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Retour aux grèves? La FEB met en garde, le front syndical tient bon

Retour aux grèves? La FEB met en garde, pas de fissure dans le front syndical
01 févr. 2015 à 14:19 - mise à jour 01 févr. 2015 à 16:24Temps de lecture2 min
Par RTBF

Le saut d'index est plus que jamais le point qui divise dans le processus de concertation sociale. "Sur ce sujet, c'est oui ou non, c'est noir ou blanc", résume assez justement Pieter Timmermans, administrateur-délégué de la FEB.

Malgré son refus du préaccord, la FGTB explique toutefois qu'elle soutient ce qui se trouve sur la table. Saut d'index mis à part. Bien entendu. Car il s'agit de rester "cohérent", précise le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet. "Pour nous, si on est dans le cadre de l'accord tel qu'il est actuellement, il y aura une difficulté majeure de pouvoir dire qu'on accepte un accord et qu'en même temps on n'est pas dans la paix sociale. On ne veut pas être incohérent."

La CSC estime quant à elle que le contenu du préaccord "vaut la peine d'être porté aujourd'hui" selon les mots de Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. D'où la poursuite des discussions, même si, précise-t-elle, la CSC reste "inflexible" sur le saut d'index qu'elle juge "inefficace économiquement et socialement injuste".

Cette différence de réponse entre les deux principaux syndicats "n'enlève rien au front commun syndical, car, sur l'index, la position est tout à fait claire", assure Marie-Hélène Ska. "Et, par ailleurs, toutes les manifestations et mobilisations de ces derniers mois ne portaient pas que là-dessus, mais aussi sur toute une série d'autres points."

 

Retour aux grèves? La FEB met en garde, pas de fissure dans le front syndical
Retour aux grèves? La FEB met en garde, pas de fissure dans le front syndical © Tous droits réservés

Paix sociale menacée

Des compensations à ce saut d'index sont pourtant annoncées par le gouvernement, comme le rappelle Didier Reynders. "Des corrections sont apportées : la fameuse enveloppe bien-être notamment, souligne le ministre des Affaires étrangères (MR). Avec le gouvernement précédent, on l'utilisait à 60%; maintenant nous sommes passés à 100% d'utilisation."

Cette enveloppe représente un milliard d'euros sur deux ans et "la moitié ira aux pensions, particulièrement pour les plus petites qui seront dès lors améliorées". Il s'agit ainsi de "corriger l'impact que peut avoir le saut d'index sur les bas revenus, et aussi pour lutter contre la pauvreté", ajoute Didier Reynders.

Pour Marc Goblet, non seulement cela ne compense pas entièrement le saut d'index, mais les syndicats n'ont pas été entendus par le gouvernement : "Ils ont dit qu'ils allaient appliquer l'accord, point à la ligne, et aucune médiation".

On pourrait donc se diriger vers de nouvelles actions sociales en ce mois de février. Mais Didier Reynders veut lui croire en la possibilité d'une paix sociale, grâce à la concertation.

De son côté, Pieter Timmermans en appelle à "bien réfléchir" avant de mener de nouvelles grèves. "Aucune action n'a jamais créé d'emploi, ni convaincu des investisseurs ou encouragé la croissance économique. (...) On avance centimètre par centimètre, on va vers un climat plus serein", a lancé l'administrateur-délégué de la FEB, sous-entendant qu'il faut poursuivre sur cette voie.

T. Mignon

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