Réfugiés: la Grèce, sous pression, se défend auprès de ses partenaires européens

Un homme et un enfant traversent la frontière grecque vers la Macédoine
26 janv. 2016 à 10:22 - mise à jour 26 janv. 2016 à 10:32Temps de lecture2 min
Par RTBF.be

Ce lundi, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se sont réunis à Amsterdam pour parler notamment migration. Lors de cette réunion, la Grèce a été mise sous pression par ses partenaires. Le gouvernement grec est accusé de ne pas tout faire pour surveiller sa frontière maritime avec la Turquie. Il y aurait aussi des lacunes dans l'enregistrement des réfugiés qui entrent sur le sol européen. L'Autriche a une nouvelle fois menacé Athènes d'être exclu de l'espace Schengen, provoquant la colère des autorités grecques.

Si la Grèce n'agit pas, a lancé Johanna Mikl-Leitner, la ministre autrichienne de l'Intérieur, la frontière extérieure de Schengen va se déplacer vers l’Europe centrale. En clair, si la Grèce ne prend pas des mesures pour contrôler davantage sa frontière, pour enregistrer plus rapidement les réfugiés et pour renvoyer chez eux ceux dont l'Union européenne ne veut pas, la Grèce sera exclue de Schengen, elle devra se débrouiller seule avec les migrants.

Les promesses européennes non tenues

De quoi provoquer la colère des Grecs qui rappellent d'abord leur situation géographique avec des milliers de kilomètres à surveiller. Ensuite, la Grèce rappelle avoir accepté le principe de gardes frontières européens, mais elle les attend toujours. Enfin, les centres d'enregistrement sont débordés et puis, comment imposer le retour de migrants vers le Pakistan et le Maroc qui n'en veulent pas ?

La Grèce rappelle aussi que les pays de l'Union avaient promis d'accueillir 160 mille réfugiés arrivés en Grèce et en Italie, à peine 300 ont effectivement rejoint leur nouveau pays d'accueil.

D'autres ministres se sont montrés préoccupés voire agacés par ces arrivées qui n'en finissent pas, mais plusieurs comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne ont rappelé qu'exclure la Grèce n'empêcherait pas les réfugiés de vouloir rejoindre les pays du Nord.

Parallèlement à cette pression sur la Grèce, les Européens tentent de convaincre la Turquie d'empêcher les réfugiés de quitter les côtes turques. Les Européens ont promis trois milliards à Ankara pour soutenir ses efforts. Federica Mogherini, la haute représentante pour la politique étrangère de l'Union, a promis que l'argent arrivera dans un délai raisonnable, alors que plusieurs pays dénoncent les maigres résultats de la Turquie.

Retrouvez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne.