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Restera-t-il une trace du passé industriel de Clabecq ?

Restera-t-il une trace du passé industriel de Clabecq ?

La reconversion du site de Clabecq progresse. Duferco, propriétaire du site des anciennes forges, a introduit vendredi une demande de permis de démolition : celui concernant la troisième phase, c'est-à-dire toute la partie du site où se trouvent les hauts-fourneaux, notamment.
La démolition est-elle la seule solution ? Ne serait-il pas possible de conserver ce vestige du passé sidérurgique de Clabecq ?

Conserver un haut-fourneau coûte très cher
Il est très compliqué de conserver un haut-fourneau. «L'entretien d'une grande machine comme ça, faire en sorte que les pièces ne se disloquent pas, lutter contre la rouille, tout ça coûte beaucoup d'argent», explique Robert Halleux, directeur de recherches à l'Université de Liège et spécialiste du patrimoine industriel, «et on ne sait pas valoriser un haut-fourneau. On ne peut en faire qu'un musée du haut-fourneau».

Déjà 3 hauts-fourneaux « musées » dans la Grande région
Il existe déjà 3 exemples de conservation de patrimoine industriel de type « Haut fourneau », tout près de chez nous. Il s'agit des hauts-fourneaux allemands de Völklingen, reconnus patrimoine mondial de l'Unesco,  du haut-fourneau d'Esch-Belval, au Luxembourg et de celui d'Uckange, en Lorraine. Tous trois sont témoins de la même histoire industrielle que celle de Clabecq. «L'intérêt historique est donc sauvegardé», explique Robert Halleux.

Faut-il éliminer toute trace du passé industriel de Clabecq?
Duferco n'est pas contre l'idée de garder quelques vestiges de l'histoire du site des forges. Maintenant que Duferco a rentré sa demande de permis de démolition, l'entreprise sidérurgique attend de la commune de Tubize qu'elle lance le débat sur les vestiges qu'elle souhaiterait conserver. Duferco n'est d'ailleurs pas opposé à la conservation de quelques structures métalliques par exemple ou d'un château d'eau qui se trouve au pied de l'un des hauts fourneaux : un ouvrage en brique avec des volutes.

La démolition n'est pas imminente
Le fait que Duferco ait rentré une demande de permis de démolition ne signifie pas que les hauts-fourneaux seront abattus dans les jours à venir.
Au contraire. La commune a plusieurs mois pour accepter ou non de délivrer le permis.
Ensuite, il faudra encore démolir, assainir, rentrer des demandes de permis pour les voieries intérieures du site, pour les bâtiments et il faudra enfin construire tous ces bâtiments. Le site devrait donc être à nouveau habité d'ici 3 à 4 ans.

(O. Leherte)

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