Renouvellement de la licence du glyphosate: l'Europe, toujours très divisée, dans une impasse

Une bouteille de Glyphosate

© PHILIPPE HUGUEN

09 nov. 2017 à 06:01 - mise à jour 09 nov. 2017 à 06:02Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Agences

Face à des Etats membres toujours divisés sur le glyphosate, la Commission européenne soumet une nouvelle proposition  ce jeudi, visant à renouveler pour cinq ans et non plus dix ans la licence de cet herbicide controversé.

Le 25 octobre dernier, ils n'avaient pas été en mesure de se mettre d'accord sur le renouvellement de la licence de l'herbicide le plus vendu au monde. Et à priori, les positions n'ont pas vraiment évolué. Il y a toujours d'un coté les pays qui s'opposent à ce renouvellement, France et Italie en tête. Ils ne veulent pas que l'herbicide se retrouve sur le marché européen pour une période de plus de 3 ans. Et demandent également son élimination progressive des sols.

Et de l'autre ceux qui défendent coute que coute l'utilisation de cette molécule, comme l'Espagne ou le Royaume Uni.
Entre les deux, il y a l'Allemagne, qui faute d'accord de gouvernement, s'abstiendra.

On risque donc de s'acheminer vers une nouvelle réunion sans décision... sauf qu'il y a urgence. La licence du glyphosate expire le 15 décembre. Et Monsanto a déjà menacé l'Union de représailles si à cette date les européens ne sont toujours pas parvenus à s'entendre.

Et s'il n'y a pas de majorité?

Si le vote a lieu et qu'aucune majorité ne se dessine, un comité d'appel sera organisé. Si la même situation se reproduit, la décision reviendra alors à la Commission.

Mais le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis a rejeté à plusieurs reprises l'idée d'assumer seul la responsabilité d'une telle décision, assurant qu'elle devait être "partagée" avec les Etats membres.

Les minutes de la réunion à huis clos du 25 octobre, publiées par la Commission, montrent que les opinions diffèrent énormément entre Etats membres, qui n'y sont pas désignés nommément.

Deux avaient défendu une autorisation pour 3 ans, un autre une "élimination progressive" dans les 5 ans. Mais "plusieurs" Etats membres s'étaient prononcés en faveur de 15 ans et avaient ajouté que le compromis le plus bas qu'ils pourraient accepter était de 7 ans...

La Commission y note également que le cadre réglementaire ne "permet pas de fixer une date de fin arrêtée pour la substance active", une entreprise gardant la possibilité de redéposer une demande d'autorisation lorsque la licence arrive à expiration.

Glyphosate : la Commission européenne ne sait pas se décider

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