Réinventer la démocratie parlementaire

Philippe Walkowiak

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26 févr. 2019 à 11:05 - mise à jour 26 févr. 2019 à 11:05Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Le système démocratique représentatif craque de partout. Gilets jaunes de l’autre côté de Quiévrain, jeunes pour le climat de ce côté, population désenchantée à travers toute l’Europe. La démocratie se cherche et doit sans doute réinventer un modèle.

Winston

Democracy is the worst form of government - except for all those other forms, that have been tried from time to time[1] discourait Winston Churchill en 1947.

Le système démocratique demeure certes imparfait mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’ici pour assurer le fonctionnement de la Cité. La défiance vis-à-vis des institutions aura sans doute rarement été aussi forte depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le fossé entre le citoyen et son élu/représentant se creuse toujours plus. En Belgique, l’obligation de vote sauve les apparences empêchant une désaffection bien plus grande. Entre élu et électeur, la confiance semble rompue.

Les multiples affaires politico-financières ont accru ce sentiment. La suite de l’aphorisme célèbre de Winston Churchill est moins connue : Ce n'est pas le Parlement qui doit régner ; c'est le peuple qui doit régner à travers le Parlement. (…) mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l'opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres.

Et c’est précisément, là que notre système démocratique pêche : le citoyen ne se sent plus représenté par l’institution qu’il pourtant lui-même élue. Le député (au sens de représentant) a perdu sa légitimité et ne " représente " plus mais semble s’opposer.

Initiatives

L’équation est complexe : comment impliquer le citoyen sans dénaturer le résultat de l’élection, exercice suprême de la démocratie ? La démocratie directe a ses limites et il convient dès lors de défricher d’autres voies. La longue crise politique record de 2010-11 avait déjà amené des réflexions autour de la démocratie délibérative et la création du G 1000. C’est d’ailleurs ce G 1000 qui a contribué à organiser une représentation citoyenne aux côtés du Parlement de la Communauté Germanophone. L’exercice restera limité puisque les pouvoirs de la Communauté sont limités et qu’elle concerne moins de 80.000 habitants. Des citoyens tirés au sort pourront intervenir dans le processus démocratique. L’initiative sera très suivie par les analystes. Le Parlement Wallon a lui aussi développé une implication citoyenne. La Flandre reste beaucoup plus réservée sur ces questions (comme pour le cumul des mandats) ce qui explique que cela ne bouge pas au niveau fédéral.

Après le 26 mai prochain, aucune élection n’est programmée avant cinq ans. Une occasion unique de garder un lien avec le citoyen-électeur ou de le perdre définitivement.

 

@PhWalkowiak

 

 

[1] La démocratie est le pire des systèmes de gouvernement - à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé.

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