RTBFPasser au contenu

Reporter au Burundi: "On subit des menaces. Parfois, on est agressé physiquement"

Reporter au Burundi: "On subit des menaces. Parfois, on est agressé physiquement"
18 juin 2015 à 10:13 - mise à jour 18 juin 2015 à 10:311 min
Par A. L. avec F. Wallemacq à Bujumbura

Armel est reporter pour l’unique journal papier du Burundi Iwacu. Depuis plusieurs semaines, il prend ses précautions : "Chaque fois qu’on va sur le terrain, on subit des menaces. Parfois, on est agressé physiquement. On nous dit qu’on est sur la liste des gens à éliminer. Il y a une trentaine de journalistes qui ont fui au Rwanda, qui ne travaillent plus".

"Nous, on est là. On continue à travailler, mais quand même on travaille la peur au ventre. On a peur de rentrer la nuit. A 17 heures, on est déjà cloîtré chez soi. C’est vraiment compliqué de travailler maintenant au Burundi en tant que journaliste".

"Les coqs du village"

Depuis la fermeture et la destruction des radios indépendantes, les paysans sur leurs collines sont coupés de toute information. Heureusement, il reste internet et les réseaux sociaux qui tissent leur toile jusqu’au pays profond, comme l’explique Jimmy, un autre journaliste : "Il y a les enseignants de l’école primaire, les enseignants des écoles secondaires, les infirmiers, là je peux dire aujourd’hui qu’on peut les appeler comme les coqs du village. Eux sur les collines, il y en a toujours qui ont un smartphone ou un téléphone qui peut recevoir les applications des réseaux sociaux. Ils sont informés et transmettent les informations aux autres".

Mais l’outil est à double tranchant. Certains se servent des réseaux sociaux pour appeler à la haine ethnique.

Le site du journal IWACU-BURUNDI

Articles recommandés pour vous