne faut pas oublier qu’en 1996, je suis 3ème du Tour de France. En 1997, je suis 2ème du Tour. J’arrive donc en 1998 avec une équipe pour gagner le Tour. Et on m’exclut du Tour à cause d’un soigneur qui fait du trafic. J’ai eu la malchance que mon soigneur se fasse arrêter. Aujourd’hui, le temps est passé et moi, je suis toujours là."

20 ans plus tard, Richard Virenque se réjouit surtout de voir un cyclisme plus propre qu’à son époque.

"L’affaire Festina a au moins permis une prise de conscience. Certains ont pris conscience qu’il ne fallait plus continuer dans cette voie. Certains disent que Festina trichait et que les autres, c’étaient des cadors. Ce n’était pas ça. Il faut remettre les choses dans leur contexte. Sortez les analyses de 1998, sortez tous les noms du peloton et vous verrez quels coureurs étaient dopés. Aujourd’hui, ça fait 20 ans et je suis un peu aigri."

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