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Reprises fabuleuses : Des cadeaux théâtraux à attraper d'urgence !

Jacqueline Bir dans "Récit de la servante Zerline"H. Broch
18 janv. 2014 à 19:053 min
Par Christian Jade

"RECIT DE LA SERVANTE ZERLINE"****

 

Jacqueline la Magnifique

 

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Dans la petite salle du Claude Volter, en 2004, Jacqueline Bir nous offrait un "morceau d’anthologie", un texte vibrant de rage amoureuse d’Herman Broch, mis en scène en toute délicatesse par Philippe Sireuil. Une vieille servante raconte à un jeune homme quasi muet (belle performance de passivité attentive de Michel Jurowicz) sa brève mais intense passion (10 jours, il y a 30 ans) avec un aristocrate. Chronique d’une honte jamais digérée et d’une folie qui la brûle encore, entre mélancolie, rage, jalousie et illumination sans fin. Dirigée par Sireuil, Jacqueline parvient à gommer toute trace de rhétorique pour faire affleurer la nudité d’une passion tantôt murmurée, tantôt éclatante, refoulée dans une douleur intime à fleur de peau.

10 ans plus tard, le miracle se reproduit avec une actrice de près de 80 ans, diction somptueuse, projection parfaite, sans l’ombre d’une emphase ni d’une hésitation : on reste figé de respect face à ce phénomène théâtral toujours recommencé, Jacqueline Bir, la Magnifique. Encore, Madame, encore : on ne se lasse pas de ce talent fluide qui vous porte et nous comble de joie et de tendresse pour vous. Chapeau bas !

 

A voir au théâtre de la Place des Martyrs, jusqu’au 25 janvier

LA ESTUPIDEZ:( Rafael Spregelburd) :**** La connerie et la paranoïa, deux folies théâtrales argentines, drôles, hors normes

Reprises fabuleuses : Des cadeaux théâtraux à attraper d'urgence !

 

LA ESTUPIDEZ:( Rafael Spregelburd) :****

 

La connerie et la paranoïa, deux folies théâtrales argentines, drôles, hors normes.

Nominé un des trois meilleurs spectacles 2012. Pierre Sartenaer, lauréat meilleur acteur 2012www.lestanneurs.be

Extrait de notre critique de 2012

Ces histoires multiples tournent autour d’un thème simple-le fric et ses " conneries"- et reposent sur des codes narratifs simples, qui permettent de ne pas être largué (comique de situation, vaudeville, roman policier, téléroman, road movie, fait divers).
Cinq acteurs soudés et bien accordés et deux chefs d’orchestre au sommet de leur art, Pierre Sartenaer, qui assume tous les rôles de "dominateur" et Mélanie Zucconi dont l’inventivité comique donne à la pièce ses respirations et son rythme.

Ajoutez une scénographie sur deux plans, simple et efficace de Marie Szersnovicz et des costumes-de la même, qui sont un des moteurs comiques du récit. Enfin, en coulisses, le travail dramaturgique de Stéphane Olivier.

Surtout, à la source de cette réussite, la "folie" tonique d’un auteur argentin surdoué, Rafael Spregelburd qui, avec les ruses d’un bon fabriquant d’histoires dingues, parvient à élever le débat sur notre société, son moteur économique loufoque et notre destin dérisoire "

A revoir aux Tanneurs jusqu’au 18 janvier 2013. Sold out avec liste d’attente ! On espère qu’il sera repris ailleurs : succès (de qualité) assuré !

www.lestanneurs.be

" MAMMA MEDEA " DE TOM LANNOYE**** .

"Mamma Medea" de Tom Lanoye. Claire Bodson et Jérémie Régnier

 

 

NOMINE MEILLEURE MISE EN SCENE (CHRISTOPHE SERMET) ET LAUREAT 2012 POUR CLAIRE BODSON, MEILLEURE ACTRICE.

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www.rideaudebruxelles.be

Extrait de notre critique de 2011

" A ma connaissance, Mamma Medea n'a été jouée qu'une fois en flamand, il y a 10 ans, à Anvers. Donc, même pour les Flamands de Bruxelles, ce sera une découverte, ce texte de Tom Lanoye, dans une version française d'Alain Van Crugten- le traducteur réputé des vedettes flamandes, dont le fameux Chagrin des Belges d'Hugo Claus.

Au fait.

Mamma Medea joue sur plusieurs tableaux. Au centre, bien sûr, la figure tragique de Médée, l'infanticide, mais "retravaillée" et dans sa psychologie et dans sa relation avec sa famille "barbare" et dans son rapport au monde "civilisé", les Grecs, incarné par Jason. Cette première partie, "épique" est centrée sur l'épreuve imposée à Jason par le tyran, père de Médée, Aiétès- -pour conquérir la fameuse "Toison d'Or" et sur le coup de foudre de Médée pour le beau "civilisé. Dans la deuxième partie fabuleuse, le duo Jason /Médée nous plonge dans l’intimité d’un couple déchiré avec une interprétation superbe de Jason et gagne encore en intensité "

 

A voir au Théâtre National , hébergeant le Rideau de Bruxelles pour Mamma Medea jusqu’au 25 janvier

'Le carnaval des ombres', un cadavre dans le placard belge. DE ET PAR SERGE DEMOULIN

"Le carnaval des ombres" de et par Serge Dumoulin

 

Meilleur seul en scène 2012 aux Prix de la Critique

Extrait de ma critique d’époque.


Le récit de Serge Dumoulin nous plonge dans ces contradictions, d’abord dans une franche ambiance de carnaval wallon, peut-être un peu trop longue, avant de s’épaissir progressivement sans jamais verser dans le drame. Maîtrisant tous les registres du récit, jouant de nombreux personnages, avec humour tendresse mais sans complaisance familiale, Serge, aidé par le regard aigu de Michael Delaunoy, varie les rythmes etgarde le plus dur à distance, avec une franchise pleine de délicatesse.

A la différence de la mode de l’autobiographie complaisante on a ici un morceau d’histoire familiale…et d’Histoire tout court, délivré par les moyens classiques de la comédie et de la distanciation naturelle qu’elle permet. Une belle réussite que ce "one man show" qui fait surgir, en douceur les mauvaises ombres d’une Histoire de Belgique méconnue.

Le Carnaval des ombres de et par Serge Demoulin, mise en scène de Michael Delaunoy.

Au Rideau de Bruxelles,(à l’Atelier 210), jusqu’au 24 JANVIER

 

 

 

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