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Renforcer la sécurité? "Les outils sont là, il faut bien les utiliser"

Renforcer la sécurité? "Les outils sont là, il faut bien les utiliser"
13 janv. 2015 à 10:44 - mise à jour 13 janv. 2015 à 11:272 min
Par Céline Biourge

"Ce qu’on a vu en France, ce n’était pas un manque de renseignements, ce n’était pas un manque d’informations, c’est un manque de coordination, un manque de suivi concret des informations que l’on avait. Et donc, les outils sont là, il faut bien les utiliser, faire l’examen de ce qui s’est passé, faire l’évaluation avant de se lancer dans des grandes déclarations patriotes. On voit bien ce que cela veut dire, on voit bien comme cela peut être attrayant ou attractif", a déclaré Philippe Hensmans dans Matin Première ce mardi.

Car pour le directeur d’Amnesty International en Belgique francophone, "le grand danger c’est effectivement de se concentrer uniquement sur les mesures sécuritaires qui, dans une large mesure, ont déjà été prises par un grand nombre de pays".

Le tout est de voir maintenant s'"ils vont se coordonner et de voir si cette coordination va se faire au détriment ou pas des droits fondamentaux de tout le monde, en protégeant aussi tout le monde, bien entendu".

Des mesures d’exception

Philippe Hensmans rappelle que "le Patriot act a été, en gros, un échec aux Etats-Unis" : "Ce sont des mesures d’exception et donc le problème c’est quand cela est reconduit tous les 5 ans, comme cela a été fait aux Etats-Unis, avec les dérives que cela peut apporter". Et de rappeler, en exemple, les écoutes téléphoniques qui ont visé la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le seul but était d'"analyser la stratégie du gouvernement allemand".

Les dérives aux USA ?

"Les plus visibles, c’est Guantánamo puisqu’on a créé le statut de combattant illégal et de combattant ennemi en dehors de toutes les protections fournies par les Conventions de Genève. Et donc on s’est retrouvé avec 700-800 personnes, aucun jugement, aucune condamnation, aucune inculpation, usage de la torture, etc. Et aujourd’hui, on se retrouve avec une petite dizaine qui seront peut-être un jour jugés par des commissions militaires. Donc, cela veut dire qu’on est entré dans l’arbitraire le plus absolu sans aucune possibilité de recours pour les gens", a-t-il expliqué.

D'un autre côté, "et c’est probablement ce qui nous touche le plus aujourd’hui", ce sont "l’examen de milliard de communications téléphoniques et d’internet à travers l’ANC. Snowden l’a bien montré. Aujourd’hui, plus rien n’est sauf. Aucune communication que vous pouvez avoir avec quelqu’un n’est à l’abri d’un examen. Belgacom a été piraté par les programmes américains. Cela montre l’ampleur que peut prendre ces lois d’exception".

Des militaires dans la rue ? "Jamais un bon signe"

Faut-il, comme le souhaitent certains politiques belges, transférer provisoirement des tâches dévolues à la police à l'armée et envoyer les militaires dans la rue ? "C’est jamais un bon signe. Le rôle des militaires, c’est de protéger le pays en cas d’invasion, de le protéger contre des ennemis extérieurs. Le rôle de la police, c’est de faire son travail et le rôle des services de renseignements, est de faire leur travail également", a conclu Philippe Hensmans.

 

C. Biourge

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