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Rencontre avec Manu Katché, le parrain des Dinant Jazz Nights

15 juil. 2010 à 08:246 min
Par Laurent Graulus

Et il n'est pas facile de le faire rentrer dans une catégorie musicale : côté pop rock, Katché a joué entre autres avec Sting, Peter Gabriel, Joni Mitchell, Black Eyed Peas, Dire Straits, Simple Minds, Michel Jonasz, Francis Cabrel, Stéphane Eicher, Laurent Voulzy. Mais il est également investi dans le domaine du jazz puisqu'il a également joué avec les meilleurs musiciens de jazz comme Jan Garbarek, Michel Petrucciani,  David Sanborn, Richard Galliano, Al Di Meola, Manu Dibango, Jeff Beck, Eric Legnini ou Frank Avitabile.

Laurent Graulus, Musiq'3,  a rencontré Manu Katché, sous la casquette de parrain des Dinant Jazz Nights.

Est-ce un jeu auquel vous vous êtes déjà prêté ?

Manu Katché : Je m’y suis déjà prêté il y a 2 ou 3 ans pour le festival de Saint Germain des Prés à Paris mais je n’avais pas été aussi loin dans la création de l’affiche. Ici à Dinant, je m’y suis beaucoup plus investi. On en a beaucoup parlé en amont avec Jean-Claude et Patrick qui gèrent les Dinant Jazz Nights. C’est vrai que c’est extrêmement agréable de pouvoir se dire « j’ai une envie et on peut la réaliser ».

Est-ce une formule qui éviterait les formatages excessifs qu’on rencontre parfois dans la musique et même dans le jazz ?

Je ne sais pas. Ce que sais c’est que les festivals dans le monde entier permettent des rencontres et des collaborations. Forcément, cela crée une ouverture sur la diversité, la créativité et l’originalité. Je ne sais pas si cela évitera les formatages car il y en aura toujours et de toute manière, il y a aussi un public pour ça car cela rassure, notamment commercialement. En revanche, je pense que la musique de jazz ou même d’un autre genre comme la pop, le rock ou la folk nécessite des ouvertures avec des rencontres, des collaborations parfois improbables. C’est là que réside effectivement le vrai centre névralgique de la création. Sans les festivals, on serait plus pauvre créativement. Ce seraient les mêmes personnes qui reviendraient avec les mêmes idées, les mêmes styles. Une stylistique s’installerait et on en bougerait pas. En revanche grâce aux festivals, cela permet d’oser. Parfois cela marche, parfois cela ne marche pas bien entendu. Mais au moins on essaye et cela fait avancer les choses.

En Belgique, on regarde aussi Arte, notamment votre émission « One Shot Not » où vous effectuer ce genre de travail. Est-ce vous qui avez proposé le concept de l’émission ?

Oui « One Shot Not » est une émission que j’ai créé il y a trois ans et où on essaye justement des rencontres. Il y a des performances, on filme les invités mais pas au moyen d’interviews classiques sur un album, dans quel studio… ? On essaye plutôt de mettre en évidence ce que l’artiste est, ce qu’il a envie de montrer. J’essaye de prendre la main du téléspectateur pour qu’il comprenne mieux ce qui s’y passe et la manière dont un artiste évolue et comment l’artiste fait son concert avec la dimension que cela représente. C’est difficile car en tant que batteur, au centre d’un groupe, les téléspectateurs n’ont pas forcément cette vision. J’essaye d’éviter tous les clichés des backstages un peu glamour pour rentrer dans le vif du sujet. J’ai l’impression que c’est réussi.

Puisque le festival se passe en Belgique avez-vous eu beaucoup de contacts avec les jazzmen belges ?

Je n’en ai pas particulièrement mis à part Eric Legnini avec qui j’ai beaucoup joué et que j’ai beaucoup invité dans « One Shot Not ». J’ai enregistré avec lui un album de Kyle Eastwood. C’est quelqu’un que j’apprécie particulièrement. J’aime bien l’humour belge, leurs visions, leurs valeurs, leurs principes…Mais je ne m’apparente pas à un jazz en particulier. Je ne me définis pas comme un jazzman. Je me définis plutôt comme un musicien attaché à la musique dans le monde entier. Il y a pas de jazz belge, un jazz français ou un jazz américain. Il y a du jazz qui évolue constamment par les nouvelles générations qui arrivent et qui proposent des choses. J’espère faire partie de cette évolution là.

En étant le parrain des Dinant Jazz Nights, en proposant « One Shot Not », en étant sur France Inter avec une émission où le jazz côtoie la pop et le rock, j’essaye d’apporter ma touche musicale et passionnelle par rapport à cette musique où il n’y a pas de frontières. Une espèce de réunification internationale qui permet de parler de la musique en général. Et celle qu’on aime bien c’est celle du jazz, de l’improvisation et de la liberté.

Par quel disque avez-vous découvert le jazz ?

C’est simple : Kind of Blue de Miles Davis. En étant au conservatoire à l’époque, j’écoutais beaucoup de musique classique et de rock des années 70. Quand j’ai découvert Kind of Blue, j’ai pris une claque. Par la puissance, l’énergie, l’intensité, l’originalité, l’improvisation, le son. Tous les éléments étaient réunis. On célèbre justement le cinquantenaire de cet album et en le réécoutant on se rend compte à quel point cet album est toujours d’actualité. On parlait de l’émission sur France inter…J’ai invité Richard Bona dans l’émission qui avait sélectionné All Blues de Kind of Blue. Le titre fait 11 minutes et cela n’a pas pris un pli. Cela n’a pas vieilli. C’est très étonnant car c’est toujours actuel. Ce qui veut dire que s’il y a une forme de liberté mise en œuvre et délivrée dans un album en toute sincérité, je pense que c’est intemporel.

Laurent Graulus

Et il n'est pas facile de le faire rentrer dans une catégorie musicale : côté pop rock, Katché a joué entre autres avec Sting, Peter Gabriel, Joni Mitchell, Black Eyed Peas, Dire Straits, Simple Minds, Michel Jonasz, Francis Cabrel, Stéphane Eicher, Laurent Voulzy. Mais il est également investi dans le domaine du jazz puisqu'il a également joué avec les meilleurs musiciens de jazz comme Jan Garbarek, Michel Petrucciani,  David Sanborn, Richard Galliano, Al Di Meola, Manu Dibango, Jeff Beck, Eric Legnini ou Frank Avitabile.

Laurent Graulus, Musiq'3,  a rencontré Manu Katché, sous la casquette de parrain des Dinant Jazz Nights.

Est-ce un jeu auquel vous vous êtes déjà prêté ?

Manu Katché : Je m’y suis déjà prêté il y a 2 ou 3 ans pour le festival de Saint Germain des Prés à Paris mais je n’avais pas été aussi loin dans la création de l’affiche. Ici à Dinant, je m’y suis beaucoup plus investi. On en a beaucoup parlé en amont avec Jean-Claude et Patrick qui gèrent les Dinant Jazz Nights. C’est vrai que c’est extrêmement agréable de pouvoir se dire « j’ai une envie et on peut la réaliser ».

Est-ce une formule qui éviterait les formatages excessifs qu’on rencontre parfois dans la musique et même dans le jazz ?

Je ne sais pas. Ce que sais c’est que les festivals dans le monde entier permettent des rencontres et des collaborations. Forcément, cela crée une ouverture sur la diversité, la créativité et l’originalité. Je ne sais pas si cela évitera les formatages car il y en aura toujours et de toute manière, il y a aussi un public pour ça car cela rassure, notamment commercialement. En revanche, je pense que la musique de jazz ou même d’un autre genre comme la pop, le rock ou la folk nécessite des ouvertures avec des rencontres, des collaborations parfois improbables. C’est là que réside effectivement le vrai centre névralgique de la création. Sans les festivals, on serait plus pauvre créativement. Ce seraient les mêmes personnes qui reviendraient avec les mêmes idées, les mêmes styles. Une stylistique s’installerait et on en bougerait pas. En revanche grâce aux festivals, cela permet d’oser. Parfois cela marche, parfois cela ne marche pas bien entendu. Mais au moins on essaye et cela fait avancer les choses.

En Belgique, on regarde aussi Arte, notamment votre émission « One Shot Not » où vous effectuer ce genre de travail. Est-ce vous qui avez proposé le concept de l’émission ?

Oui « One Shot Not » est une émission que j’ai créé il y a trois ans et où on essaye justement des rencontres. Il y a des performances, on filme les invités mais pas au moyen d’interviews classiques sur un album, dans quel studio… ? On essaye plutôt de mettre en évidence ce que l’artiste est, ce qu’il a envie de montrer. J’essaye de prendre la main du téléspectateur pour qu’il comprenne mieux ce qui s’y passe et la manière dont un artiste évolue et comment l’artiste fait son concert avec la dimension que cela représente. C’est difficile car en tant que batteur, au centre d’un groupe, les téléspectateurs n’ont pas forcément cette vision. J’essaye d’éviter tous les clichés des backstages un peu glamour pour rentrer dans le vif du sujet. J’ai l’impression que c’est réussi.

Puisque le festival se passe en Belgique avez-vous eu beaucoup de contacts avec les jazzmen belges ?

Je n’en ai pas particulièrement mis à part Eric Legnini avec qui j’ai beaucoup joué et que j’ai beaucoup invité dans « One Shot Not ». J’ai enregistré avec lui un album de Kyle Eastwood. C’est quelqu’un que j’apprécie particulièrement. J’aime bien l’humour belge, leurs visions, leurs valeurs, leurs principes…Mais je ne m’apparente pas à un jazz en particulier. Je ne me définis pas comme un jazzman. Je me définis plutôt comme un musicien attaché à la musique dans le monde entier. Il y a pas de jazz belge, un jazz français ou un jazz américain. Il y a du jazz qui évolue constamment par les nouvelles générations qui arrivent et qui proposent des choses.

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