RTBFPasser au contenu
Rechercher

Regions Hainaut

Retour au travail à Caterpillar: "Nous ne sommes pas des grévistes incontrôlables"

Des actions pourraient être organisées ponctuellement.
05 sept. 2016 à 10:07 - mise à jour 05 sept. 2016 à 13:52Temps de lecture2 min
Par RTBF

Les travailleurs sont revenus ce lundi sur le site de Gosselies, toujours partagés entre tristesse et colère, trois jours après l'annonce de la fermeture de l'usine et du licenciement collectif par la direction de Caterpillar.

Les travailleurs de la pause matinale de Caterpillar Gosselies sont sortis avec des sentiments contrastés à 14h40 ce lundi après-midi. Le ballet des voitures sortant du des immenses parkings réservés au personnel était ininterrompu et les mines étaient sombres : "Nous n'avons rien fait, nous sommes restés à notre poste comme demandé, explique cet ouvrier depuis 12 ans. On a discuté mais on ne sait rien... alors on reste là, les bras croisés à discuter de notre situation, de tout ça en attendant que nos délégués syndicaux s'arrangent entre eux et nous donnent la marche à suivre".

Plus loin, son collègue décrit les grandes lignes des directives données ce lundi matin lors de l'assemblée générale : "Nous devons rester calme, rester dans les clous pour qu'on ne puisse rien nous reprocher plus tard. Il faut respecter l'outil, c'est notre trésor de guerre à nous, ouvriers. Le seul moyen de pression que nous possédons, ce sont nos machines alors nous voulons montrer que nous ne sommes pas les grévistes incontrôlables qu'ils décrivent pour justifier ce qu'ils nous font".

Le flou demeure sur le site

En attendant, la situation reste assez floue sur le site, d'autant que la direction américaine supervise désormais la gestion du site et prend en charge la communication.

La procédure Renault débutera réellement le lundi 12 septembre avec un comité d'entreprise. Direction et syndicats se retrouveront alors autour de la table dans le cadre de la première phase de la procédure, celle d'information des travailleurs. Les représentants syndicaux pourront alors poser toutes leurs questions et faire d'éventuelles suggestions.

Assemblée matinale 

Environ un millier de travailleurs, soit la moitié du personnel, s'étaient rassemblées ce lundi matin pour la première assemblée générale sur le site de Caterpillar à Gosselies.

Les syndicats les avaient invités à venir à l'usine et à occuper leur poste, chaque jour durant la période de la procédure Renault, pour ne pas être pris en défaut vis-à-vis de leur contrat de travail.

"Il n'est pas question de se mettre en porte-à-faux par rapport au contrat de travail", a indiqué Ivan Del Percio, président de la délégation syndicale ouvrière (FGTB).

Un peu plus tôt dans la matinée, de très nombreux sous-traitants, très inquiets, s'étaient rassemblées à l'entrée du site. Des assemblées générales se tiendront aussi organisées de leur côté.

Colère et actions ponctuelles

Ce lundi, trois jours après l'annonce de la fermeture, la colère a succédé à la surprise de vendredi et à l'abattement du week-end. Mais désormais cette colère, "il va falloir la canaliser", selon les mots des syndicats, qui précisent qu'aucune action n'est encore programmée actuellement, même si, ponctuellement, ils pourraient en organiser. Ivan Del Percio se méfie toutefois que les travailleurs puissent être assimilés à des "terroristes".

Le délégué syndical socialiste dit par ailleurs attendre du monde politique qu'il s'implique et fasse jouer ses leviers.

Au cours de la semaine, des contacts sont prévus entre les syndicats du site de Gosselies et ceux de l'usine de Grenoble, selon Ivan Del Percio.