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Réseau Astrid : communication de secours, ce qui va changer avec l’arrivée de la 5G

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19 mai 2022 à 16:08Temps de lecture3 min
Par Patrick Michalle

Jusqu’à présent, "Astrid", comme l’appellent familièrement les utilisateurs, sert principalement à garantir des échanges vocaux partout sur le territoire national et H24 entre services de secours. Une fiabilité technique qui est garantie dans des situations extrêmes, comme les dernières inondations en Wallonie, et cela grâce à TETRA, la norme dédiée d’Astrid pour ses utilisateurs. Celle-ci fonctionne indépendamment des réseaux commerciaux grand public, un dispositif qui offre une sécurité et une confidentialité des échanges entre les différents services d’intervention.

L’image et les réseaux.
L’image et les réseaux. AFP

Avec la 5G, images, données biométriques

Avec l’arrivée de la 5G, l’accès à toutes les formes d’imagerie va devenir la norme : photos, vidéos, infographies des opérations pourront être partagées rapidement en quantité sur le terrain.

Pour Salvator Vella, CE0 d’Astrid, c’est un nouvel écosystème de la communication qui se dessine : "par vidéo, on pense d’abord à Youtube mais ici, c’est de vidéo en temps réel qu’il s’agit, provenant de drones ou de caméras embarquées mais cela va bien au-delà, par exemple tout ce qui est capteurs biométriques, comme lorsqu’une équipe de pompiers va intervenir sur un endroit dangereux, ces capteurs biométriques pourront être suivis à distance par leur commandant qui via la surveillance de leur fonction cardiaque, respiratoire et leur température corporelle, veillera aussi à leur sécurité personnelle".

La norme 5G permettra d’échanger une plus grande quantité de données mais aussi d’accroître considérablement la vitesse de transmission et dès lors de réduire "le temps de latence", ce temps de réaction de la machine pour renvoyer un signal à son interlocuteur, ce qui pour les applications faisant appel à l’intelligence artificielle est déterminant.

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L’intelligence artificielle aidera à sauver des vies

Les casques de pompiers "intelligents" offrent à leurs utilisateurs de nouvelles possibilités pour sauver des vies, comme celle de progresser dans un espace envahi par la fumée pour récupérer des blessés restés invisibles jusque-là : "ce casque intelligent via caméra infrarouge capte des images restées invisibles à cause de la fumée" indique Salvator Vella, lors de son exposé devant les usagers du réseau, "des images transformées ensuite en temps réel par un système d’intelligence artificielle, et restituée instantanément en réalité augmentée au casque du pompier".

Ces images sont destinées à venir se superposer sur la vue du pompier ce qui lui permet alors de détecter la présence de personnes détectées par l’infrarouge et de se diriger vers elles.

Partenariat public/privé pour les investissements

L’arrivée de la 5G suppose d’investir de nouveaux moyens importants dans l’infrastructure des mâts permettant de garantir une couverture maximale des réseaux. Astrid dispose jusqu’ici de sa propre infrastructure mais elle ne suffira pas pour le passage à la norme 5G. Il faut six fois plus de mâts qu’actuellement ce qui représente un coût évalué à près d’un milliard d’euros, un montant jugé impayable par le financeur public du réseau "Astrid". Le choix des acteurs publics est dès lors de s’aligner sur le schéma adopté par la plupart des pays environnants, un modèle "hybride" associant public et privé.

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Beaucoup plus d’antennes, un coût élevé

Pour Salvator Vella, CEO d’Astrid, ce dispositif est compatible avec la fonction première de l’opérateur public de la sécurité : "En fait tout ce qui est essentiel pour garantir la sécurité, la confidentialité des données, la disponibilité sera sous le contrôle d’Astrid et donc via notre société, sous le contrôle de l’Etat. Par contre les éléments qui nous sont moins importants mais qui en termes d’investissements pèsent lourd, comme l’infrastructure de mâts, seront externalisés vers des partenaires qui auront eux-mêmes des mâts".

Actuellement, plusieurs opérateurs sont intéressés, certains mieux placés que d’autres en raison de leur position sur le marché belge et de partenariats stratégiques. Le choix définitif interviendra à l’issue d’une procédure de marché public.

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