Economie

Reprise et résilience : un an après, où en est ce plan qui doit faciliter la relance de l’économie belge ?

28 avr. 2022 à 04:00 - mise à jour 28 avr. 2022 à 10:36Temps de lecture3 min
Par Cédric Loriaux

Il y a un an, l’Union européenne validait le plan de relance de la Belgique et lui accordait plusieurs milliards d’euros pour le mettre en œuvre. Un plan pour "facilité la reprise et la résilience" après la pandémie de Covid-19.

La Belgique espérait une enveloppe de près de six milliards d’euros. Finalement, ce ne sera "que" quatre milliards et demi d’euros, la situation économique et les perspectives de croissance étant moins mauvaises que prévu chez nous (l’ajustement définitif, et donc le montant total qui sera octroyé à la Belgique ne sera connu qu’en juin 2022).

Un an plus tard, il faut reconnaître qu’il n’y a encore que peu d’avancées concrètes, de choses visibles sur le terrain. Il a d’abord fallu définir des priorités, en fonction des critères établis par l’Europe. Il faut que cette relance soit tournée vers la transition écologique et numérique.

Ces fonds européens sont aussi venus s’ajouter aux autres plans de relance, ceux portés par le fédéral et les régions. Une fois ces priorités définies, il a fallu ensuite cibler les projets. Qu’ils soient efficaces, pertinents et réalisables. Tout cela prend un peu de temps car la Belgique n’a pas le droit à l’erreur.

On ne peut pas se permettre de se tromper, cette manne financière ne repassera pas chaque année, comme nous l’explique Giuseppe Pagano, économiste et professeur de finances publiques à l’UMons : "C’est quelque part une chance de recevoir ce que j’appelle cette manne céleste. Il y a de toute façon des dépenses qu’on sera bien obligé de faire en matière climatique. On ne pourra pas ne pas réaliser ces investissements, que ce soit pour la rénovation énergétique des bâtiments, la mobilité ou le développement éolien. Donc, si on peut les financer via des fonds européens, tant mieux ! Mais faisons-le de manière attentive et efficace. Et cela demande du temps, c’est inévitable, pour faire coïncider les projets aux priorités qui sont fixées. Notamment sur le plan administratif où les procédures sont parfois longues et fastidieuses. Ce sont des dossiers exceptionnels qui s’ajoutent naturellement au travail quotidien et l’administration ne peut pas tout régler en quelques mois. Donc ce genre de financement et sa mise en œuvre s’étalent généralement sur plusieurs années."

Appels d’offres et lancement de marchés

On peut donc dire qu’on en est davantage au stade des appels d’offres, des lancements de marchés, plutôt qu’aux réalisations concrètes. Même si certains projets, plus rapides, sont déjà en cours, comme le soutien numérique aux écoles bruxelloises, avec la distribution de tablettes ou de tableaux numériques.

Mais pour d’autres, les procédures sont plus longues. On pense par exemple à tout ce qui concerne la rénovation des bâtiments, le développement de l’éolien off-shore ou de l’industrie bas carbone en Wallonie, la mise en place d’une vraie économie circulaire, la rénovation de l’infrastructure ferroviaire ou encore à la numérisation de la justice. Des dizaines de projets ont clairement été définis pour les prochaines années.

La machine va s’accélérer, doit s’accélérer, car l’échéance pour utiliser ces fonds européens, c’est 2026. "Il y a une sorte de pression, assez forte, qui va être mise au fil du temps sur les opérateurs pour leur dire : attention, l’échéance c’est 2026. Il n’est évidemment pas question d’aller au-delà sinon le financement européen est perdu. Donc, cette pression va permettre en quelque sorte de rattraper le retard, presque inévitable, qui existe dans la première phase de la mise en œuvre d’un tel plan", poursuit Giuseppe Pagano.

Enfin, si l’on veut relativiser un peu, quatre milliards et demi d’euros, c’est évidemment une somme gigantesque. Mais cela représente moins d’un pourcent du PIB de la Belgique. Ce jeudi, un nouvel outil sera mis en ligne pour pouvoir suivre l’état d’avancement de ce plan de relance.

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