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Retour aux sources : Exil nazi : la promesse de l'Orient -Inédit

Retour aux sources : Exil nazi : la promesse de l'Orient -Inédit
14 avr. 2014 à 13:55Temps de lecture2 min
Par Anne Schiffmann, Ariane Denis

A l’appui d’archives inédites des services secrets allemands (BND), ce documentaire révèle qu’après-guerre des régimes arabes dont l’Egypte et la Syrie ont recruté plusieurs centaines d’anciens nazis et SS. Quelques années après l’holocauste, des anciens serviteurs du Reich ont aidé ces pays à reconstruire leurs armées et leurs services secrets pour lutter contre Israël.

La plaque tournante de recrutement était Rome, refuge temporaire de nombreux nazis en cavale. De là ils organisèrent leur exil avec parfois l’aide active d’hommes d’église, comme l’évêque Alois Hudal. Ils profitèrent aussi de l’inertie des autorités italiennes et de la relative passivité la Croix-Rouge.

Parmi eux, des criminels de guerre comme Walther Rauff, l’un des logisticiens de la Shoah qui organisa le déploiement de camions à gaz dans l’Est de l’Europe. Ou Franz Stangl et Gustav Wagner, chefs des camps d’extermination de Sobibor et de Treblinka.

Au Moyen-Orient, leurs activités suscitèrent en secret des tensions diplomatiques entre la Grande-Bretagne et la République Fédérale d’Allemagne (RFA). L’ancienne puissance coloniale craignait pour son influence en Egypte, tandis le BND et les entreprises allemandes recrutaient certains de ces hommes pour mieux s’implanter dans la région. Tel Gerhard Mertins, ancien Waffen SS, trafiquant d’armes et spécialistes des combats de guérilla, qui sera plus tard impliqué dans la secte néonazie de la " Colonia Dignidad " au Chili.

D’autres cadres du IIIe Reich furent employés par Nasser dans ses services de propagande contre Israël.

Grâce à des témoignages et des documents issus de ses recherches au Caire, la réalisatrice a pu reconstituer le parcours de Johann von Leers, un ancien collaborateur du ministre Joseph Goebbels. Il avait travaillé sous le Reich avec le Grand mufti de Jérusalem à un rapprochement idéologique du national-socialisme avec le monde musulman. Antisémite fanatique jusqu’à sa mort, il sera pourtant recruté par les services secrets allemands au Caire en 1956.

En revenant sur leur parcours au Moyen-Orient, le film démontre avec de nouvelles preuves à l’appui l’impunité des anciens nazis après la guerre. Les institutions politiques, religieuses et judiciaires internationales censées poursuivre les criminels nazis n’ont pas seulement brillé par leur inertie, elles se sont rendues coupables de complicité jusque tard après la guerre.

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