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Revalorisation salariale des militaires : "On peut avoir les plus beaux camions, sans personnel pour les faire fonctionner, on n'est rien", insiste Ludivine Dedonder

L'invitée de Matin Première : Ludivine Dedonder

Les militaires gagneront plus à partir de l'an prochain

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21 oct. 2021 à 08:153 min
Par Cynthia Deschamps sur la base d'une interview menée par Thomas Gadisseux et François Heureux

Pour la première fois depuis 20 ans, les militaires gagneront plus à partir de l’an prochain. La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, était ce jeudi matin l’invitée de La Première pour évoquer cette revalorisation salariale, actée lors des négociations budgétaires.

Ludivine Dedonder insiste, cette hausse salariale sera financée par la Défense. "Ces 150 millions d'euros de revalorisation salariale seront pris en charge par notre département, avec un budget qui est en croissance. Et cela ne sera pas fait au détriment des dépenses de fonctionnement et des opérations."


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Toutes les catégories de militaires sont concernées par cette augmentation salariale, qui s'échelonnera progressivement de 2022 à 2024. Et comment seront dépensés ces 150 millions d'euros ? "Plus de deux tiers en augmentation de salaire et un tiers sous la forme d'allocation", répond la ministre socialiste.

Attirer des candidats

La Défense fait actuellement face à un problème d'effectifs. Cette chute du nombre d'effectifs est due en partie aux plans successifs de réduction du cadre du personnel de la Défense et à la pyramide des âges qui entraîne de nombreux départs à la pension. Mais le phénomène s’est accéléré ces dernières années car la Défense est aussi confrontée à un problème structurel de départs de ses jeunes recrues. Par ailleurs, elle ne suscite pas assez de nouvelles vocations.

Cette revalorisation salariale, couplée avec une campagne de recrutement intensive, est donc aussi un moyen d'attirer du personnel.

"Nous allons recruter 10.000 militaires sous cette législature, mais aussi des milliers de civils", explique la ministre de la Défense. "On va également accroître la réserve. 2500 emplois étaient à pourvoir en 2021 et j'ai reçu plus de 8300 sollicitations."

Plus de moyens logistiques

La revalorisation salariale n'est pas l'unique priorité de la Défense. "C'est un plan global, avec l'amélioration de l'infrastructure notamment. (...) Mais on peut avoir les plus beaux camions, les plus beaux avions, si on n'a pas le personnel pour les faire fonctionner, on n'est rien."

Pourtant, Ludivine Dedonder reconnaît que la gestion de crise des inondations de juillet aurait pu mieux se passer avec plus de moyens logistiques.


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"J'ai encore à peu près 130 hommes sur le terrain pour reconstruire et reconsolider les berges. Effectivement, avec ce désinvestissement dans le cadre de l'aide à la nation les années précédentes, aujourd'hui on peut se dire qu'on aurait peut-être pu être plus efficaces si on avait eu davantage de moyens logistiques. C'est pour cela que j'ai plaidé, et que le gouvernement m'a suivie, pour obtenir une enveloppe dans le cadre du conclave budgétaire pour un hub logistique, ce qui va nous permettre d'acheter davantage de matériel comme des pompes, des bulldozers, des camions ou des grues, qui pourra servir sur des théâtres d'opérations à l'étranger, mais aussi sur le territoire national s'il y avait une nouvelle crise."

Une coordination européenne

La ministre plaide aussi pour une meilleure coordination au niveau européen. Selon elle, au vu de la situation géopolitique actuelle et du nombre de menaces et de défis auxquels l'Europe est confrontée, "il est clair que l'Europe doit pouvoir gérer ces situations de manière la plus autonome quand c'est nécessaire".

"En Afghanistan, sans les Etats-Unis à l'aéroport, on n'aurait pas pu mener ces opérations d'évacuation", explique-t-elle. "On aurait aussi aimé avoir une coordination européenne. Ici, chaque pays - la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas - se sont arrangés entre eux. (...) Il faut avant tout faire fonctionner ce qui existe et renforcer les moyens qui sont déjà sur la table.

"La Défense belge n'est pas experte dans tous les domaines", rappelle Ludivine Dedonder. "La plupart des pays ont besoin les uns des autres, en terme de capacité, d'interopérabilité."

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