Tendances Première

Retour au travail après un cancer : que peut apporter la PNL ou Programmation Neuro-Linguistique ?

Tendances Première: Le Dossier

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

La maladie forme souvent une parenthèse qui isole la personne de sa vie sociale et professionnelle. Le retour au travail après un cancer n’a donc rien d’évident, entre les effets secondaires de la maladie et de son traitement qui peuvent perdurer plusieurs mois, l’adaptation à mettre en place, mais aussi les craintes et le stress qu’il faut pouvoir gérer. La Programmation Neuro-Linguistique ou PNL peut être un outil appréciable. Explications avec Magali Mertens.

Magali Mertens est coach certifiée et disability manager, formatrice d’onco-coaches pour la Fondation contre le Cancer. Elle sensibilise, avec son asbl Travail & Cancer, les institutions et le grand public pour améliorer la prise en charge d’un retour au travail.

Le sujet reste en effet encore tabou. Il est difficile de parler de sa fatigue ou de ses difficultés cognitives à son employeur ou à ses collègues. On se sent diminué dans un monde où la performance est tellement importante et cela crée un énorme stress.

La Fondation contre le Cancer a heureusement lancé tout récemment la plateforme Reconnect, pour aider les employeurs à mettre en place la réintégration de personnes qui ont eu un cancer, mais qui peut concerner aussi toute autre maladie causant une absence de longue durée.

© Tous droits réservés

Une obligation de la part de l’employeur

Le nouveau trajet de réintégration, prévu par un récent arrêté royal, vise à intégrer au maximum le collaborateur qui revient au travail, en amont, en privilégiant d’abord le retour au même emploi, avec d’éventuels aménagements, sinon, un autre poste au sein de la même société.

"L’employeur, maintenant, a vraiment la charge de prouver qu’il fait des efforts, qu’il met des choses en place. Cet outil de la Fondation est une première étape pour accompagner l’employeur. Car je comprends bien que ce soit compliqué aussi du côté de l’employeur. Mais pas impossible ! ", souligne Magali Mertens.

Il y a peut-être une perte d’efficacité, de rentabilité sur le court terme. Mais à long terme, c’est une véritable équation gagnante pour tout le monde, à tous les points de vue.

Quand on ne se reconnaît plus

Avec la fatigue et la diminution des facultés cognitives, l’estime de soi est souvent entamée.

"Je n’y arrive pas" va très vite devenir "Je suis nul·le".

Même si, intellectuellement, les personnes peuvent entendre qu’elles ont des ressources, mais qu’elles ont traversé quelque chose de dur, il sera parfois nécessaire de passer par un travail psychologique. C’est un glissement de l’identité, un deuil de ce qu’on a été. Pourtant, rien n’est toujours pareil, la nature nous le montre avec les saisons, note Magali Mertens.

Ce qui est intéressant et beau, c’est justement ce changement. Parce qu’il amène des choses différentes, y compris après un cancer.

La PNL à la rescousse

La PNL ou Programmation Neuro-Linguistique permet de mieux se connaître et de mieux connaître l’autre. C’est un outil qui est utilisé dans de nombreux contextes, mais qui doit être pratiqué par des personnes formées à cette écoute active, bienveillante, sans jugement, et qui ont l’art du questionnement.

Le coach va écouter la personne, tout en utilisant ses propres filtres PNL pour mieux comprendre sa 'carte du monde', sans que la personne doive nécessairement se connaître. Quelques exemples :

Le degré de stress est très élevé chez les personnes qui ont eu un cancer, par exemple dès qu’elles passent le seuil de l’hôpital ou dès qu’elles pensent au retour au travail. Par la PNL, on peut apprendre à déstresser par 'un ancrage via les 5 sens'.

Le coach va demander à la personne d’expliquer ce qu’elle a ressenti lors d’un moment privilégié bien concret. Il va ensuite réutiliser ces mots-là pour l’aider à se reconnecter à cet état de bien-être. Un petit geste discret, comme un petit pincement du pouce, peut aussi favoriser l’ancrage. On appelle cela 's’associer', c’est un état qui est 'associé' à ce moment de bien-être. Ainsi, dans un moment de stress, on peut revenir à ce moment et retrouver le calme.

Dans 'le protocole de l’autobiographie', on va s’imaginer être regardé à travers les yeux de quelqu’un qui nous aime d’un amour infini, tel que l’on est.

"Il y a vraiment quelque chose de fort qui se passe. C’est assez intéressant, parce qu’on va travailler avec le subconscient."

Au travail, mieux se comprendre

Pour préparer un entretien stressant, avec son manager ou son RH, la PNL peut aider la personne à voir ce qui se passe chez l’autre, qui a aussi ses croyances et ses peurs. En position d’observateur, on peut comprendre son point de vue, tout en présentant le sien.

La PNL aide à travailler sur la communication avec l’employeur, via des positions perceptuelles. L’idée est de trouver un message commun, une solution qui satisfasse les deux parties, explique Magali Mertens.

Tout est communication et tout est toujours sur mesure.

Sur le même sujet

Le cancer du poumon est le plus courant et le plus mortel dans le monde

Santé & Bien-être

Les anticorps thérapeutiques : armes de choc face aux cancers et maladies inflammatoires

Santé & Bien-être

Articles recommandés pour vous