Cyclisme

Relégation, transferts coûteux, émergence des jeunes, le bilan mitigé de John Lelangue chez Lotto-Soudal

John Lelangue défend son bilan chez Lotto-Soudal

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03 oct. 2022 à 13:20 - mise à jour 03 oct. 2022 à 14:08Temps de lecture3 min
Par Martin Weynants

John Lelangue va quitter la direction de Lotto-Soudal après quatre années. Son passage à la tête de la formation belge se clôture par une relégation du World Tour. Des critiques s’abattent sur le futur ex-manager général. Lui défend son bilan. La vérité se situe entre des chiffres lapidaires et les arguments de la défense. Comme souvent dans ce genre de situations, tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Plongée en zone grise.

Accusé de quitter un navire qu’il a contribué à faire couler, Lelangue a forcément un autre point de vue. Il estime qu’il peut "partir l’esprit serein". Il affirme avoir rempli les deux missions qui lui ont été confiées : restructurer l’équipe et miser sur la jeunesse. Restent les résultats sportifs. Et sur les dernières saisons, ils n’ont globalement pas été suffisants.

La relégation, le gros point noir

La plus grosse tache sur le bilan de John Lelangue est évidemment la relégation du World Tour. Pour une équipe historique du peloton, cela fait mal. Les résultats ne sont pas définitifs, mais Lotto-Soudal va basculer à l’étage inférieur. Il manquera autour de 800 points à la formation belge pour se classer parmi les 18 premiers et se sauver.

"On savait que sportivement la bataille serait dure. On a eu quelques pépins et de la malchance. Caleb Ewan est tombé malade. Philippe Gilbert a chuté au Tour de France lors de sa première année de contrat. Mais on s’est battu jusqu’au bout. On termine sur une dernière saison intéressante avec beaucoup de jeunes qui remportent des victoires comme Arnaud De Lie. On a gagné 25 fois, ce qui n’était plus arrivé depuis 2016. Plus de 6000 points, une 12e place au classement annuel. On est à notre place. Je pense que l’avenir est assez radieux par rapport à cela."

Le système de l’UCI "protège" encore le calendrier de Lotto pour la saison à venir, il devrait être identique en 2023.

Des transferts coûteux et peu performants

Le mandat de Lelangue a aussi été marqué par quelques transferts onéreux. Lotto a attiré Philippe Gilbert et John Degenkolb avec des contrats très intéressants. Si on en reste aux chiffres bruts : ils ont rapporté trois victoires. Le retour sur investissement n’est pas dingue. "Ce sont des transferts que je ne regrette pas", assure Lelangue qui avance des circonstances atténuantes. "C’est aussi la faute à pas de chance, il y a eu cette deuxième chute sur le genou de Philippe lors de sa première année. Il a prouvé cette année qu’il était toujours là. Et puis Phil a aussi eu un rôle de capitaine de route par rapport aux jeunes, notamment Arnaud De Lie".

Andreas Kron (2 succès), Matthew Holmes (1), Victor Campenaerts (1) sont les seules autres recrues de la période Lelangue à avoir gagné.

Peu de victoires marquantes

Sur les saisons 2019 à 2022, les Lotto boys ont levé les bras à 72 reprises. Dans cette liste, on retrouve 13 étapes sur les Grands Tours dont 9 pour le seul Caleb Ewan. Des succès de prestige qui constituent donc 18% des victoires de l’équipe. Dans les courses d’un jour, Lotto-Soudal a aussi "scoré" mais rarement dans les grands rendez-vous du calendrier. Le Grand Prix de l’Escaut, glané par Ewan, 2020 est sans doute le plus beau bouquet hors courses par étapes. Cette année, la plus fructueuse du quadriennat de Lelangue, les coureurs de la Loterie nationale n’ont accroché que victoires deux en World Tour.

La chance offerte aux jeunes et l’éclosion de De Lie

Une des grandes fiertés de John Lelangue, c’est la place faite aux jeunes. Florian Vermeersch, Sébastien Grignard, Viktor Verschaeve, Xandres Vervloesem, Harry Sweeny, Maxim Van Gils et Arnaud De Lie sont sortis du vivier de l’équipe U23. Lennert Van Eetvelt, Liam Slock et Alec Segaert vont suivre. Et on peut ajouter Sylvain Moniquet, recruté au sein de la Conti de Groupama. L’énumération est en effet assez impressionnante. Même s’il y a aussi eu des loupés, comme Ilan Van Wilder qui est passé pro chez Sunweb avant de rejoindre le Wolfpack.

"On a engagé beaucoup de jeunes, on voit qu’ils arrivent à maturité et que d’autres arriveront à maturité dans 2-3 ans. Un Alec Segaert par exemple. On voit que cela porte ses fruits. On sait que quand on investit sur les jeunes, cela prend du temps. Certains sont déjà là, d’autres sont en équipe de développement, Certains viendront du partenariat qu’on a signé avec l’équipe de Chevigny", détaille Lelangue.

Et maintenant ?

Lâché par Soudal, Lelangue a dû dénicher un nouveau partenaire. Il a attiré Dstny pour deux ans et a assuré l’avenir financier jusqu’en 2024. "Je ne pense pas que le navire est en train de couler. On n’a pas encore la licence World Tour mais cela peut changer. C’est un navire qu’on a remodelé, qu’on a repeint et auquel on a donné une nouvelle dynamique. Je trouve que la structure (cellule sportive, organisation, marketing, sponsoring) est stable. Et je peux partir l’esprit serein. Je resterai le plus grand supporter de l’équipe Lotto", conclut Lelangue qui va intégrer l’organisation du Tour de Pologne.

La mission principale du successeur de Lelangue – le nom d’Axel Merckx est cité – sera certainement de retrouver le World Tour le plus vite possible.

 

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