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Remaniement entre amis

Philippe Walkowiak
22 sept. 2015 à 09:44 - mise à jour 22 sept. 2015 à 09:442 min
Par Philippe Walkowiak

Il fut une époque où on numérotait les gouvernements à chaque remaniement. Pas de Michel 2, cette fois même si , pas encore un an après son installation, un ministre quitte l’équipage fédéral.

Casting

Même si la RTBF avait été la seule à pronostiquer l’arrivée d’Hervé Jamar au sein de l’exécutif fédéral en octobre 2014, son arrivée n’en constituait pas moins une surprise.

Là où on attendait généralement Jean-Luc Crucke, on a vu arriver Hervé Jamar.

Ce dernier était un des rares au MR à disposer d’une expérience ministérielle (secrétaire d’Etat aux Finances très effacé dans l’ombre de l’omniprésent ministre des Finances Didier Reynders, 2003-2007). Il s’était épanoui ensuite épanoui dans l’opposition au Parlement Wallon. Affable, convivial, consensuel, il a été propulsé au fédéral un peu à son corps défendant et qui plus est avec un portefeuille très sensible. Il est vrai qu’après avoir obtenu le poste de Premier et les Affaires Etrangères, le MR s’était retrouvé avec tous les dossiers problématiques dont la N-VA ne voulait pas (pensions, survol de Bruxelles, SNCB, nucléaire, etc…) même si le Budget est un poste qui permet un regard sur tous les autres.

Mais l’arrivée de Jamar était aussi un compromis interne aux réformateurs entre " michelien " et " reyndersiens ". Hervé Jamar avait choisi le camp Michel dans le putsch contre Didier Reynders. Avec Marghem et Galant, les libéraux hennuyers étaient déjà assez bien servis pour justifier l’éviction du " reyndersien " Crucke. Va pour le bourgmestre hannutois, grand faiseur de voix dans sa circonscription. La guerre des clans n’est pas tout à fait oubliée au MR.

Son entrée en matière fut catastrophique. Auditionné en commission, il fut très secoué par les questions des députés auxquels il peinait à répondre. C’est souvent le président de la commission (CD&V) qui a dû venir à sa rescousse. Indécrottable unilingue, il paraissait alors souvent hors du coup, traînant sa peine et son spleen entre la Chambre et son cabinet.

Choix

Ces derniers mois, il semblait pourtant avoir repris des couleurs là où son homologue des Finances, le N-VA Van Overtveldt, perdait beaucoup de crédibilité dans les mécomptes sur les efforts budgétaires à effectuer par les différents niveaux de pouvoir. Hervé Jamar retissait quant à lui des liens avec le gouvernement wallon et surtout son ministre du Budget, Christophe Lacroix, son voisin de Wanze.

Les ministres MR ont été très secoués dans les premiers mois du nouveau gouvernement ; plusieurs ont été présentés comme des " maillons faibles ". Charles Michel ne pouvait se déjuger.

Cette fois, il y avait une double opportunité : permettre une sortie honorable à Hervé Jamar en lui offrant la sinécure de gouverneur de Province et mettre le pied à l’étrier à un espoir du parti, Sophie Wilmès. Cette dernière offre aussi un nouveau visage au MR bruxellois, en panne de leader derrière Didier Reynders.

Seuls déçus ? Les "reyndersiens" de la fédération liégeoise du MR qui avaient fait du député-bourgmestre d’Aywaille et président de la susdite fédération, Philippe Dodrimont, le candidat déclaré au poste de gouverneur. Mais pour l’instant, au Mouvement Réformateur, personne ne râle. Publiquement.

 

@PhWalkowiak

 

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