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Rétro : Paris-Roubaix 2019, Philippe Gilbert entre encore un peu plus dans la légende

Paris-Roubaix 2019 : Victoire de Philippe Gilbert

Paris-Roubaix 2019

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Mardi 8 janvier 2019. Calpe, Costa Blanca, en Espagne. L’équipe Deceuninck-Quick Step organise son traditionnel " Media day ". Toute la presse internationale est là. Trois coureurs sont plus entourés que les autres : Julian Alaphilippe, Remco Evenepoel et… évidemment Philippe Gilbert. Le Liégeois répète à l’envi aux journalistes son… envie de remporter les cinq monuments du cyclisme. Avec une priorité en 2019 pour Paris-Roubaix qu’il compte préparer spécifiquement.

>> Amstel 2014 : Le jour où le Cauberg a été rebaptisé… Gilbert-berg !

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Dimanche 14 avril 2019. Compiègne, Oise, en France. Philippe Gilbert monte sur le podium installé devant l’impressionnant Palais impérial. Il a le visage fermé même s’il esquisse un sourire de circonstance lorsque le speaker le présente au public. Quand il est concentré comme ça, évitant les photos, les autographes, les interviews, on sait ce que ça veut dire… Phil veut gagner ! En l’absence désormais, il faut s’y faire, des retraités Tom Boonen et Fabian Cancellara, cette 117ème édition de l’Enfer du Nord sera l’une des plus ouvertes de ce début de 21ème siècle. Dix coureurs, quinze peut-être, sont capables de s’imposer. Gilbert est dans la liste.

Le départ est donné, un départ nerveux, comme d’habitude. Mais, contrairement aux dernières éditions, le peloton refuse d’accorder son bon de sortie à une quelconque échappée matinale. C’est donc groupé que le peloton aborde les premiers secteurs pavés du jour, avec dès Troisvilles, le lot habituel de chutes et de crevaisons. Les pavés sont secs. Les coureurs ne mangeront donc pas de boue mais de la poussière.

Et Gilbert aime le goût de la poussière semble-t-il. A environ 70 kilomètres de l’arrivée, il décide de prendre son destin en main en secouant le cocotier en compagnie de deux Allemands, Nils Politt (Katusha) et Rüdiger Selig (Bora-Hansgrohe). Un peu plus loin, entre les secteurs d’Auchy-lez-Orchies et de Mons-en-Pévèle, un groupe de six se forment à l’avant. Et ce sera le "bon" groupe, composé des précités Gilbert et Politt, accompagnés de Peter Sagan (Bora-Hansgrohe), Wout Van Aert (Jumbo-Visma), Sep Vanmarcke (Education First) et Yves Lampaert, le champion de Belgique, équipier de Gilbert chez Deceuninck-Quick Step.

Une accélération ici, une autre là… il faudra attendre la sortie du Carrefour de l’Arbre et les premiers hectomètres du secteur de Gruson pour assister à l’attaque décisive, celle de Politt, rapidement rejoint par Gilbert qui a senti le bon coup et qui aime l’engagement sans faille de l’Allemand dès qu’il se retrouve en tête d’une course. En 2018, le coureur d’1 mètre 92 aux dents longues (au propre comme au figuré) avait terminé 7ème à Roubaix après s’être déjà, à l’époque, retrouvé un court moment en tête avec le Belge à la sortie de la Trouée d’Arenberg.

Comment expliquer l'attitude d'Yves Lampaert ?

Nils Politt et Philippe Gilbert

La collaboration est parfaite. Les deux hommes, clairement les deux plus forts du jour, entrent ensemble sur le Vélodrome André Pétrieux. Politt a un passé de pistard. Gilbert est sans doute plus véloce. Et puis, à 36 ans, son expérience n’a pas de prix. Une expérience qui lui permet d’entamer le sprint en position idéale, dans la roue de son adversaire. En partant de derrière, en profitant aussi de la pente descendante de la piste, l’ancien champion du monde est inarrêtable. Après quasi six heures d’effort, Gilbert devance donc Politt et son équipier Lampaert, dont l’attitude un peu trop individualiste a "interpellé" dans le final. A-t-il roulé POUR essayer de placer deux coureurs de Deceuninck-Quick Step sur le podium ou bien… a-t-il roulé CONTRE son équipier en espérant revenir sur le duo de tête et décrocher lui-même la timbale. Même si Lampaert est tombé dans les bras de Gilbert sur la pelouse du vélodrome, on a senti un Wolfpack un peu moins uni que d’habitude. Mais soyons clairs, ça ne gâche en rien, vraiment en rien, l’éblouissant succès de Philippe Gilbert.

Paris-Roubaix est désormais à son palmarès. Quatre monuments sur cinq. Le dernier à avoir réussi cet exploit s’appelle Sean Kelly. C’était en 1986. Ça n’arrive donc pas tous les jours !

Gilbert: "Beaucoup de gens m'avaient dit que les pavés n'étaient pas faits pour moi"

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