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Guerre en Ukraine

Renate, une Anversoise, est partie à pied pour sortir elle-même son fils d’Ukraine

Sac à dos, vêtements chauds, passeport, trois téléphones et des bonnes chaussures. Renate n’a plus qu’une seule idée en tête : retrouver son fils de 24 ans bloqué par la guerre à l’autre bout de l’Ukraine. Le défi semble fou mais rien ne pourra faire flancher son cœur de maman.

Cette Anversoise est arrivée en voiture ce week-end à la frontière ukrainienne en Pologne. La police ne la laissera pas passer. Alors c’est à pied qu’elle va continuer sa route.

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Ses premières tentatives l’emmènent dans un immense centre de tri humain où 60.000 réfugiés arrivent chaque jour depuis l’Ukraine. Ces familles passent la nuit par terre dans un ancien centre commercial réquisitionné avant de partir en bus vers les quatre coins de l’Europe.

L’Anversoise essaye d’abord de trouver un chauffeur dans ce chaos de réfugiés et d’humanitaires. De monter à bord d’un convoi humanitaire dans lequel elle sera peut-être en sécurité pour une partie du trajet. Les négociations sont difficiles. Renate ne parle qu’anglais et néerlandais. À la frontière, c’est plutôt le polonais, le Russe et l’Ukrainien qui lie les gens.

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Renate finit par trouver un convoi qui accepte de l’embarquer mais seulement dans cinq jours. Pas le temps d’attendre, la maman s’inquiète pour son fils. "

La dernière fois que j’ai réussi à le joindre, il me disait que les soldats Russes étaient nombreux dans le village et qu’ils faisaient peur à la population. Il m’a demandé d’apporter de la farine parce qu’il n’a plus rien à manger. Je l’aime beaucoup mais il est allé dans le pire coin du monde actuellement. Il est dans le sud de l’Ukraine, près de la Crimée", explique-t-elle

Alors pourquoi ne pas tenter de monter dans un des rares trains qui roulent encore vers Lviv, première ville d’importance de l’autre côté de la frontière. Renate y découvre là aussi des halls de gare et des quais bondés de réfugiés.

Tout le monde fuit mais elle veut remonter le courant à contresens. À force de poser des questions au personnel de gare, elle finit par comprendre que personne ne sait quand le prochain train pourra partir.

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Mais soudain, le téléphone qui ne répondait plus depuis plusieurs jours laisse entendre la voix de Wessel, son fils. Le soulagement laisse place à un léger espoir. Wessel pourrait essayer de se rendre à Kiev, à pieds lui aussi.

La capitale ukrainienne sous les bombes comme point de retrouvailles entre cette mère et son fils. La perspective semble aussi dangereuse qu’impossible. Mais Renate ne changera pas d’avis.

Ce soir, elle dormira dans sa voiture et demain, solution qui lui semble la plus efficace, elle tentera de rentrer dans une des centaines de camionnettes qui passent la frontière chaque jour avec du matériel humanitaire.

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