Réfugiés ukrainiens, attention aux arnaques à l’emploi

28 mars 2022 à 18:19Temps de lecture3 min
Par Eric Boever

A côté de l’immense élan de solidarité qui accompagne les réfugiés ukrainiens qui arrivent chez nous, certains individus sans scrupule tentent de profiter de leur détresse et de leur besoin urgent de trouver du travail. On voit ainsi apparaître des tentatives d’arnaques à l’emploi. C’est la mésaventure qui est arrivée à une jeune Ukrainienne accueillie par une famille nivelloise. Alors qu’elle voulait répondre à une annonce, elle a reçu un courrier lui demandant de l’argent pour obtenir l’adresse de l’employeur. Or c’est tout à fait illégal. Heureusement, sa famille d’accueil a très vite compris qu’il s’agissait d’une fraude.

300 euros pour travailler dans une fromagerie : du bidon

Depuis une semaine, Irina et sa fille Veronika sont accueillies par une famille nivelloise qui les héberge et qui les accompagne aussi dans leurs démarches pour s’intégrer dans leur nouvel environnement. Professeur de mathématiques à Kharkhiv, Veronika n’a qu’une envie, c’est de travailler. Elle consulte donc des sites de petites annonces et récemment, elle en reçoit une rédigée en ukrainien qui propose un emploi dans une fromagerie de Nivelles. Ce n’est pas vraiment le domaine de compétence de Veronika mais peu importe, elle ne demande qu’à apprendre et surtout, elle cherche un emploi à tout prix.

Mais avant d’aller se présenter à la fromagerie, il faut en connaître l’adresse. Et c’est là que les choses se corsent. Veronika reçoit sur son smartphone une demande surprenante : " J’ai répondu à l’annonce et j’ai obtenu des informations sur ce travail. On m’a dit que je pourrais signer un contrat mais que je devais payer d’abord 300 euros avant de pouvoir commencer à travailler. "

Veronika ne connaît pas bien le marché de l’emploi ni les procédures de recrutement en Belgique, elle s’étonne mais avant de payer, elle a la bonne idée d’en parler avec sa famille d’accueil. Dominique a rapidement la puce à l’oreille " Ce qui a attiré notre attention, c’est cette demande de payer 300 euros, nous avons expliqué à Veronika que c’était impossible et même certainement illégal en Belgique, nous lui avons donc conseillé de laisser tomber. "

Une réaction et une mise en garde tout à fait justifiées, d’autant qu’après vérification, aucune fromagerie de Nivelles ne recrute pour l’instant. La petite annonce était donc très certainement bidon. Même en payant 300 euros, Veronika n’aurait pas décroché de boulot.

Il ne faut pas payer pour trouver un emploi, c’est illégal 

La mésaventure de Veronika soulève néanmoins une question : est-il permis de demander de l’argent pour fournir une offre d’emploi ? La réponse est très claire, c’est non, ce type de démarche est tout à fait illégal en Belgique. Confirmation par le porte-parole de Federgon, la fédération des prestataires de services qui représente notamment les entreprises d’intérim : "La Belgique a ratifié une convention de l’Organisation internationale du travail qui interdit de demander une participation financière sous quelque forme que ce soit à un candidat à l’emploi. "

Veronika a donc bien fait de ne pas payer et d’alerter sa famille d’accueil, même si l’urgence de trouver un job a bien failli l’aveugler et lui coûter 300 euros. " Je dois trouver du travail ! Je ne peux pas rester sans rien faire. Je veux me battre pour construire une nouvelle vie à mon fils et à ma mère. Je dois protéger ma famille ! "

Que Veronika et les autres Ukrainiens et surtout Ukrainiennes qui débarquent chez nous se rassurent tout de même, ce genre de tentatives d’arnaque est rare, de même que les essais des trafiquants d’êtres humains pour les attirer dans des réseaux de travail clandestin, voire de prostitution, mais il convient de rester prudents. Que les réfugiés sachent en tout cas que le régime de protection temporaire qui leur a été accordé leur offre un accès complet au marché du travail, au même titre que les Belges, et que les vraies petites annonces ne manquent pas.

 

 

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