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Réfugiés, Schengen, Grèce, brexit... Les enjeux européens pour 2016

Donald Tusk, président du Conseil européen, lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement européen en décembre dernier à Bruxelles
05 janv. 2016 à 13:04 - mise à jour 05 janv. 2016 à 13:04Temps de lecture3 min
Par RTBF

L'année 2015 aura été rude pour l'Union européenne, secouée par différents dossiers sensibles. Et l'année 2016 promet d'être aussi mouvementée.

La problématique des réfugiés sera encore sur la table des 28 cette année, après avoir déjà occupé une place très importante l'année passée. Les mesures décidées en 2015 par tous les Etats membres pour accueillir un million de réfugiés ne sont toujours pas appliquées et l'afflux de réfugiés sur le territoire européen ne devrait pas diminuer cette année.

Sans compter que l'idée d'un mécanisme permanent de solidarité entre les Etats du sud de l'UE - où arrivent par milliers les candidats réfugiés - et les Etats du centre et du nord de l'Europe semble avoir du plomb dans l'aile. On le constate régulièrement avec la fermeture des frontières de certains Etats membres et le rétablissement des contrôles aux frontières pour d'autres.

Quel avenir pour l'espace Schengen?

Des réfugiés bloqués à la frontière entre la Slovénie et L'autriche
Des réfugiés bloqués à la frontière entre la Slovénie et L'autriche RENE GOMOLJ - AFP

La fermeture de ces frontières pose une autre question à laquelle l'Europe va devoir apporter des réponses : l'espace Schengen de libre-circulation des personnes est-il en danger ? En tout cas, il est remis en question. En 2016, on risque de se retrouver encore face à cette contradiction qui veut que les Etats membres défendent Schengen - parce que c'est aussi la libre-circulation des marchandises et économiquement, ça compte -, tout en fermant leurs frontières aux migrants.

L'Allemagne a d'ailleurs déjà plusieurs fois renvoyé les pays de l'est face à leur dilemme : vous ne voulez pas des réfugiés, mais vous profitez de Schengen ? Nous, nous ne pouvons pas accueillir tous les réfugiés donc, c'est simple, nous allons fermer nos frontières et cet espace de libre-circulation qui vous est si cher risque de disparaître. On verra en 2016 comment les pays de l'est vont réagir à cet avertissement mais on peut penser que le nouveau pouvoir ultra conservateur en Pologne va donner du fil à retordre aux Européens, tout comme les conservateurs en Hongrie ou les socialistes en Slovaquie.

L'Allemagne qui donne le "la", ça ne plaît pas

Réfugiés, Schengen, Grèce, brexit,... les enjeux européens pour 2016
Réfugiés, Schengen, Grèce, brexit,... les enjeux européens pour 2016 © Tous droits réservés

Mais l'Allemagne a aussi ses détracteurs, certains Etats membres lui reprochent régulièrement de jouer cavalier seul et d'imposer ses vues au reste de l'Union européenne. C'est pas faux. Mais tant dans le dossier grec que dans celui des réfugiés, l’Allemagne n'a jamais fait que prendre la place que les autres lui laissaient. Il faut dire qu'en 2015, le nouveau président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, a plutôt brillé par son absence dans ces deux grands dossiers. Dans le dossier grec, il n'est intervenu que très tard et en montrant du doigt la Grèce. Dans le dossier des réfugiés, il a aussi tardé à organiser un sommet pour précisément tenter d'encadrer les initiatives nationales. Depuis quelques semaines, on sent Donald Tusk plus impliqué dans le dossier des réfugiés mais dans un registre très répressif. A chaque sommet, il prévoit le pire, alors que de son côté, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, joue plutôt sur le registre de la solidarité en réclamant toujours plus d'implication des Européens dans l'accueil de ces réfugiés.

Parmi les enjeux majeurs européens en 2016, on peut aussi épingler la Grande-Bretagne avec le référendum sur le maintien ou non du pays dans l'Union, le fameux brexit.

Bref, pas sûr qu'il y ait des raisons d'être optimiste pour cette année qui commence. Pas dans le dossier grec en tout cas, ni dans celui des réfugiés, ni dans l'idée d'une Europe plus sociale, plus politique, plus intégrée. Mais peut-être y-a-t'il matière à se réjouir des négociations qui avancent à Chypre et qui pourraient - le conditionnel est de mise - permettre un accord sur la réunification de l'île, divisée depuis 1974. Mais si réunification il doit y avoir, l'influence de l'Union européenne aura été minime, on la devra surtout aux dirigeants des deux parties de cette île.

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