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Remplacer son chauffage : voici les aides et les primes attribuées par le gouvernement wallon

Remplacer son chauffage : voici les aides et les primes attribuées par le gouvernement wallon
21 mai 2022 à 05:00 - mise à jour 21 mai 2022 à 07:286 min
Par Lavinia Rotili avec Belga

La semaine dernière, la Région wallonne a adopté un mécanisme d’aide simplifié pour l’obtention de primes pour l’isolation de toitures ou pour des petits travaux de salubrité ou de rénovation énergétique. Ce mercredi soir, le gouvernement a également décidé de simplifier le régime d’aides pour le remplacement d’un système de chauffage : concrètement, vous ne serez plus obligés de passer par un audit au préalable à partir du 1er juin. 

Jusqu’à présent, pour obtenir une prime, un audit préalable était obligatoire pour remplacer son système de chauffage et obtenir une prime. Suite à une décision des ministres de l’Energie Philippe Henry (Ecolo) et du Logement Christophe Collignon (PS), ce ne sera plus le cas.

"La mesure se veut toutefois temporaire, en vue de répondre à une situation de crise, dans un contexte de prix très élevés du gaz et de l’électricité", détaillent les pouvoirs publics dans un communiqué. Les demandes doivent être introduites entre le 1er juin 2022 et le 30 octobre 2023. A partir de la date de la facture finale, le demandeur a quatre mois pour introduire la demande de prime. La facture finale doit être datée au plus tard au 30 juin 2023.

En outre, des conditions particulières sont prévues pour les sinistrés des inondations : ils pourront introduire une demande de prime après avoir effectué les travaux.

Cinq types de chauffage concernés

Tous les dispositifs, cependant, ne sont pas concernés. Le montant de la prime reste le même (au maximum 70% de la facture), mais elle se limite à certains dispositifs :

  • Les pompes à chaleur pour l’eau chaude sanitaire (prime de 500 à 3000 euros selon les revenus du ménage) ;
  • Les pompes à chaleur pour le chauffage ou combinée (prime de 1000 à 6000 euros) ;
  • Les chaudières biomasse (prime de 1000 à 6000 euros) ;
  • Les chauffe-eau solaires (prime de 750 à 4500 euros)
  • Les poêles biomasse locaux (prime de 250 à 1500 euros).

Le but du gouvernement est de pousser le particulier vers des systèmes de chauffage plus durables. "Le levier sur lequel nous misons est double : il concerne à la fois la diminution de la consommation et l’isolation du logement", explique Sandra Guily, porte-parole du ministre.

L’enjeu concerne surtout les anciennes maisons, puisque les nouvelles constructions sont presque toutes dotées de pompes à chaleur, explique-t-on au cabinet du ministre de l’Energie Philippe Henry (Ecolo).

Le pellet reste cher : la plupart des gens qui l’installent le font par conviction écologique.

Pour les acteurs de terrain interrogés, la volonté d’inciter au durable via cette mesure est claire. Cependant, tous les chauffages ne sont pas équivalents.

"De manière générale, tout le monde utilise une pompe à chaleur, parce que, malgré ses contraintes, cela reste le système le plus simple d’installation. Il offre également un bon rapport qualité/prix, à condition d’avoir une maison bien isolée. Dans les nouvelles constructions, c’est presque la norme. Dans les anciennes, les choses se compliquent : il faut d’abord bien isoler le bâtiment, puis évaluer quel système convient. Une chaudière biomasse comme le pellet, par exemple, demande de la place dans la maison, un endroit pour stocker le pellet et, pour ces raisons, est moins utilisée", détaille Maxime Grella, ingénieur architecte chez Helium 3 architectures srl, une société qui réalise également des audits, agréée par la Région wallonne.

Le constat est similaire pour cette ingénieure architecte agréée de Court-Saint-Etienne, Sandrine Matthys : "Le pellet reste cher : la plupart des gens qui l’installent le font par conviction écologique, alors que les pompes à chaleur restent assez avantageuses, à condition d’avoir une bonne isolation et des panneaux photovoltaïques. Mais ce n’est pas applicable dans toutes les maisons, notamment dans les plus anciennes. Je conseille souvent à mes clients d’isoler le bâtiment avant de se pencher sur le système de chauffage."

Plus simple et moins cher

Si la décision de remplacer le système de chauffage reste liée à une réflexion plus générale sur l’isolation de son logement, la mesure adoptée par le gouvernement se veut complémentaire et vise d’une part à faciliter le processus, d’autre part à le rendre moins onéreux.

Pour le citoyen, c’est une bonne chose. L’audit constitue un frein, non seulement pour son prix.

"Jusqu’à maintenant, les sociétés agréées par la Région wallonne établissaient les travaux à mener par bouquet de travaux. Nous nous sommes rendus compte que, souvent, l’auditeur recommandait de commencer le toit, alors que le chauffage venait en deuxième ou troisième lieu", explique Sandra Guily, porte-parole de Philippe Henry (Ecolo).

En effet, le coût d'un audit peut fortement varier, en fonction du type d’habitation et des travaux à mener, mais la fourchette varie entre "500/600 euros pour les audits moins chers et 1000/1200 pour les audits les plus chers", évalue Maxime Grella, ingénieur architecte chez Helium 3 architectures srl. "Mon tarif est très variable, mais je dirais qu’il peut atteindre entre les 600 et 900 euros hors TVA", enchaîne Sandrine Matthys.

Pourtant, selon ces acteurs de terrain, c’est surtout la simplification de la procédure qui va bénéficier au particulier. Même s’il ne va pas leur profiter, ce changement est bien vu : "Je pense que pour le citoyen, c’est une bonne chose. Je pense que le frein n’est pas tellement le prix, mais la démarche de l’audit en tant que telle, ainsi que la peur de devoir faire de gros travaux, explique Maxime Grella. Qui plus est, notre cabinet ne vit pas seulement d’audits."

Le constat est similaire chez Sandrine Matthys : "Même si cela veut dire que j’aurai moins d’audits à faire, je pense que cette simplification est une très bonne chose. D’ailleurs, quand je suis sollicitée par des clients pour des audits relatifs aux systèmes de chauffage, je leur réponds souvent que ce n’est pas nécessaire. Si nous prenons en compte le prix de l’audit et les démarches administratives, cela ne vaut pas la peine. La démarche administrative peut vraiment bloquer certains clients." Pour ces acteurs de terrain, l’audit en vaut la peine plutôt en cas de gros travaux.

Ajoutez à cela que le gain pour le consommateur, en cas de remplacement du système de chauffage, peut être considérable : selon les estimations des experts, l’impact positif sur la facture est de l’ordre de 20% à 25%.

L’espoir, note la porte-parole du ministre, est que cet avantage économique incite les particuliers à engager d’autres travaux d’isolation et de rénovation. Pour le gouvernement, cela représente une enveloppe de 16 millions d’euros pour la période 2022-2023 et s’inscrit dans le cadre du plan de relance.

Des primes en fonction du revenu

A cette mesure s’en ajoutent encore deux. L’une vise à renforcer la prime pour un audit énergétique. C’est le genre de démarche à entreprendre en cas de gros travaux. "Le recours à un audit reste recommandé dans une approche de rénovation plus globale et profonde, et le soutien est non seulement confirmé mais renforcé", détaillent les pouvoirs publics.

Les primes pour la réalisation d’un audit en cas de rénovation globale d’un bâtiment sont, en effet, revues à la hausse.

La prime dépend de la catégorie de revenus, mais peut varier entre 150 et 900 euros, contre 110 à 660 euros aujourd’hui. La liste des grilles de revenus concernés peut être consultée à cette adresse (même si l’onglet renvoie vers la prime toiture et travaux, parce que les grilles appliquées seront les mêmes). Selon Sandrine Matthys, une augmentation des primes pour l’audit constitue un vrai levier capable d’encourager le citoyen à rénover son logement.

La demande de prime doit être introduite entre le 1er juin 2022 et le 30 octobre 2023. A partir de la facture finale, les demandeurs ont quatre mois pour introduire la demande de prime.

Les sinistrés des inondations peuvent rentrer une demande a posteriori

In fine, le gouvernement a introduit une troisième mesure relative au système de chauffage, dans les communes touchées par les inondations. Les sinistrés pourront désormais introduire une demande de prime postérieure à leurs travaux et ce, pour toute facture datée entre le 14 juillet 2021 et le 31 décembre 2022. La demande, elle, peut être introduite jusqu’au 15 juin 2023.

Des conditions sont à respecter, et les travaux visés concernent les pompes à chaleur pour l’eau chaude sanitaire, les pompes à chaleur pour le chauffage ou combinées, les chaudières biomasse, les chauffe-eau solaires et les poêles biomasse. 

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